Logo ={0} - Retour à l'accueil

Eglise paroissiale, ancienne église abbatiale Notre-Dame (Daoulas)

Dossier IA29003384 inclus dans Abbaye de Daoulas, actuellement église paroissiale Notre-Dame, centre d´exposition, parc (Daoulas) réalisé en 2006

Fiche

L'église abbatiale de Daoulas est le seul exemple que l'on conserve en Bretagne d'un édifice ayant appartenu à l'ordre de Saint-Augustin, excepté les vestiges de la croisée du transept de l'ancienne abbaye Sainte-Croix de Guingamp. Au 12e siècle la Bretagne, qui comprend alors également l'actuel département de la Loire-Atlantique, compte dix monastères augustiniens.

C'est l'appartenance à cet ordre religieux à règle sévère qui explique la simplicité et l'austérité de l'édifice dont la construction remonte à la seconde moitié du 12e siècle.

Ce parti architectural d'un grand vaisseau continu, charpenté et sans aucune animation murale, avec des piles cruciformes sans chapiteaux, rappelle incontestablement la nef de l'église bénédictine de Notre-Dame de Locmaria à Quimper dont la construction est attribuée au début du 11e siècle. On peut également comparer la nef à celle de l'église prieurale de Château-Gontier en Mayenne, très semblable à celle de Locmaria. Toutefois à Daoulas, à la fin du 12e siècle, les arcades occupent les deux-tiers de la hauteur de la nef et possèdent un double rouleau : l'élan vertical est affirmé.

Le choix de la charpente correspond à celui des régions de l'Ouest où les architectes ont longtemps privilégié un couvrement en bois à une voûte en pierre, ce qui permettait d'éclairer abondamment les édifices. Les baies percées en hauteur à Locmaria (11e siècle) comme à Daoulas (fin 12e siècle) sont ainsi hautes et larges.

Le plan initial de l'église de Daoulas pose encore plusieurs questions. Différents auteurs ont mentionné la reconstruction du "transept" au cours du 16e siècle (entre 1520 et 1535) sous l'abbatiat de Charles Jégou. Pourtant les études plus récentes de Roger Grand, André Mussat et Xavier Barral mettent en avant l'existence d'une nef communiquant directement par un arc triomphal avec le choeur, considérant qu'il n'a jamais existé de transept. Aucun élément probant ne permet actuellement de trancher entre ces deux hypothèses.

VocablesNotre-Dame
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonBretagne - Daoulas
AdresseCommune : Daoulas

Les parties les plus anciennes de l'édifice remontent à la seconde moitié du 12e siècle. Il semble que la construction ait débuté en 1167. De cette première abbatiale on conserve la façade occidentale, le bas-côté Nord ainsi qu'une partie de la nef. Achevée vraisemblablement en 1173, toujours d'après le "Chronicon Britannicum", l'église est consacrée en 1232. Détruite en partie au 14e siècle elle a été restaurée probablement sous l'abbatiat de Jean Guerault (1350-1398). En 1914, Lucien Lécureux évoquait la reconstruction du transept et du choeur au 16e siècle sous l'abbatiat de Charles Jégou. De même, le "Dictionnaire des églises de France" précise : "entre 1520 et 1535, le transept, le clocher du carré et le choeur avaient été reconstruits". Pourtant, les études récentes tendent à privilégier l'absence de transept. A partir de 1830 on supprime le clocher et le choeur gothique, réduisant l'édifice à sa nef. En 1876 l'architecte diocésain Joseph Bigot fait construire l'abside et les deux absidioles à l'Est. Le mur Sud de l'église date de cette période où l'on transporte également le porche du 16e siècle à l'entrée du cimetière.

Période(s)Principale : 2e moitié 12e siècle
Secondaire : 14e siècle
Secondaire : 16e siècle
Secondaire : 19e siècle

La façade occidentale de l´église présente deux registres superposés. Amortie en pignon triangulaire, elle est épaulée par deux contreforts d´angle amortis en glacis à hauteur du pignon. Le registre inférieur se compose de trois arcades. Au centre, le portail en arc plein-cintre appareillé, à double voussure, cerné à l´extérieur d´un filet. Ces voussures reposent sur des colonnettes ornées de chapiteaux sculptés de crochets. Le rouleau intérieur présente : un cordon sculpté d´étoiles à six branches, à droite, et d´entrelacs, de motifs de vannerie, à gauche. De chaque côté du portail se trouve une arcature en plein-cintre aveugle, à simple rouleau. Au-dessus d'un simple bandeau mouluré, le registre supérieur, en léger retrait du mur, est épaulé par quatre contreforts plats amortis en glacis qui divisent la façade en trois parties. Entre ces contreforts sont percées des baies en arc plein-cintre à simple rouleau. La baie centrale est plus large que celles qui l´encadrent. Le pignon est percé d'une étroite baie de type meurtrière. La nef est divisée en sept travées, éclairées directement par des fenêtres étroites et fortement ébrasées, percées au-dessus de chaque arcade, excepté dans la première travée, aveugle. Les collatéraux disposaient d´un éclairage direct. Les arcades qui font communiquer la nef et les bas-côtés sont en arc plein-cintre à double rouleau qui reposent sur les impostes de piliers cruciformes sans chapiteaux. La première travée présente des piliers différents de forme cylindrique. Selon X. Barral, l´édifice roman ne semble pas avoir possédé de transept et la transition entre nef et choeur devait s´effectuer simplement par un arc triomphal.

Mursgranite
Plansplan en croix latine
Étages3 vaisseaux
Couvrementscharpente en bois apparente
cul-de-four
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété du département
propriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1886/07/12