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Eglise abbatiale Saint-Magloire (Léhon fusionnée en Dinan en 2018)

Dossier IA22009901 inclus dans Abbaye Saint-Magloire (Léhon fusionnée en Dinan en 2018) réalisé en 2006

L’église abbatiale Saint-Magloire est bâtie à la fin du 12e siècle ou au début du 13e siècle. Elle présente les caractères de

cette période de transition, comme le rappelle Prosper Mérimée : la porte surtout : « un arc en plein cintre retombant sur des colonnes à chapiteaux ornés de crochets, et de ces grandes feuilles dentelées encore si communes dans les premières constructions gothiques ». Elle s’inspire de modèles ligériens comme la cathédrale d'Angers par son parti d'une nef unique divisée en travées de plan carré couvertes de voûtes d'ogives bombées. Dans l'état actuel de nos connaissances les dispositions de l'édifice primitif sont incertaines. Il est probable qu’elle ait été fortifiée, hypothèse avancée par Jean-Jacques Rioult, à partir de l’analyse des documents iconographiques du milieu du 19e siècle dont une lithographie de Lorette. La restauration radicale des années 1890, qui l’a sauvé de la ruine, a fermé les arcs mâchicoulis qui couronnent ses deux premières travées et qui devaient enjamber la façade occidentale.

Parmi les tombeaux conservés dans les enfeux de la nef et qui proviennent de la chapelle des Beaumanoir, deux, en granite, sont attribués à Robert 1er de Beaumanoir, maréchal de Bretagne, mort après 1347, et à son neveu Jean III, le héros du combat des Trente en 1351, mort vers 1366, qui tous deux combattirent au service de Charles de Blois. Ces deux tombeaux selon l'analyse de Jean-Yves Copy présentent une fusion d'influences parisiennes et anglaises. Un autre tombeau en granite, celui de Jean IV, mort en 1385, est une œuvre anglaise importée.

Genre de bénédictins
Vocables Saint-Magloire
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude - Dinan Ouest
Hydrographies La Rance
Adresse Commune : Dinan
Précisions commune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Léhon

D'après les manuscrits anciens : "La vie de Saint-Magloire", étudiés par Arthur de la Borderie, un premier sanctuaire du 9e siècle était construit en bois. L'arrivée des reliques serait à l’origine de la reconstruction d'une église en pierre dont les matériaux proviendraient d'un temple gallo-romain, peut-être celui du Haut-Bécherel à Corseul ou celui de Taden. Cette église aurait été détruite, vers 920-930 durant les invasions normandes. Lors de leur retour d'exil à Paris, au 11e siècle, les moines construisent certainement un nouveau sanctuaire. Mais de ces édifices primitifs on ne conserve pas de traces. L'église actuelle édifiée vers les années 1190-1210 est probablement reconstruite sur les fondations de l'ancienne. Les petites pierres cubiques de granite visibles au revers de la façade occidentale pourraient en être le témoin.

Dans son état actuel l'église est un édifice composite dont les fondations remontent à la fin du 12e siècle et aux premières décennies du 13e siècle. Au cours du 14e ou 15e siècle plusieurs modifications ont été apportées : ajout de la chapelle des Beaumanoir, modification du choeur, percement d'enfeux dans la nef.

De 1885 à 1897 l'église a été entièrement restaurée sous l'impulsion de l'abbé Fouéré-Macé et grâce aux frères de Saint-Jean de Dieu qui rachète l’abbaye en 1888. La voûte est alors reconstruite en employant de nombreux fragments anciens. Les couvertures et charpentes sont refaites. Un clocher moderne est construit le long du mur sud. Des baies ont été modifiées, certains chapiteaux refaits et des modillons détruits.

Période(s) Principale : limite 12e siècle 13e siècle
Secondaire : 13e siècle
Secondaire : 14e siècle
Secondaire : 15e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 19e siècle

Eglise abbatiale de plan rectangulaire formée d'un unique vaisseau, terminé par un chevet plat, long de 38 m et large de 10 m. La nef est divisée en quatre travées de plan carré, délimitées par des colonnes engagées dans les murs gouttereaux. La quatrième travée, à l'Est, correspond à l'espace du choeur dont les supports diffèrent. Cette partie de l'église a été largement remaniée au 14e ou 15e siècle.

Les travées sont couvertes de voûtes d'ogives bombées, reconstruites à la fin du 19e siècle. La hauteur sous clé de voûte atteint 28 m.

Chaque travée est éclairée au Nord et au Sud par deux baies en lancettes très hautes. Le mur pignon du chevet a été percé d'une

grande baie en 1490. A l'extérieur la façade occidentale est épaulée

par deux contreforts corniers massifs couronnés de pinâcles au 19e siècle. Amortie en pignon triangulaire cette façade possède deux registres superposés formés de triplets. Un portail, en arc plein-cintre à multiples voussures reposant sur des piédroits formés de faisceaux de colonnettes, est percé au centre. Il s'ouvre dans un massif formant saillie sur le mur de façade et est surmonté d'une corniche soutenue par huit modillons sculptés. Ce portail est flanqué de chaque côté de deux arcatures géminées aveugles. De profil brisé,

elles reposent au centre sur une colonne monolithe couronnée d'un chapiteau aux motifs végétaux. Le registre supérieur présente un allègement dans l'animation du relief. Il est formé d'une grande baie géminée encadrée par deux hautes arcatures aveugles et brisées.

L'élévation Sud est flanquée de deux contreforts qui reçoivent deux arcs surbaissés plaqués sur le mur, ainsi doublé. Au Nord, dans le cloître, deux arcs boutants et contreforts appareillés épaulent la nef.

Le chevet est un mur droit possédant deux contreforts corniers et un départ de contrefort au centre, amorti en larmier sous une moulure horizontale. Le chevet a été percé d'une grande baie en 1490. On ignore l'aspect et le plan du choeur primitif de l'église. Seul un chapiteau sculpté de grande dimension, pouvant dater de la fin du 12e siècle, est pris dans la maçonnerie du mur ; Il est visible à l'extérieur au mur pignon.

La chapelle sépulcrale des Beaumanoir communique avec le chœur, au sud. Elle est voutée d’ogives. Une crédence gothique est creusée dans le mur sud. Une porte a été ouverte postérieurement à sa construction à l’angle sud-est, elle donne accès au jardin. Des fragments de vitraux des 13e et 14e siècles provenant de la maitresse vitre de l’église paroissiale ont été remployés dans la verrière est.

Murs granite
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements voûte d'ogives
États conservations remanié
Techniques sculpture
Représentations ornement végétal
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1931/09/30
Précisions sur la protection

Classé monument historique par liste de 1875 et par arrêté du 30 septembre 1931.

Références documentaires

Bibliographie
  • GRAND R., L´art roman en Bretagne, Paris, Picard, 1958.

  • RUAUX J. Y., Léhon et son abbaye, Rennes, Ouest France, 1979.

  • ANDREJEWSKI D. & LIDOU M., Les abbayes bretonnes, Paris : Le Sarment et Fayard, 1983.

    p. 55-60.
  • MUSSAT A., Arts et cultures de Bretagne, Rennes, Ouest France, 1995.

  • PICARDA F., Léhon entre rêve et Rance, Manchecourt, Maury imprimeur, 1997.

  • RIOULT J.J., Léhon, in : Bretagne dictionnaire guide du patrimoine, Paris, Editions du patrimoine, 2002.

  • La Bretagne, d'après l'itinéraire de Monsieur Dubuisson-Aubenay. Suivi de Profil de la Bretagne, par Jean-Baptiste Babin (1663). Coordonné par Alain Croix. Presses universitaires de Rennes ; Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, Rennes, 2006.

  • COPY Jean-Yves. Art, société et politique au temps des ducs de Bretagne, Paris, 1986

  • FOUERE-MACE Mathurin, Le Prieuré Royal de Saint-Magloire de Léhon, H. Caillière, Rennes, 1892, p.290-299.

  • Fouéré-Macé, Abbé Les pierres tumulaires de l'église abbatiale de Léhon. In : Bulletin archéologique de l’Association bretonne, 1898.

Périodiques
  • MERDRIGNAC B., Cultures et formes de piété à Léhon à la fin du IXe siècle d´après la vie de Saint Magloire, in : Dinan au Moyen Age, n° spécial Le Pays de Dinan, Dinan, 1986.

  • MERDRIGNAC B., Léhon sur la Rance, naissance d´une grande abbaye, Ar Men, n° 23, La Chasse Marée, 1989.

    p. 36-47.
  • SUBERT A., L´abbaye de Léhon témoin du premier art gothique, in : Dinan au Moyen Age, n° spécial Le Pays de Dinan, Dinan, 1986.

Liens web