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Église paroissiale Saint-Pierre et Saint-Paul (Nostang)

Dossier IA56007533 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Une protection M.H. est envisageable dans la mesure où il existe peu d'églises homogènes de la fin du 17e siècle (moins d´une dizaine dans le Morbihan). L'intérêt de l'église saint-Pierre-saint-Paul réside dans son homogénéité tant à l´extérieur, avec la qualité de sa mise en oeuvre de granite, qu' à l´intérieur avec son mobilier de qualité, dont le retable curviligne, est l'une des oeuvres majeure du sculpteur Guillaume Gravay.

Par ailleurs, le style sobre de l'édifice au décor limité à la porte sud est à relier avec la proximité de Port-Louis. Les maîtres maçons (non identifiés) à l'origine de la construction étaient d'Hennebont, mais l'église est une manifestation précoce du "style des ingénieurs" dans l'architecture religieuse.

Le mobilier est d'une grande qualité, comme en témoigne le retable de calcaire (fig. 18 et 19), oeuvre majeure de l'artiste alréen Guillaume Gravay. Au soubassement du retable, deux portes encadrant l'autel, mènent à la sacristie (fig. 20). Au dessus, trois compartiments délimités les uns des autres par quatre colonnes corinthiennes. Les panneaux extérieurs incurvés sont ornés de guirlandes de fleurs qui encadrent les statues de saint Pierre (nord) et de saint Paul (sud) (fig. 21 et 22). Au centre, une toile de Mésanstourm représente saint Pierre marchant sur les eaux à la rencontre de Jésus. L'ensemble est surmonté d'un entablement à denticule (fig. 23 et 24). Le panneau central est couronné d'un fronton curviligne soutenu par deux colonnes (fig. 25). Il est décoré d'angelot sur le tympan et supporte un ensemble sculpté : deux anges à demi étendus devant la Trinité : le Père, le Fils et le Saint Esprit, personnifié par une colombe (fig. 26 à 30).

Les bras du transept accueillent deux retables. Le plus ancien et certainement contemporain du retable axial, se situe au nord (fig. 31). Il se compose d'un tableau central encadré de colonnes jumelées qui soutiennent un petit fronton triangulaire. La partie supérieure est constituée d'une niche flanquée de colonnes et de feuillages, accueillant la statue de la Trinité (fig. 32), le tout coiffé d'un fronton triangulaire interrompu. Cet autel est dédié à la Vierge du Rosaire et le panneau central semble représenter la donation du rosaire à saint Dominique (fig. 33 et 34). Le retable sud (fig. 35 et 36) connaît la même organisation bien que celui-ci soit contemporain des trois autels. Il est dédié à la Croix, saint Jean-Baptiste (fig. 37) et au Sacré Cœur, comme en témoigne la statuaire. Le tableau illustre l'agonie de Jésus et sur l'autel du retable, est posé un buste-reliquaire de saint Pierre.

On notera la présence d'une statuaire particulièrement intéressante : deux Trinités, l'une représentée avec le Père assis, l'autre avec la représentation du saint Esprit sous la forme d'une colombe et une statue de la sainte Vierge et de sainte Marguerite datant du 18e siècle (fig. 38 et 39), dont la facture est semblable à celle des proues de bateaux. Cette influence peut s'expliquer par la proximité à cette époque, d'un chantier naval entre Port-Louis et Lorient, pour le développement de la Compagnie des Indes.

D'autres éléments suscitent un intérêt : les stalles de chœur du 17e siècle, la présence d'un confessionnal daté de1814, ce qui est peu commun, ainsi que le décor peint du 19e siècle de la voute bien que cette pratique soit répandue.

VocablesSaint-Pierre, Saint-Paul
Parties constituantes non étudiéestombeau
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonRia d'Etel - Port-Louis
AdresseCommune : Nostang
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1837 B, 473

L'église Saint-Pierre et Saint-Paul est sans doute construite sur l'emplacement même du précédent lieu de culte. Des réparations sont entreprises par le recteur et les fabriques pour réparer l'église primitive dès la fin du 16e siècle, sur ordre de l'évêque. Mais en 1680, l'édifice est en ruine et durant la reconstruction, le culte est transféré dans la chapelle de Locmaria qui devient momentanément l'église paroissiale. Les travaux débutent en 1681 selon un marché conclu le 16 avril avec des maçons d'Hennebont ; ils ne s'achèveront qu'en 1685. L'édifice est érigé sur un promontoire rocheux, à l'ouest de la commune, le long de la route qui menait du Vieux-Boug à Port-Louis. Entre 1713 et 1718, le maître-sculpteur originaire d'Auray, Guillaume Gravay réalise le retable du maître-autel doté en son centre d'une toile de 1717 signée Mésanstourm. Dès sa construction et jusqu'à la Révolution, les cœurs des seigneurs de Saint-Georges, notamment les Cosnoal sont inhumés dans l'église Saint-Pierre-Saint-Paul. Les textes affirment que "le cinquième jour novembre 1686, à été inhumé en l'église de céans le cœur de feu Messire Hyacinthe de Cosnoal, décédé à Lieuzel" (château en Pleucadeuc). En 1741, le cœur de Pierre-Hyacinthe de Cosnoal est inhumé le 29 janvier, dans l'église paroissiale. En 1827, l'édifice s'agrandit d'une chapelle polygonale, au nord, réservée au fonts baptismaux. Le recteur de l'époque, propose au conseil de fabrique, une série de travaux : le plancher et les boiseries du chœur sont refaits et le retable est repeint par un artisan de Pluvigner. En 1857, le maître-autel est retiré et remplacé par un autre réalisé par le menuisier Pinsard, originaire de Pluméliau qui, deux ans plus tard, réalisera un autre autel pour la chapelle de la Vierge. D'après les textes, l'église paroissiale ne possédait pas de clocher. Le conseil de fabrique vote pour la construction d'une tour qui est érigée entre 1869 et 1872 mais dont le clocher s'écroule en février 1898. Dès le 15 août, le clocher est rétabli. Malheureusement, lors de la seconde Guerre mondiale, devant l´avancée des troupes américaines, les Allemands se regroupent en août 1944, dans la poche de Lorient dont la rivière d´Etel constitue la frontière est. Nostang devient alors une des cibles des tirs allemands et le 17 janvier 1945, la flèche de l'église paroissiale est abattue par un obus (un morceau de l'obus est exposé à l'entrée de l'enclos de l'église). La flèche et la chambre sont reconstruites en béton armé par les architectes Conan et Delayre, de Lorient en 1951, selon un modèle proche de celui du clocher de Kervignac qu'ils ont aussi réalisé. Dans les années soixante dix, le cimetière est transféré non loin de la mairie-école de la commune. Lors du tremblement de terre survenue en 2005, la tête de l'une des statues constituant le groupe de la Trinité est détruite. Outre le retable, le mobilier de l'église est ancien et parfois daté : les stalles du chœur sont en partie du 17e siècle. Un des confessionnaux porte la date de 1814, tandis que l'autre est un peu plus tardif, mais doit certainement dater des années 1820-1830. A noter aussi, la présence de deux pierres tombales : la première, incluse dans le dallage devant la porte du transept sud, est datée de 1732. La seconde, située sous le porche, porte la date de 1802.

Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates1681, daté par source
Auteur(s)Auteur : Gravay Guillaume sculpteur
Auteur : Pinsard menuisier
Auteur : Conan H. architecte
Auteur : Delayre R. architecte

Orientée, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est un édifice à trois vaisseaux, construit en pierre de taille de granite sur un plan en croix latine. A l'ouest, le porche carré de la tour s'ouvre en quatre arcades en plein cintre dont l'une communique avec la nef. Au deuxième étage de la tour, la chambre des cloches largement ouverte, est percée sur ses quatre faces de grandes baies rectangulaires cloisonnées de meneaux qui confèrent à l'ensemble un élan vertical qui se prolonge jusqu'à la corniche très saillante. Sur celle-ci repose la flèche pyramidale, très effilée et finement ajourée sur chacun de ses pans par un treillis en béton armé. Les attributs des saints auxquels la chapelle est dédiée, sont représentés sur la flèche (clé pour saint Pierre et épée pour saint Paul). La mise en oeuvre de l'édifice avec son appareillage régulier en granit doré est d'une grande qualité, à l'exception de la chapelle des fonts qui est enduite. La nef, à l'ouest, est épaulée de deux contreforts d'angles à lanternons et est flanquée au nord, d'une chapelle rectangulaire. La façade méridionale est percée d'une porte pourvue d'une clé saillante encadrée de deux baies, toutes trois en plein cintre. Les bras du transept et la sacristie d'axe sont à trois pans. Le bras sud possède une porte et une baie semblables à celles de la nef. Le bras nord est similaire mais dépourvu d'accès. Dans l'abside, la sacristie, à laquelle on accède depuis l'extérieur, par une volée de marches et une porte au sud, possède un étage carré. Un escalier de bois dessert l'étage. Sur le refend (ouest), à la limite avec le plafond couvert en lambris, une ouverture avec volet communique avec la partie supérieure arrière du retable. L'intérieur de l'édifice est dallé. S'ouvrant sur les bras du transept par des arcades en plein cintre, la nef est couverte d'une voûte de lambris. A l'origine l'ensemble était entièrement peint, probablement d'une double série de panneaux séparés par des cordons végétaux. Une balustrade peinte en trompe l'oeil courait le long des bords latéraux de la voûte. Seules deux scènes : l'Annonciation et le Visitation, séparées par trois cercles, l'un avec la représentation de la lune, l'autre avec celle du soleil et le dernier avec les clefs de saint Pierre, nous sont parvenues. On notera la présence de deux pierres tombales. La première, de forme trapézoïdale, est incluse dans le dallage, devant la porte du transept sud. Il s'agit de la tombe d'un prêtre de la paroisse. La pierre est gravée d'une croix entourée d'une inscription indiquant "Mire Le Naizet, décédé en 1732". A l'origine cette pierre, de part sa forme et sa date d'exécution, devait certainement se trouver dans le chœur de l'église, ou il était coutumier d'inhumer les prêtres et les membres du clergé. La seconde, située sous le porche, est ornée, sur le registre supérieur, d'un ostensoir encadré de deux calices, au centre, sous une croix en demi-relief, est gravée une inscription en partie illisible mais ou l'on devine "priez pour eux" et la date de 1802. Bien que destiné à un ou deux prêtres, comme en témoignent la présence des calices, cette pierre, par son décor en relief et sa date, n'était certainement pas prévue pour être en intérieur. Cette pierre tombale est donc l'unique vestige du cimetière qui entourait jadis l'église, avant son déplacement.

Mursgranite
enduit
pierre de taille
béton armé
Toitardoise
Plansplan en croix latine
Étages1 vaisseau, 1 étage carré
Couvrementslambris de couvrement
Couverturesflèche en maçonnerie
toit à longs pans
croupe polygonale
noue
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en équerre en charpente
Typologieseglise du style des ingénieurs, à sacristie d'axe à étage
États conservationsbon état

Une protection M.H. est envisageable dans la mesure où il existe peu d'églises homogènes du 17e siècle (moins d´une dizaine dans le Morbihan).

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • 20105607759NUCA : Archives communales de Nostang, Plan cadastral 1837.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Nostang. Plans cadastraux, 1837. Plan d'assemblage. Plans par feuilles..

  • A. D. Morbihan. 1J 448. Extraits des registres paroissiaux et notes diverses sur Nostang, 1622-1793.

    Archives départementales du Morbihan : 1J 448
Documents figurés
  • A. D. Ille-et-Vilaine. 9 Fi 1595. Nostang. L'église. Plaque de verre photographique.

Bibliographie
  • BAUDRY, G. Les seigneurs de Saint-Georges, XIVe siècle - XVIIIe siècles, un exemple de transmission et d'extension des propriétes, droits et privilèges seigneuriaux , Lorient, 1996.

    p. 22
  • DANIGO, Joseph. Eglises et chapelles du doyenné de Port-Louis. S.l., 1984.

    p.77-82
  • LE MENÉ, Joseph-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, Galles, 1891-1894.

    p. 48
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.

    p. 240
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan Paris, 1863.

    p. 60
  • Fichier Bourde de la Rogerie. Artistes, artisans, ingénieurs en Bretagne . Association Pour l'Inventaire de Bretagne, Bruz, 1998.

    notice 03590
  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 911