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Écart : Île Maudez (Lanmodez)

Dossier IA22013838 réalisé en 2008

Fiche

VocablesÎle Modez
Dénominationsécart
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Lézardrieux
AdresseCommune : Lanmodez
Lieu-dit : l' Île Maudez

L'île Maudez a été le berceau de la légende de saint Maudez, qui aborda d'abord le petit havre de Port-Béni en Pleubian, au 6ème siècle, où il bâtit un premier ermitage, au lieu dit 'Kermoda'. Après un bref séjour dans la paroisse de Pleubihan, il traversa le territoire actuel pour se fixer à Lanmodez avec ses disciples, dont Botmaël et Tudi. A 100 mètres de l'église de Lanmodez, on trouve une croix voisine d'une ferme, qui porte l'une comme l'autre le nom de 'Kervenec' (résidence des moines). Saint Maudez se retira ensuite à Bonne Nouvelle (chaise de St-Maudez encore visible) et ensuite à l'Île Maudez, qui porte son nom. Cette île se peupla de religieux pour lesquels il fallut construire plusieurs logettes ou cellules et un oratoire. Au cours des invasions normandes du 9ème et du 10ème siècle, le minihy ou refuge de saint Maudez fut profané. En 878, le corps du saint abbé fut transporté à Bourges et rendu ensuite à l'abbaye de Saint-Riom puis à Beauport, en 1202. La paroisse de Plouézec conserve actuellement le chef de saint Maudez. Dans le courant du 12ème siècle, l'Île Saint-Maudez et son monastère furent donnés à l'abbaye de Bégard, de l'ordre de Citeaux, fondée en 1130 au diocèse de Tréguier. Elle en devint un petit prieuré et le resta jusqu'à la Révolution, sous le nom de 'Prieuré de Saint-Maudez de l'Isle, sanctus Maudetus de Insula'. Couffon cite dans son 'Répertoire des églises et chapelles', p. 199, une bulle du pape Calixe III du 9 avril 1456, adressée à Vincent de Kerleau, abbé de Bégard, dans laquelle le pape concède des indulgences en faveur de l'église du prieuré de l'île Saint-Maudez et de l'hôpital y attenant ; l'île y est alors nommée 'Guel Enez' (île Sauvage'). Des bâtiments conventuels furent aussi édifiés vers le 12ème siècle, avec un cimetière, par les moines bénédictins installés sur l'Île Maudez. Des bâtiments annexes servaient de métairie. L'île était entièrement cultivée et de bon rapport. Elle fut affermée pour la mise en culture de ses terres au moins depuis le 16ème siècle. Elle eut de nombreux propriétaires après la Révolution. Des travaux continus liés à l'entretien et aux réparations des édifices de l'île furent réalisés entre le 13ème et le début du 18ème siècle : l'église, la chapelle Saint-Michel, la chaire de saint Maudez, la métairie et les habitations. En 1823, l'île fut vendue, suite au décès de Pierre Le Chevanton. Tout le mobilier fut cédé ainsi que 3 vaches, 2 génisses, 1 taureau, 1 veau, 1 jument, 1 pouliche, 1 cochon. Cependant, elle fut affermée par la suite à des cultivateurs de Lanmodez, qui continuèrent à cultiver et à entretenir l'île. Il est remarquable que des religieux prirent aussi le relais de la gestion de l'île, en tant que propriétaire. L'île est aujourd'hui la propriété de la famille Lescault, qui entretient l'île avec soin et en a fait une résidence secondaire, en transformant l'ensemble des bâtiments à des fins domestiques (prieuré, ancienne église priorale), en dehors de l'oratoire et de la chapelle moderne. De nombreuses vestiges archéologiques ont été repérés sur l'île (menhir, pierres sculptées), dont l'étude approfondie reste à faire. La grande pêcherie, située sur la côte Nord-Ouest de l'île est datable au moins du 15ème siècle. Elle fut réutilisée au 20ème siècle comme parc à ormeaux par des cultivateurs de Lanmodez. Une légende raconte que la terre de saint Maudez guérit des vers et préserve des serpents. Selon la tradition orale, saint Maudez, lorsqu'il débarqua dans l'île, chassa les bêtes vermineuses qui l'infestaient, en renversant l'île. Il y a peu de temps encore, les cultivateurs de Lanmodez venaient prendre de la terre de Maudez pour mettre dans leur cour de ferme. On rapporte aussi que les batraciens s'échappaient des charrettes de foin avant d'arriver à l'Île Maudez. Saint Maudez représente le saint le plus fêté en Bretagne.

Période(s)Principale : 6e siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle

L'Île Maudez se présente sous la forme d'une longue bande de terre qui s'étend du Sud-Ouest au Nord-Est. Elle a une longueur d'un kilomètre environ sur une largeur maximum de 250 mètres (environ 16, 50 hectares). Selon le descriptif de Barbier en 1951, 'elle produit les premières pommes de terre de primeur de la région de Paimpol au printemps. Exception faite des quelques arbustes, figuiers et tamaris, qui croissent dans le jardin établi au Sud de l'église prieurale sur l'emplacement de l'ancien cimetière, elle ne porte pas d'arbres.' Le cadastre de 1829 nomme les différentes parcelles cultivées et bâties qui composent le territoire de l'Île Maudez : le corps de garde (A547), la chaise de Maudez (A548), la métairie (A541-542-544), confondue avec les bâtiments conventuels, le cimetière (A545), la pêcherie sur l'estran Ouest et Nord-Ouest (A533) et les champs, dont le Champ du Puits et le Champ du Clos, au centre et à l'Est (A538), le Champ de la vieille au Nord (A536), le Chas de l'Aiguille, à l'extrémité Nord-Est (A539), le Champ de la Pierre Longue au Sud-Ouest (A534-535), les champs de l'Île au Sud (A46), le Champ Neuf au Sud (A549) et la Butte du Champ, à l'extrémité Sud de l'île (A530). La plupart de ces champs étaient encore cultivés pendant la 1ère moitié du 20ème siècle par des cultivateurs de Lanmodez, en polyculture-élevage. Aujourd'hui, si l'île est bien entretenue, elle n'est plus cultivée. Selon le descriptif de Pierre Barbier, environ 200 mètres à l'Est de l'oratoire, le long de la côte baignée par le Trieux, se trouve un groupe de plusieurs édifices, qui sont successivement, en allant de l'Est vers l'Ouest : les vestiges de l'église du prieuré, convertie en bâtiment d'habitation, une chapelle moderne construite en 1884, puis le bâtiment de l'ancien prieuré, servant de ferme. Des petits bâtiments modernes d'exploitation, à peu près tous en ruines, se groupent autour de ces trois principaux édifices. Avant la guerre de 1939, l'abbé Couasnon y résidait même constamment. L'ancien prieuré ou métairie servait de logement au fermier et d'étable. Depuis l'occupation allemande, le fermier lui même ne résidait plus dans l'île qu'il exploitait de la terre ferme à laquelle est rattachée La commune de Lanmodez. Les bâtiments conventuels ont trouvé aujourd'hui d'autres usages (résidence secondaire et annexes). Un bâtiment de forme rectangulaire avec un toit en terrasse, construit à l'origine pour les éventuels naufragés, sert de dépendances. Il est situé à environ 50 mètres au Nord de l'oratoire. Une jetée ou quai, à usage privé, a été construit sur le Domaine Public Maritime dans le Sud-est de l'île devant le Rocher des Bréhatins. L'île a été en partie boisée avec des résineux dans la seconde moitié du 20ème siècle. Elle n'est plus exploitée en agriculture-élevage mais est très bien entretenue. Son accès reste privé, défendu par une clôture.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • La chapelle Saint-Michel

    L'emplacement de la chapelle Saint-Michel, mentionnée dans les documents de 1717, date de sa réparation, était encore reconnaissable en 1949, lors de l'enquête de Barbier, au Nord de l'île Maudez. Selon son descriptif, les murs sont arasés au niveau du sol. Elle avait un plan rectangulaire, avec les dimensions suivantes : 5, 50 mètres de longueur et 3, 80 mètres de largeur. En 1883, Gaultier du mottay avait signalé les vestiges de cette chapelle. Il signalait aussi l'existence de deux croix plates en granite, au Nord de l'île face à la mer. Un rocher creux remarquable par sa forme est aussi à signaler : 'le lit de saint Maudez', selon la tradition orale, située au Sud-Ouest de l'île. Un rocher semblable, appelée 'la chaise de saint Maudez', se trouve sur une point culminant de la commune de Lanmodez.

  • 20082213845A0B : Archives départementales des Côtes-d'Armor.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/22, Numplan 1.

    20092205278NUCB : Collection particulière

    20082213728NUCB : SRI Bretagne

Références documentaires

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/22. Plan par masse de culture de 1827.

Bibliographie
  • BARBIER, Pierre. Le Trégor historique et monumental. Saint-Brieuc : Presses bretonnes, 1960.

    p.
  • BARBIER, Pierre. Les vestiges monastiques des îles de l'embouchure du Trieux : l'île Saint-Maudez et l'île-Verte. Les Presses Bretonnes, Saint-Brieuc, 1952.

  • LA BORDERIE (DE), Arthur. Histoire de Bretagne, Tome 1.

    p. 363
  • LUCAS, Yves. le culte de saint Maudet et de Saint Rion. Vannes : Imprimerie Lafolye, 1893 extrait de la Revue historique de l'Ouest.

    p.
Périodiques
  • Le serpent en Trégor, langue bretonne et traditions populaires ; in Mémoires de la Société d´Emulation des Côtes-du-Nord, tome CXIX, Saint-Brieuc 1991.

    pp. 61-81