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Ecart du Fret (Crozon)

Dossier IA29004077 réalisé en 2006

Fiche

AppellationsLe Fret
Parties constituantes non étudiéesmaison
Dénominationsécart
Aire d'étude et cantonBretagne - Crozon
AdresseCommune : Crozon

L´écart du Fret est situé sur le littoral nord de la commune de Crozon. C´est en fait un petit port implanté au fond d´une anse aux eaux profondes (l'anse du Fret), abritée à l´ouest par l´Île Longue et largement ouverte sur la partie méridionale de la rade de Brest. Le site est constitué d´une lagune barrée par un cordon de galets située en arrière d´un pointement rocheux sur lequel s´est établi le port. Dans la première moitié du 19e siècle, le lieu ne compte qu´une dizaine d´habitations. La population se concentre dans le petit hameau rural de Kervéden, au-dessus du Fret. Lors du recensement de 1926, Le Fret a 148 habitants. Les hommes sont pêcheurs ou commerçants. En 1954, sa population atteint 184 personnes et les actifs travaillent alors essentiellement dans le commerce et à l´arsenal de Brest. Aujourd´hui, la population du Fret peut être estimée à une centaine d´habitants. Le site portuaire n´a pratiquement plus d´activité et n´est faiblement animé que durant la belle saison, au moment de l´arrivée du bateau assurant la liaison quotidienne avec Brest. Depuis la fin du 18e siècle (date de création du port militaire de Brest), Le Fret est totalement dans l´orbite du grand port militaire du Ponant qui s´y approvisionne en farine et en chaux (gisements affleurants de calcaire aux alentours). En retour, il expédie les marchandises indispensables aux habitants de la presqu´île (bois, charbon...). A partir du milieu du 19e siècle et jusqu´au milieu du 20e siècle, Le Fret devient un port à part entière et non plus un simple lieu de transbordement, comme c´était le cas jusque-là, car l´économie de la presqu´île s´est développée et diversifiée. Le Fret assure alors pendant un siècle (1850-1950) une triple fonction portuaire de cabotage, de pêche et de transport de passagers. Port de cabotage : le Fret reçoit des blés importés de Brest et réexpédiés sous forme de farine après transformation des grains par les moulins des alentours (moulins à vent principalement et moulin à marée du Fret). Le Fret continue à importer des produits pour la consommation des habitants de la presqu´île (bois, houille, alcool, sel...). En retour, sont exportés des grains, des pommes de terre et du poisson. Port de pêche : la pêche de la sardine et la drague des huîtres dans la rade prennent à cette époque une place prépondérante dans l´activité du port. Port de transport de passagers : au Fret, les touristes débarquent de plus en plus nombreux. Ils arrivent de Brest et se dirigent vers Morgat et secondairement Camaret. Débarquent également des militaires (personnel des forts et batteries) et des maçons, pour la construction des infrastructures militaires et portuaires qui se multiplient. Dans la seconde moitié du siècle, pour faire face au trafic, des lignes régulières de vapeurs relient Brest au Fret. C´est à cette époque qu´une cale, des quais et un môle sont réalisés. Au début 20e siècle, le port connaît son apogée. Les pêcheurs locaux se lancent dans des pêches plus rémunératrices : celle de la langouste et de la coquille Saint-Jacques. Le Fret devient aussi un port de construction navale réputé : quatre chantiers sont en activité localement et se spécialisent dans la construction de langoustiers et de coquilliers (à mettre également en relation avec l´essor de la pêche à Camaret). Enfin, l´intérêt économique du port de transbordement du Fret pour la presqu´île est affirmé en 1923 avec l´arrivée du chemin de fer sur les quais (ligne de Châteaulin-Camaret), pour assurer les exportations de la production agricole (grains, pommes de terre), de la pêche et surtout pour faciliter les communications lors de la période estivale. Aujourd´hui, Le Fret est endormi et le site ne connaît qu´un léger regain d´activité lors de la saison touristique. Les difficultés d'accostage à marée basse de vives eaux limitent le développement du trafic de passagers. Pourtant, sur le plan patrimonial, cet écart présente un intérêt notable car une partie des héritages de son histoire maritime est encore visible et, dans l´ensemble, ceux-ci sont peu remaniés (gare, villas, hôtels, infrastructures portuaires, digue et écluse de l´ancien moulin à marée). D´autres héritages sont en sursis, comme les cabanes du dernier chantier naval en place (chantier Stipon) et le cimetière de bateaux du sillon.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Malgré sa modestie, l´écart du Fret comprend trois zones bien distinctes (document 2) : un front portuaire, un front de mer résidentiel au nord-ouest et le sillon de galets au sud-est, sur lequel étaient installés plusieurs chantiers navals.

Annexes

  • ENQUETE DE PERCEPTION DU PATRIMOINE MARITIME CULTUREL DU FRET

    I DEROULEMENT DE L´ENQUETE

    I-1 La collecte des données

    Au Fret, l´enquête s´est déroulée entre le 25 avril et le 6 juin 2007. Cinquante personnes ont été interrogées durant cette période, à raison d´une dizaine de questionnaires par jour. L´enquête a été menée de façon aléatoire dans les commerces et lieux publics de la commune (essentiellement sur le front portuaire). Ainsi nous avons pu interroger, des personnes de différentes catégories socioprofessionnelles tels que des commerçants, employés du secteur public ou privé, artisans, sans emplois, étudiants, retraités, etc.

    Les commentaires et « états d´âme » des personnes interrogées ont été consignés au fil des questionnaires.

    I-2 Constitution du groupe interrogé

    Les personne qui ont été enquêtées sont des acteurs de la commune : les habitants de l´écart et ceux qui y travaillent (à l´année ou ponctuellement tels que les artisans sur les chantiers). Ainsi nous avons pu interroger, des personnes de différentes catégories socioprofessionnelles tels que des enseignants, commerçants, employés du secteur public ou privé, artisans, sans emplois, étudiants, retraités, etc. Nous avons choisi de ne pas interroger les promeneurs, afin de connaître l´opinion de ceux qui ont leur mot à dire dans la gestion, l´aménagement et l´entretien de la commune. Nous avons également interrogé quelques résidants secondaires pour avoir une idée de leur opinion sur le sujet. Ainsi, notre échantillon ne se veut pas représentatif mais va donner un ordre d´idée et des avis relativement exhaustifs sur les éléments considérés.

    Composition de la population interrogée au Fret :

    Résidants principaux 43 (86 %)

    Travailleurs extérieurs 5 (10 %)

    Résidants secondaires 2 (4 %)

    TOTAL 50

    A noter : le pourcentage des résidants secondaires ne correspond pas à la réalité car ils sont plus difficiles à joindre du fait de la période creuse et difficiles à identifier. Même si leur proportion est forte dans la commune, ils ne sont pas vraiment des acteurs majeurs. Le correctif a été établi avec les travailleurs extérieurs.

    II DEGRE DE RECONNAISSANCE PATRIMONIALE DE LA POPULATION ENQUETEE

    Afin de faire figurer les résultats de cette enquête dans les fiches d´inventaire, deux champs ont été crées : le « degré de reconnaissance patrimoniale de la population enquêtée » (DREC) et un ou des « avis de gestion selon le groupe enquêté ».

    Après avoir établi ce classement des éléments les plus cités, il a fallu établir des seuils pour déterminer le degré de reconnaissance de chaque élément. Cinq degrés de reconnaissance ont été définis : presque unanimement cité, souvent cité, moyennement cité, peu cité et jamais cité :

    Seuils pour le champ "Degré de reconnaissance patrimoniale par le groupe enquêté"

    75 % ou plus de personnes ayant cité l´élément dans au moins une question : Presque unanimement cité

    50 à 74 % de personnes ayant cité l´élément dans au moins une question : Souvent cité

    25 à 49 % de personnes ayant cité l´élément dans au moins une question : Moyennement cité

    1 à 24 % de personnes ayant cité l´élément dans au moins une question : Peu cité

    0 personne ayant cité l´élément dans au moins une question : Jamais cité

    Ainsi, au Fret, un seul élément est presque unanimement cité, il s´agit du chantier Stipon, 3 sont souvent cités (le front portuaire, le cimetière de bateaux et la Tour), six sont moyennement cités, huit sont peu cités et cinq jamais cités (voir documents 3 et 4).

    III AVIS DE GESTION SELON LE GROUPE ENQUETE

    La population veut que la politique de destruction actuelle s´arrête (destruction de l´Harmattan, des parcs à coquillages...). Au contraire, il faut utiliser les bâtiments existants, en encourageant la rénovation et en étant attentif à la cohérence architecturale de l´ensemble. La population propose la création d´un petit musée et d´animations sur le patrimoine maritime du Fret. La réalisation d´une promenade autour de l´étang facilitera la mise en place de visites guidées sur le patrimoine maritime naturel et culturel du Fret. Enfin, l´amélioration de l´arrivée (par route) sur le port, le nettoyage de la grève et la mise en place d´équipements, par exemple des bancs et des poubelles, sont nécessaires pour renforcer l´attrait du Fret.

    Lénaïg L´Aot.

  • 20082908365NUC : Fonds Géomer, Non coté.

    20082908366NUC : Fonds Géomer, Non coté.

Références documentaires

Bibliographie
  • BONNEAU, Marie-Françoise. Le Port du Fret, de 1845 à nos jours. Spezet : éd. Keltia Graphic, 1995.

    p. 9
  • Site Internet www.infobretagne.com/crozon.htm. Consultation : décembre 2006.

  • Site Internet www.insee.fr . Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques. Consultation : janvier 2007.

Périodiques
  • CELARIE, Martine. Les 30 années glorieuses du port du Fret. Au temps des coquilliers. Crozon : Le Presqu´îlien, juillet-août 2000, n° 77.

    p. 46-47