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Église paroissiale Saint-Cyr et Sainte-Julitte, place de l'Église (Ambon)

Dossier IA56005811 réalisé en 2006

Fiche

Les fouilles menées dans les années 90 ont permis de mettre en évidence une occupation du site antérieure à la construction de l'édifice. Il semble qu'il ait existé une construction dès le 3e ou 4e siècle. Ces fouilles ont aussi permis de retrouver le plan d'origine de l'église romane. Il s'agissait d'une église à nef de cinq travées bordée de collatéraux, avec transept peu saillant et choeur à abside et absidioles. Ce plan à nef basilicale était courant à cette période, on peut encore l'observer dans des édifices comme ceux de Langast ou Erquy par exemple.

Vocables Saint-Cyr, Sainte-Julitte
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Bretagne - Muzillac
Adresse Commune : Ambon

Des fouilles archéologiques ont été menées sur le site entre 1988 et 1990, elles ont permis de définir le plan de l´église du 12e siècle mais ont aussi fourni des informations sur les édifices antérieurs à cette construction. P. André et A. Triste ont mis en évidence l´existence d´une structure datant du 3e ou 4e siècle. A la jonction du bras sud du transept et du bas-côté sud de la nef a été mis au jour un mur appartenant à un édifice romain qui devait s´étendre sous la nef de l´église actuelle. Il est possible d´après l´emploi de "blocs de mortiers de tuilot" d´envisager la présence d´un habitat romain associé à des bains privés. Entre le Bas-Empire et la construction de la première église romane existait un édifice occupant une partie de l´espace situé sous l´actuel transept. Associé à un cimetière et présentant deux constructions quadrangulaires, les archéologues ont émis l´hypothèse qu'il existait un oratoire paléochrétien "comparable à certains égards à ceux que l´on connaît dans le sud des îles britanniques". Ces fouilles ont également permis de restituer le plan du choeur primitif de l´église du 12e siècle, car celui-ci fut modifié au cours du 14 ou 15e siècle. Ce choeur roman présentait un plan à abside centrale et deux absidioles formant un chevet à chapelles échelonnées, les deux absidioles étant construites sur les murs orientaux des croisillons de transept. La première mention de l´église paroissiale, dédiée à Saint-Cyr et Sainte-Julitte, remonterait au 11e siècle. Au début du 12e siècle la paroisse d´Ambon est donnée à l´abbaye de Saint-Gildas de Rhuys par l´évêque de Vannes. A la fin du 14e ou au cours du 15e siècle, le choeur d´origine est totalement modifié. On le transforme alors en chevet plat avec deux chapelles latérales. D´autres remaniements ont lieu au 17e siècle. La chapelle nord du choeur (chapelle du Rosaire) est agrandie, elle porte la date de 1636-37. Dix ans plus tard environ on construit, entre le bras nord du transept et le porche, la chapelle Notre-Dame de la pitié. Le collatéral sud de la nef est alors refait, on abaisse sa toiture en masquant les baies romanes de la nef. De 1636 à 1649, on remanie également les parties basses de la nef, la façade, le mur sud et le clocher. Au 19e siècle une nouvelle sacristie est accolée à la chapelle sud. Les fouilles menées dès 1988 ont été réalisées pour faire suite au souhait de restituer le niveau du sol d´origine qui avait été surélevé au cours du 17e siècle.

Période(s) Principale : limite 11e siècle 12e siècle
Secondaire : limite 3e siècle 4e siècle
Secondaire : 10e siècle
Secondaire : limite 14e siècle 15e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle

D´après les éléments conservés et les résultats des fouilles entreprises de 1988 à 1990, on peut déterminer que le plan de l´église romane était celui d´un édifice à nef de cinq travées bordée de collatéraux, avec transept peu saillant et choeur à abside et absidioles. La façade occidentale de l´édifice est caractéristique des façades romanes bretonnes : c´est un mur pignon amorti en triangle. Elle possède un portail en arc plein-cintre appareillé à simple rouleau, pris sous un second arc plein-cintre encadré de deux contreforts, formant ainsi un massif en légère saillie sur le mur. Les contreforts appareillés, larges à leur base, sont moins larges et moins saillants dans la partie haute du pignon ; ils se terminent en larmier. Au-dessus du portail, entre les contreforts, est percée une grande baie en arc plein-cintre. Sur le bas-côté nord de l´église, au niveau de la deuxième et troisième travées de nef, ouvre un porche en saillie datant du 15e siècle. Sous ce porche se trouve un accès en arc plein-cintre appareillé qui pourrait avoir existé dès l´époque romane. La croisée du transept est aujourd´hui surmontée d´une tour de plan carré avec flèche en ardoises. Le mur pignon du bras de transept nord conserve dans sa partie inférieure une maçonnerie en opus spicatum de quelques centimètres de hauteur et presque un mètre de longueur. Les soubassements du croisillon sud possèderaient également une maçonnerie de ce type. Le bas-côté sud de la nef conserve la trace d´une des baies primitives, étroite, en arc plein-cintre, qui a été modifiée par la suite. A l´intérieur, la nef, charpentée, possède cinq travées communiquant avec les bas-côtés par une suite d´arcades en plein-cintre reposant sur des piliers carrés massifs. Aujourd´hui l´ensemble est recouvert d´un enduit masquant les éléments architecturaux qui nous intéressent. D´anciens clichés permettent de voir que les arcs à simple rouleau étaient fourrés. On sait également que les piliers ont des arêtes abattues en chanfrein. Au-dessus des arcades étaient percées des baies en arc plein-cintre assez ébrasées, aujourd´hui bouchées. Les bas-côtés de la nef communiquent avec les croisillons du transept par des arcades basses. Le vaisseau central de la nef donne sur la croisée du transept. Celle-ci, de petites dimensions et plan oblong, est couverte d´une voûte en berceau qui repose, à l´Ouest et à l´Est, sur des arcs plein-cintre appareillés dont les retombées se font sur des demi-colonnes engagées dans les piédroits des arcs. Au Sud et au Nord, elle repose sur des arcs plein-cintre beaucoup plus bas et plus étroits donnant sur les croisillons.

Murs granite
calcaire
moyen appareil
moellon
Plans plan en croix latine
Étages 3 vaisseaux
Couvrements charpente en bois apparente
voûte en berceau brisé
États conservations remanié
Techniques sculpture
Représentations ornement végétal
Statut de la propriété propriété publique
Protections classé MH, 1990/08/13
Précisions sur la protection

Inscriptions par arrêté du 14/05/1925 et du 13/01/1965 annulées.

Références documentaires

Documents d'archives
  • DRAC Bretagne, ANDRE P. & TRISTE A. Rapport sur le sondage archéologique de l´église d´Ambon, 1990.

Bibliographie
  • AUTISSIER A., La sculpture romane en Bretagne XI-XIIè siècles, Rennes, PUR, 2005.

    p. 250-251.
  • DECENEUX M., La Bretagne romane, Rennes, Ouest-France, 1998, (coll. Références).

    p. 54, 56, 57, 60.
  • DU HALGOUET H., Notes archéologiques sur le Morbihan, T. I.

  • DUHEM G., Les églises de France, Morbihan, Paris, Letouzey et Ané, 1932.

    p. 2.
  • GUIGON P., L´architecture pré-romane en Bretagne, le premier art roman, Rennes, PEAO, 1993.

    p. 35.
  • ROSENZWEIG L., Répertoire archéologique du Morbihan, Paris, Res Universis, 1942 (réédition de 1863).

    p. 189.
  • TILLET L.M., Bretagne romane, La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1982, (coll. La nuit des temps).

    p. 49.

Liens web