Logo ={0} - Retour à l'accueil

Église paroissiale, ancienne église abbatiale (Saint-Méen-le-Grand)

Dossier IA35046903 inclus dans Abbaye Saint-Méen (Saint-Méen-le-Grand) réalisé en 2006

Fiche

L'ancienne église abbatiale de l'abbaye bénédictine Saint-Méen nous est mal connue et pose plusieurs problèmes d'analyse de son état primitif. Evoquée à plusieurs reprises, il semble que la nef d'origine aujourd'hui détruite devait présenter un mur bâti en appareil de briques comme le suggèrent les vestiges conservés à l'Ouest de l'édifice.

La double arcade découverte lors des sondages archéologiques, datée probablement de la fin du 11e siècle ou début du 12e siècle, constitue la partie la plus ancienne de l'église. Il est délicat d 'affirmer à quelle partie de l'édifice elle appartenait précisément. On peut imaginer qu'il s'agissait de l'entrée d'un bras de transept, ce qui rappellerait les dispositions de la cathédrale de Tréguier. Peut-être s'agit-il d'une première travée de choeur qui ouvrait sur une chapelle.

VocablesSaint-Méen
Dénominationséglise
Aire d'étude et cantonBretagne - Saint-Méen-le-Grand
Hydrographiesaffluent du Meu
AdresseCommune : Saint-Méen-le-Grand

Edifice primitif remontant au 9e siècle dont subsistait jusqu'au 18e la nef détruite en 1771 ; choeur reconstruit à la charnière du 11e et 12e siècles (vestiges conservés dans le mur sud) ; clocher fin 12e début 13e siècle ; transept et chapelle saint-Vincent fin 13e début 14 e siècle et collatéral nord du choeur 14e siècle. Les sondages archéologiques pratiqués dans les années 90 n´ont pas permis de mettre en évidence la trace d´un édifice du 9e siècle. Ils ont permis de mettre au jour une portion du mur sud du probable choeur roman de l´église ou du transept primitif.

Période(s)Principale : limite 11e siècle 12e siècle
Secondaire : limite 12e siècle 13e siècle
Secondaire : 13e siècle
Secondaire : 14e siècle
Secondaire : 15e siècle

Les éléments les plus anciens de la construction, mis au jour par les fouilles archéologiques, sont situés aujourd´hui sur le mur gouttereau sud de la nef actuelle. A l´Ouest, une double arcade en plein-cintre à double rouleau repose au centre sur une colonne surmontée d´un épais tailloir et aux extrémités sur des demies-colonnes engagées. Dans l´axe, au-dessus de chaque arc sous l´actuelle charpente est percé un oculus. Au-delà de cette double arcade, à l´Est, le niveau du sol est surhaussé. On trouve à la suite, percée en hauteur dans le mur, une ouverture assez large en arc plein-cintre à double rouleau qui pourrait correspondre non pas à une baie mais davantage à un accès communiquant entre l´église abbatiale et les bâtiments monastiques qui pouvaient lui être accolés. L´extrémité Est de cette double arcade romane est légèrement surhaussée, ce qui semble indiquer une séparation spatiale qui pouvait peut-être correspondre à l´entrée du choeur, fréquemment marquée par une différence de niveau matérialisée par une ou plusieurs marches. L´accès retrouvé en hauteur dans le mur, comme dans la plupart des églises abbatiales, pouvait mener aux dortoirs des moines ce qui indiquerait que nous sommes situés dans l´ancien transept de l´édifice. Comme le suggère Marc Déceneux, il est possible de voir dans la double arcade plein-cintre l´entrée d´un bras sud de transept. La demi-colonne située à l´Est présente à sa base des motifs sculptés. Ces vestiges pourraient être datés de la fin du 11e, début du 12e siècle et correspondent peut-être à des travaux réalisés lors du retour des reliques de saint Méen en 1074. Selon Stéphanie Hurtin, de nombreux réemplois ont été observés dans les fondations du 13e siècle, ce qui pourrait laisser penser que l´édifice roman nécessita à la fin du 12e et au 13e siècles d´importantes restaurations. Le mauvais état de l´arcade romane lézardée, conforte cette hypothèse d´un remaniement complet au 13e siècle. La nef de l´édifice primitif, détruite au 18e siècle, se trouvait à l´Ouest de cet ensemble. Cette nef présentait encore au 19e siècle des vestiges où se voyaient de petits moellons en appareil cubique. Roger Grand en 1958 faisait remarquer que la tour de croisée était bâtie en petit appareil romain de moellons schisteux mélangés de grandes briques plates, rouge foncé, qui, même sur un point, forment chaîne à la façon antique. Deux contreforts étroits, qui épaulent la tour du côté Ouest ont leur partie inférieure noyée dans cet appareil régulier à chaîne de briques et ne sont autre chose que des restes du mur d´une nef primitive. Il ajoutait on discerne parfaitement, sur le mur de la tour qui regarde le cimetière, les traces de cette ancienne nef, aujourd´hui détruite (...). Philippe Guigon, en dépit d´une étude minutieuse des maçonneries, n'a pu confirmer la description de Roger Grand et envisage d´y voir une confusion avec l´ancien mur de nef qui servit un temps de clôture au cimetière avant d´être abattu par un ouragan au 19e siècle. Selon l´étude du service de l´Inventaire général, il ne subsiste de l´église du 11e siècle qu´un mur en petit appareil qui sert aujourd´hui de clôture à une cour intérieure en avant de la tour et qui semble avoir dépendu autrefois de la nef. Quoi qu´il en soit l´appareil de briques noté à plusieurs reprises dans les descriptions laisse entrevoir l´hypothèse d´une nef ancienne, remontant probablement à l'époque carolingienne. Rien ne permet aujourd´hui de savoir si le premier monastère de Saint-Méen fut édifié au même emplacement que celui favorisé au 11e siècle par la duchesse Havoise. Telle qu´on la connaît aujourd´hui l´église présente une façade qui correspond au mur de fond du chevet primitif. L'ancien choeur de l'église, qui sert actuellement de nef, fut doublé au 14e siècle au nord par un second vaisseau éclairé par trois grandes fenêtres. L´église possède un transept du 13e siècle avec deux bras dans lesquels sont ménagés vers l´Est des arcades ouvrant sur des chapelles. Au niveau du chevet actuel, à l´Ouest se dresse l´ancienne tour de croisée du transept, légèrement désaxée par rapport à l´édifice, elle remonte probablement à la fin du 12e siècle et au 13e siècle. Cette tour est soutenue par des contreforts peu saillants, elle présente trois registres superposés et se termine par un toit octogonal moderne. La face Nord est percée à sa base d´un portail en arc brisé, à demi-enterré, accosté de deux colonnettes aux chapiteaux ornés de feuillages et masques d´hommes et animaux. Au-dessus sont percées deux baies jumelles en lancettes prises sous un arc brisé reposant sur deux colonnettes. Au niveau supérieur se trouvent deux autres baies de plus petites dimensions, en arc plein-cintre séparées par une colonnette et surmontées d´un arc brisé. La face Sud présente dans sa partie haute deux baies jumelles en arc brisé accostées de colonnettes et une tourelle d´angle à l´ouest, de plan carré couverte d´un toit en bâtière et renfermant un escalier probablement destiné à conduire aux étages de la tour de croisée. La tour est ornée dans sa partie supérieure d´une corniche soutenue par des modillons que relient de petits cintres subdivisés en arcs brisés. Ces modillons sont sculptés de têtes d´hommes et animaux. La face Ouest de la tour, a conservé son arc d'entrée brisé ; ce dernier a été fermé au 18e siècle après démolition de l'ancienne nef et on y a alors remonté l'ancien portail ouest du 15e siècle transporté de nouveau dans le chevet au 19e siècle. Le bras Sud du transept est percé dans son mur pignon d´une grande baie à cinq meneaux. Contre l'ancien choeur du côté sud, une salle ou chapelle de plan rectangulaire voutée d'ogives éclairée par trois baies en arc brisé. La façade Nord de l´église, qui correspond au mur du collatéral de l´actuelle nef, présente trois baies en arc brisé. Le croisillon du transept est percé dans son mur pignon d´une grande baie à trois meneaux. La façade Est enfin, ancien mur de fond du choeur primitif, est aujourd´hui la façade par laquelle on entre dans l´édifice. Sa partie nord a conservé l'ancienne baie murée du collatéral. De la grande baie d'axe du vaisseau principal subsiste le jambage côté nord. Dans sa partie nord se voit une baie en arc brisé, aveugle, qui éclairait le collatéral. Le portail en arc brisé accosté de deux pinacles de la fin du 15e siècle provenant de la façade occidentale de l'ancienne nef a été remonté à cet endroit à la fin du 19e siècle pour servir d'entrée à l'église désorientée. Le mur gouttereau Sud de l´actuelle nef présente les vestiges de la double arcade appartenant très probablement au choeur roman et une entrée communiquant avec la salle qui passe pour avoir été la salle capitulaire. La croisée du transept est délimitée par quatre grands arcs brisés soulignés d´un tore, reposant sur des piliers de section carrée flanqués de colonnes engagées. L´arcade Ouest de la croisée du transept communiquant avec l´actuel choeur, c´est-à-dire située sous la tour du 12-13e siècle, présente des tronçons de colonnes aux chapiteaux à feuilles et terminés par des culots où sont sculpté des têtes à langue pendante.

Plansplan en croix latine
Étages3 vaisseaux
Couvrementscharpente en bois apparente
voûte en berceau brisé
Statut de la propriétépropriété privée
propriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1990/01/25
Précisions sur la protection

Inscription de l'église par arrêté du 11/06/1926 annulée.

Références documentaires

Bibliographie
  • GRAND R., L´art roman en Bretagne, Paris, Picard, 1958.

    p. 443
  • GUIGON P., L´architecture pré-romane en Bretagne, le premier art roman, Rennes, PEAO, 1993.

    p. 30- 31.
Périodiques
  • HURTIN S., Saint-Méen-le-Grand, abbatiale, in : Bilan Scientifique, 1993, SRA et DRAC Bretagne, Rennes, 1994.

    p. 62.