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Demeure dite malouinière de la Picaudais (Saint-Père-Marc-en-Poulet)

Dossier IA35045679 réalisé en 2006

Fiche

Selon les registres de Réformation de la noblesse, la terre de la Picaudais est occupée dès le début du 16e siècle par une famille du Val. Mentionné en 1513, le site est vendu à la famille Lejar, qui fait construire, aux alentours des années 1550, un premier logis dont il subsiste aujourd’hui de rares vestiges, comme la cheminée de la cuisine.

L’édifice actuel fut probablement construit dans la deuxième moitié du 17e siècle, en enveloppant l’ancien logis du 16e siècle. Une chapelle est également construite sur le domaine, dédiée en 1695 à la Vierge Marie, Saint Roch et Saint Sébastien. Cet oratoire privé, privilège de la noblesse, est détruit à la Révolution.

La façade antérieure, dont la travée axiale en ressaut est couronnée d’un toit à l’impériale en ardoise, évoque les hôtels urbains de Saint-Malo du 17e siècle, comme l’hôtel Désiles ou encore ceux de la place des Lices à Rennes.

Du 17e siècle encore subsiste à l‘intérieur un escalier en charpente, rampe sur rampe avec des balustres tournés en forme de quilles. L’usure de ses marches et les moulures, témoignent de son ancienneté.

Selon la tradition orale, Vincent Perré Delacroix et Guillaume Ruffier, tous les deux de Saint-Servan, réalisent de nouveaux travaux entre 1727 et 1731 pour Jean Hérisson, nouveau propriétaire. Celui-ci, d’origine malouine, était issu d’une famille d’armateurs de bateaux pour la Chine. Il fait réaménager le décor intérieur de sa demeure. Au rez-de-chaussée, le petit salon de l’entrée présente un beau dallage de marbre et des boiseries, dont les angles arrondis et les menuiseries délicates témoignent du raffinement du 18e siècle.

A la fin du 19e siècle, une nouvelle période de rénovation entraîne une restauration de la toiture, comme en témoignent les épis de faîtage des pavillons d’angle et les nouvelles lucarnes du toit.

Enfin, la récente rénovation a restitué en faux appareil, c’est-à-dire en enduit imitant la pierre, les bandeaux horizontaux de séparation des étages, visibles sur les anciennes photos du logis.

Précision dénominationmalouinière
Parties constituantes non étudiéespuits, ferme, vivier, fossé
Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonIlle-et-Vilaine - Châteauneuf d'Ille-et-Vilaine
AdresseCommune : Saint-Père-Marc-en-Poulet
Lieu-dit : la Picaudais
Cadastre : 1982 A3
D'après la tradition orale, cette demeure a été construite entre 1727 et 1731 par deux architectes de Saint-Servan : Vincent Perré Delacroix et Guillaume Ruffier, pour Jean Hérisson. La famille Hérisson était une famille de Saint-Malo, d'armateurs de bateaux pour la Chine. La toiture du bâtiment semble avoir été refaite et légèrement surélevée au cours de la deuxième moitié du 19e siècle comme l'indiquent, notamment, les cheminées en brique jaune. D'après P.-J. Yvon, la demeure est environnée de vingt hectares de bois. On peut qualifier de malouinière ce bâtiment car il rassemble des éléments caractéristiques de ces demeures : plan rectangulaire, huit travées, chaînes d'angle, encadrement des baies, bandeaux, corniche en pierre de taille de granite, maçonnerie de moellon enduit, lucarnes et oculi à l'aplomb de certaines travées, toit à forte pente, hautes cheminées à épaulements. Sur le cadastre de 1848 est représentée une aile perpendiculaire au nord de la demeure. Elle n'existe plus. Peut-être a-t-elle été détruite lors de la réfection de la toiture de la demeure ? Sur le cadastre de 1809 est figuré un colombier, détruit avant 1848 car il n'est plus représenté sur ce cadastre. Il existait également une chapelle, détruite pendant la Révolution. Dans son ouvrage sur la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet, datant du début du 20e siècle, Théodore Chalmel mentionne cette propriété de la manière suivante : Autour de l'édifice se trouvent les dépendances délabrées, la métairie noble, la basse-cour, les bois, taillis et garennes, le vivier.. Il précise qu'en 1754, il existait une chapelle. Il la décrit ainsi : Cette chapelle domestique avoisinait l'ancien manoir. Elle était dédiée à la Mère de Dieu, invoquée sous le nom de Notre-Dame de la Picaudays. Deux autels y étaient consacrés : l'un à Saint Roch, l'autre à Saint Sébastien..
Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Secondaire : 16e siècle, 17e siècle
Dates1727, daté par travaux historiques, daté par tradition orale
Auteur(s)Auteur : Perré Delacroix Vincent architecte attribution par tradition orale
Auteur : Ruffier, Guillaume architecte attribution par tradition orale

Une rabine, située à l'ouest de la demeure, aboutit au portail d'entrée. Après avoir franchi les douves, on arrive à la cour. La demeure, de plan rectangulaire, mesure 30 mètres de long et 7 mètres de large. Elle est simple en profondeur. L'encadrement des baies, les chaînes d'angle, les bandeaux et la corniche sont en pierre de taille de granite. Le reste de la maçonnerie est enduit. Chaque façade se compose de huit travées. Le bâtiment s'élève sur trois niveaux : rez-de-chaussée, étage carré et étage de comble éclairé par des lucarnes et des oculi. Les toits à pavillon, à chaque extrémité, évoquent des avant-corps latéraux et le couronnement à l'impériale suggère un avant-corps central. Le toit, couvert en ardoise, possède de nombreuses cheminées en brique, hautes et parfois à épaulements. Au rez-de-chaussée, le sol du vestibule est en marbre de Carrare ; les pièces sont en enfilade. La demeure est partiellement entourée de douves empierrées. Au sud-ouest, accolé à celles-ci, se trouve le vivier. Au nord de la demeure se tient l'ancienne métairie ; au sud se situent les celliers et le fournil. Face à l'élévation sud se trouve le jardin clos de mur. Au nord-est se trouve l'ancienne métairie.

Mursschiste
granite
enduit
moellon
pierre de taille
Toitardoise
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • 20063516157NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20063516158NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Saint-Père-Marc-en-Poulet. Section A, dite de la Picaudais. 2e feuille. S.d., échelle 1/2500e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

  • Saint-Père-Marc-en-Poulet. Section A, dite de La Picaudais, en quatre feuilles, 3e feuille, du n° 163 au n° 251. [1848], échelle 1/2000e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    p. 71 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARRIE, Roger, RIOULT, Jean-Jacques, INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Les malouinières - Ille-et-Vilaine. Rennes : Association pour l'Inventaire Bretagne, 1997, (Images du patrimoine, n°8).

    p.
  • CHALMEL, Théodore. Saint-Père-Marc-en-Poulet. Rennes : SIMON, 1931, rééd. Rennes : Recto Verso, 1983.

    p. 292-294 ; 442-443
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    p. 223 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • YVON, Pierre-Jean. Malouinères - Manoirs et demeures du Clos Poulet. Brest : Le Télégramme, 2005. ISBN 2-84833-140-2.