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Ecart de Saint Yves - Chef du Pont - Kerverder (Langoat - La Roche Derrien)

Dossier IA22132068 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Saint-Yves - Chef du Pont ("Penn ar Pont" en breton) - Kerverder et Coat Guigour : écart historique aux constructions très denses, situé à l'extrémité de l'estuaire du Jaudy au pied de La Roche Derrien. C'est le point de franchissement du cours d'eau par un pont reconstruit au 19e siècle. Une partie de cet écart, autrefois rattachée à la commune de Langoat a été concédée à la commune de La Roche Derrien par la loi du 24 juillet 1839 afin "de soumettre les habitants à une seule et même administration" ; "nécessité de l'octroi, les exigences de la police et les intérêts commun d'une population agglomérée". Aujourd'hui, la limite entre La Roche Derrien et Langoat est matérialisée par le Jaudy comme le montrent les limites administratives de l'Institut géographique national. L'implantation du panneau routier « La Roche Derrien » à Crec'h Gaillard pose cependant question.

Selon Henri Frotier de la Messelière dans son article sur le Regaire de Tréguier : "Chef-du-Pont, commandant le passage du Jaudy, fut un manoir avec chapelle, relevant du Comté de Guingamp et du Regaire de Tréguier. Sa vaste juridiction s'étendait en Brélidy, Coatascorn, Guénézan, Hengoat, Lanmodez, Pédernec, Pleubian, Pluzunet, Pommerit-Jaudy, Prat, la Roche-Derrien et Trézélan, dans le Comté de Guingamp, en Berhet, Langoat, Mantallot, Le Minihy-plou-lan-Tréguier et Prat, dans le fief épiscopal. Cette importante seigneurie fut possédée par les familles de Coëtmen [15e siècle], d'Acigné [vers 1544], de Coëtquen, Le Carme [vers 1567], de Crézolles, de Cleuz [vers 1611], du Halegoët [1623], du Cambout [1698], Crozat de Thiers [1714], de Béthune et de Broglie". Le manoir de Kerverder a appartenu à la famille homonyme au 16e siècle ; on trouvait une chapelle dédiée à Saint Yves et un colombier situé plus au sud-est le long du Jaudy (détruit après 1836).

Une petite agglomération s'est développée sur cet ancien lieu noble ; au Moyen Age, les seigneurs de la Roche assuraient la protection des navires marchands contre la perception d'un "droit d'ancrage".

L'agglomération a sensiblement peu évolué depuis l’établissement du cadastre en 1836 : une croix, un grand édifice de plan circulaire (le colombier du manoir de Kerverder) et une petite dizaine de maisons ont cependant disparu... Des maisons (sur la commune de La Roche-Derrien), vraisemblablement de négociants : maisons à porte charretière avec cour, remise et quais datables de la 2e moitié du 19e siècle, ont cependant été construites en alignement le long du Jaudy après cette date. Côté Langoat, l'usine Thas (en référence au Patronyme), installée à Crec'h Gaillard a été créé en 1928 ; elle a employé jusqu'à 80 ouvriers pour séparer la filasse de lin et l’étoupe du reste de la tige. Elle a fermée en 1952.

Cet écart concentrait anciennement l'activité des chiffonniers ou "pilhoueriens" ; une signalétique sur ce thème a été mise en place (La communauté des chiffonniers). Selon Jean Le Grand de Langoat : "Ils sont près de 300 à quitter leur quartier pour parcourir la campagne. Ils étaient mal considérés du reste de la population en raison de l'itinérance liée à leur métier. On trouve également des couvreurs, menuisiers et lavandières".

Saint-Yves – Chef du Pont est un ancien pôle d’attractivité où l'on trouve : maisons de négociant, hôtels, débits de boisson, restaurants... établissements malheureusement quasiment tous fermés. A la fin du 20e siècle, l'urbanisation linéaire court vers le sud, le long de la route vers Crec'h Gaillard, et a rempli les "dents creuses" ; elle aujourd'hui semble stabilisée.

Parties constituantes non étudiées quai
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Langoat
Lieu-dit : Saint Yves Chef du Pont, Adresse : ,
Cadastre :

Période(s) Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle , (?)
Secondaire : 19e siècle, 20e siècle, 1er quart 21e siècle
Dates
Statut de la propriété propriété de la commune
propriété privée
Protections

Annexes

  • L'industrie textile du lin à Langoat

    Avec la Roche-Derrien, Langoat est un des centres d'industrie du lin jusqu'aux années 1950. Selon, Jean-Yves ANDRIEUX (1990), il est cependant très difficile de cerner la population qui vivait du lin dans le Trégor : selon le recensement de 1936 de la commune de Langoat (alors 1435 personnes), 4,4 % des individus (soit 63) sont désignés comme "teilleurs de lin". A La Roche-Derrien, c'est seulement 2,1 % de la population soit 21 individus. Il explique cela par le fait que le teilleur habitait plus la campagne que le bourg et qu'il s'agissait avant tout d'entreprises à caractère familial dominées cependant par quelques négociants locaux contrôlés par des entreprises nordistes. Les négociants se chargeaient de l’approvisionnement en graine de lin mais aussi de la vente de la filasse. Le teilleur de lin du Trégor restait lui absent du marché.

    Dès 1922, une machine à vapeur est utilisée au teillage du moulin de Kersaliou à Langoat. Ces établissements industriels étaient considérés comme dangereux et insalubres (AD 22, Répertoire numérique de la sous-série 5 M. Santé publique et hygiène). A Langoat, deux établissements étaient spécialisés dans le teillage à sec. L'usine Thas (en référence au Patronyme), installée à Crec'h Gaillard a été créé en 1928 ; elle a employé jusqu'à 80 ouvriers avec l'aide d'une teilleuse à turbines mue par une machine à vapeur alimentée par les déchets de lin.

    En 1940, 36 entreprises de teillage sont recensées dans l'arrondissement de Lannion. Quatorze petites communes du Trégor concentre l'activité industrielle liée à la transformation et la valorisation du lin. C'est 8,5 % de l'économie du département et 6 % de l'emploi. A Langoat, on dénombre 12 teilleurs et l'entreprise Thas ; à Minihy-Tréguier : 5 teillage et une important entreprise qui emploie plus de 100 ouvriers.

    L'établissement Le Corre a été créé en 1948. La même année est créée l’établissement Pezron qui fait du teillage ambulant. L'usine Thas a fermée ses portes en 1952.

    En raison de trop faibles rendements et de la mauvaise qualité de la paille de lin, la Bretagne a cessé de cultiver du lin au début des années 1960.

    En 2013, Louis Thomas (ancien agriculteur âgé de 92 ans), Jean Josse (ouvrier au teillage Thas), Daniel et Monique Gouriou, Michèle Cariou, Marie-Paule Crec'hriou et Paul Bonifay ont partagé leur savoir-faire sur le lin à La Roche-Derrien.

    Aujourd'hui, la France (de la Normandie aux Flandres) est le premier producteur de lin au monde.

Références documentaires

Documents d'archives
  • ARCHIVES DEPARTEMENTALES DES COTES-DU-NORD. LAMARE, Jules. Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Archives civiles - série A à E. Saint-Brieuc, 1869.

Bibliographie
  • LE GRAND, Jean. (Association "Vivre à Langoat"). De la terre à la source. Runan, 2002, 152 p.

  • KERVELLA, Divi. (Association "Vivre à Langoat"). Langoat et ses noms de lieux. Brest, 2010, 113 p.