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Eglise paroissiale, ancienne église priorale, dite chapelle Notre-Dame de Kernitron (Lanmeur)

Dossier IA29003387 réalisé en 2006

Fiche

L'église de l'ancien prieuré Notre-Dame de Kernitron est un exemple architectural qui témoigne de la recherche dans l'animation murale et dans l'ornementation. La nef à vaisseau unique est scandée à l'intérieur par des colonnes plaquées sur les murs auxquelles correspondent à l'extérieur des contreforts qui rythment les façades de l'édifice. Cette scansion s'observe dans d'autres édifices possédant des nefs bordées de collatéraux, comme à Perros-Guirec, Loctudy ou Merlévenez.

Le côté sud de l'église était ouvert par deux portails, l'un au centre de la nef, le second au pignon du transept. Ce portail, ménagé en saillie sur le mur est richement décoré et possède l'un des deux seuls tympans sculptés conservés en Bretagne, le second se trouvant à Perros-Guirec.

Vocables Notre-Dame
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Bretagne - Lanmeur
Adresse Commune : Lanmeur
Adresse : rue de Kernitron

Les origines légendaires de l´église en attribuent la fondation à Saint-Sansom, évêque de Dol auquel Judual comte de Domnonée aurait donné la paroisse de Lanmeur vers 550. Le premier édifice aurait été détruit lors des invasions normandes à la fin du 9e siècle. Une bulle du pape Alexandre III, datée de 1163, confirme à l´abbaye bénédictine de Saint-Jacut-de-la-Mer des dîmes en Lanmeur. Cette bulle est confirmée par Clément III en 1188. Le document mentionne alors une ecclesiam Sanctae Mariae. L´église dédiée à la Vierge mentionnée dans cette charte pourrait être un ancien prieuré dépendant de l´abbaye de Saint-Jacut correspondant à l´église de Kernitron. L'édifice a subi des modifications aux 14 et 15e siècles. Le chevet, de plan rectangulaire avec chapelle latérale au Nord et bas-côté au Sud, est probablement une construction du 14e siècle. L'édifice possède également des éléments architecturaux datant certainement du 15e siècle. L'extrémité occidentale de l'élévation Sud de la nef présente une reprise dans sa maçonnerie, en grand appareil de granit. Une inscription en lettres gothiques gravée sur une plaque à cet endroit indiquait, lorsqu´elle était encore lisible, l´année 1444 selon L. Le Guennec, 1446 selon Abgrall. La partie ouest semble pouvoir être attribuée au milieu du 15e siècle : la façade comporte un porche à gâble en forte saillie sur le mur et une baie à meneaux, disposés entre deux épais contreforts. Après la Révolution les anciens bâtiments du prieuré, décrits comme une «vieille construction divisée en petites cellules », ont été abattus. Ce corps de bâtiment se trouvait au Nord de l´église et communiquait avec celle-ci par deux portes situées dans le transept, aujourd´hui murées. Au 20e siècle des travaux sont conduits sur l´édifice. En 1933-1934, le pignon nord est reconstruit. En 1936, les piles nord de la croisée du transept sont consolidées. La charpente de la nef a été restaurée en 1985, celle de la tour de croisée du transept a également été restaurée au 20e siècle, la tour d´escalier à vis devrait à son tour faire l´objet de travaux de consolidation.

Période(s) Principale : 12e siècle
Secondaire : 14e siècle
Secondaire : 15e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle

L´église présente un plan en croix latine avec nef unique ouvrant sur une croisée de transept de même largeur, communiquant avec deux croisillons saillants d´égales dimensions. La croisée est surmontée d´une tour de plan carré à laquelle on accède par un escalier à vis contenu dans une tourelle d´angle située entre la nef et le croisillon sud. Rien ne permet d´indiquer si le chevet d´origine était plat comme l´actuel. Toutefois, les arcs ouvrant sur les chapelles du choeur semblent appartenir à la construction d´origine et pourraient indiquer la présence de chapelles orientales basses dans les croisillons. L'élévation extérieure nord de la nef est scandée par six contreforts plats en grand appareil de granit. Une travée sur deux est percée d´une baie en arc brisé, longue et étroite. Ces baies occupent près de la moitié supérieure du mur. Le bras de transept nord est épaulé par des contreforts corniers et possède un contrefort au mur ouest percé d´une petite baie de type meurtrière. Le pignon, ajouré d´une baie du même type, possède une porte certainement remaniée au 19e siècle. Le mur oriental est percé d'une baie identique aux précédentes. Ces trois baies présentent des arcs en plein-cintre, à la différence de celles qui éclairent la nef. L'élévation sud de la nef est scandée par cinq contreforts plats. La travée centrale possède un portail aujourd´hui aveuglé. En plein-cintre, il est à simple rouleau appareillé retombant de chaque côté sur une colonnette à chapiteau sculpté. La partie supérieure, sous le rouleau, forme un tympan lisse. Au-dessus du portail, une moulure torique est surmontée d´une baie haute et étroite en arc brisé, semblable à celles observées au Nord. La cinquième travée, à l´Est, possède au-dessus d'une moulure torique une baie en plein-cintre étroite. La maçonnerie est légèrement différente à l´ouest de cette fenêtre. L´angle formé par la nef et le croisillon de transept est occupé par une tourelle de plan circulaire, renfermant un escalier à vis qui conduit au clocher de la tour de croisée. Le bras de transept sud est éclairé, comme son pendant au Nord, par une baie de type meurtrière au mur Ouest. Il est épaulé de contreforts corniers. Le mur pignon est divisé en trois registres par de fines moulures toriques. Au registre inférieur a été plaqué dans un léger massif en saillie, le portail monumental à trois voussures en arc plein-cintre reposant sur des colonnettes à chapiteaux sculptés. Les vestiges d´un tympan sculpté en grès ou calcaire sont encore visibles. L´ensemble est surmonté d´un gâble, montant jusqu´à hauteur de la deuxième moulure, peut-être ajouté au 14 ou 15e siècle. Il est encadré de chaque côté par une large baie en arc plein-cintre dont l´extrados retombe sur des colonnettes ornées de chapiteaux. La partie supérieure du mur, amortie en triangle, est percée au centre d´une simple petite baie en meurtrière. La croisée du transept est surmontée d´une tour carrée, massive, qui semble appartenir à la même période de construction que le transept. Elle est éclairée sur ses quatre faces par deux petites baies en arc plein-cintre. A l´intérieur, la nef unique est divisée en sept travées par des colonnes appareillées engagées dans les murs latéraux, tronquées dans leur partie supérieure. Elles possédaient autrefois des chapiteaux sculptés du même type que ceux encore visible au transept. Ces colonnes reposent sur des bases à tores et griffes. La nef était éclairée directement par les longues baies en arc brisé qui occupent toute la moitié supérieure du mur, assez fortement ébrasées vers l´intérieur. Seules les baies situées dans la dernière travée orientale présentent un arc en plein-cintre. Couverte d´un lambris en berceau la nef communique avec la croisée, délimitée par quatre grands arcs brisés à double rouleau légèrement outrepassés et à arrêtes vives, retombant sur trois massives piles rondes à chapiteaux sculptés. Chaque pile possède deux colonnes appareillées engagées qui reçoivent la retombée des arcs. Seule la pile Nord-Est n´est pas ronde. Elle présente un noyau cruciforme et est flanquée d´une colonne et d´un dosseret recevant la retombée des grands arcs. Le bras de transept sud est divisé en deux travées par une colonne engagée dans le mur ouest, couronnée d´un chapiteau. Elle devait recevoir la retombée de l´arc doubleau. La travée nord donne accès à l´escalier à vis menant au clocher. La travée sud est percée d´une baie de type meurtrière en plein-cintre, fortement ébrasée. Le mur pignon comporte trois registres, comme à l'extérieur, séparés par de fines moulures toriques. Les trois niveaux sont soulignés par un arc brisé appareillé qui retombe sur des colonnes d´angles à chapiteaux. A l´Est, un arc brisé à double rouleau ouvre sur le collatéral sud du choeur. Le croisillon nord est également divisé en deux travées par une colonne engagée dans le mur occidental. Elle reçoit encore dans le bras nord la retombée de l´arc doubleau au profil brisé et double rouleau qui porte la voûte en berceau. Dans la travée nord ce mur est percé d´une baie en meurtrière. A l´Est une baie identique lui fait face. L´arc doubleau central repose, non pas sur une colonne, mais sur une console massive à hauteur de chapiteau qui semble être une restauration. Au niveau inférieur, un arc brisé à double rouleau communique avec la chapelle nord du choeur.

Murs granite
Plans plan en croix latine
Étages 1 vaisseau
Couvrements lambris de couvrement
charpente en bois apparente
voûte en berceau brisé
États conservations remanié
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH partiellement, 1914/03/27
classé MH, 1983/12/29
Précisions sur la protection

Choeur et transept avaient été inscrits à l´inventaire supplémentaire des monuments historiques le 27 mars 1914 Chapelle de Kernitron et mur de clôture avec ses entrées (cad. B 916) : classement par arrêté du 29 décembre 1983.

Références documentaires

Bibliographie
  • ABGRALL chanoine, Livre d´or des églises de Bretagne, Rennes, édition d´art, juin 1897.

  • AUTISSIER A., La sculpture romane en Bretagne XI-XIIè siècles, Rennes, PUR, 2005.

    p. 288-289.
  • DECENEUX M., La Bretagne romane, Rennes, Ouest-France, 1998, (coll. Références).

    p. 81, 83, 114.
  • GRAND R., L´art roman en Bretagne, Paris, Picard, 1958.

    p. 321-324.
  • LE GUENNEC L., Le prieuré Notre-Dame de Kernitron à Lanmeur, Morlaix, 1914.

  • TILLET, Louise-Marie. Bretagne romane, La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1982 (coll. La nuit des temps).

Liens web