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Couvent de Carmes Déchaussés, place Théodore Decker (Vannes)

Dossier IA56006030 inclus dans Faubourg de Kaër (Vannes) réalisé en 2008

Fiche

  • Vue générale.
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  • Parties constituantes

    • jardin
    • cloître
    • chapelle
    • cour
    • enclos
    • portail

Dossiers de synthèse

Au XVIIe siècle, le renouveau spirituel lié à l´élan de la réforme catholique, engendre la multiplication des établissements conventuels en milieu urbain. Vannes n´échappe pas à cette règle. La fondation du couvent des Carmes déchaussés situé dans le quartier du port participe à la modification du paysage religieux et urbain de la première moitié du siècle.

L'étude de l'abbé Le Mené nous révèle qu'à l'origine de cet établissement figurent le président du présidial de Vannes, Jean Morin seigneur du Bois-de-Tréhan, et son épouse, qui offrent aux Carmes leur maison bâtie sur la rive droite du port dans le faubourg de Kaer. Parmi les six religieux venus s´installer à Vannes en juin 1627, se trouve l'un des fils des époux Morin. La construction d´une chapelle débute deux ans plus tard. La première pierre est posée le 3 mai 1629 par le prince de Condé, Henry de Bourbon, et bénie par l´évêque Sébastien de Rosmadec. La commande d'un retable pour l'autel majeur en 1666 marque sans doute l'achèvement de la chapelle. Parallèlement, l´édification du couvent commence, organisé autour d´un cloître à quatre galeries dont l´une est adossée à la chapelle placée au nord où se trouvait la bibliothèque, tandis que le dortoir et son oratoire occupaient l'étage des ailes ouest et sud. La pose du retable entraine d'après les marchés et l'examen des lieux, le déplacement du choeur vers l'est ; le premier choeur est transformé en sacristie à laquelle on accède par deux portes placées de chaque côté du retable.

Au XVIIIe siècle, d´autres aménagements sont réalisés : création d´un petit cimetière à l´est du couvent, c´est à dire immédiatement devant l´entrée actuelle du cloître et reconstruction de la nef de la chapelle primitive. L´entrepreneur et « maître constructeur » Bertrand Le Hen dirige les travaux achevés en 1737 comme l´indique le millésime sculpté sur la façade principale de l´église.

En 1791 les Carmes déchaussés de Vannes sont expulsés et leurs biens confisqués. Le mobilier et une partie de l'immobilier sont vendus biens nationaux. Seuls le couvent et les terrains ne trouvent pas d'acquéreur et la chapelle sert temporairement de dépôt pour la Marine. En 1802 l´évêque concordataire monseigneur de Pancemont se fait accorder l´ensemble. En 1828, les travaux initiés par Brunet-Debaines sont entrepris mais interrompus l'année suivante. Ils concernaient la réparation du lambris de la voute de la nef, la cloison de bois séparant la charpente de la nef de celle du choeur, le plafond du choeur primitif, la quasi totalité du dallage intérieur et le mur circulaire du fond du choeur remodelé par la construction de colonnes et d'une voute en forme de coupole en plâtre. Le projet est repris par Charier entre 1863 et 1869. Des travaux déjà réalisés dans le choeur par Brunet-Debaines, seul est conservé le mur circulaire ; le reste du décor est démoli. L´évêché occupe les lieux jusqu´à la Séparation de l´Eglise et de l´Etat, avant que la ville n´en reprenne la totale jouissance y installant tour à tour le musée, un cours d´enseignement général, puis l´école de musique en 1979. Quant aux anciens jardins, ils laissent place au parc des sports.

La chapelle des Carmes sert désormais d´auditorium à l´école de musique.

Genre de carmes déchaussés
Destinations conservatoire
Parties constituantes non étudiées jardin, cloître, chapelle, cour, enclos, portail
Dénominations couvent
Aire d'étude et canton Vannes
Adresse Commune : Vannes
Adresse : place Théodore Decker
Cadastre : 1980 BT 120, 434

Le couvent des Carmes déchaussés, branche des Carmes qui suivait les enseignements de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix, fut fondé en 1627. A l'origine de cet établissement conventuel figure Jean Morin, seigneur du Bois-de-Tréhan et président du présidial de Vannes qui, avec son épouse, offrent aux carmes leur maison bâtie sur la rive droite du port dans le faubourg de Kaër, en face de la chapelle Saint-Julien. L'édification du couvent commence après la construction de la chapelle dont la première pierre est posée en 1629 par le prince de Condé, Henry de Bourbon et bénie par l'évêque Sébastien de Rosmadec. Achevée vraisemblablement en 1666 lorsque les carmes commandent un retable pour l'autel majeur. On note à cette occasion le déplacement du choeur d'est en ouest, placé contre le mur diaphragme condamné à cet effet et transformant l'ancien choeur en sacristie. Subsiste la tour clocher de la chapelle d'origine. Au 18e siècle, un petit cimetière est réalisé et la nef de la chapelle primitive reconstruite. Les travaux dirigés par Bertand Le Hen dit Le Sausse (entrepreneur) sont achevés en 1737 (date portée sur l'élévation est de la chapelle). Les bâtiments s'organisaient autour d'un cloître à quatre galeries, au lieu de trois aujourd'hui. En 1791, les carmes sont expulsés et leurs biens confisqués. En 1802, l'évêque concordataire Monseigneur de Pancemont se fait accorder l'ensemble. L'évêché s'y installe jusqu'à la Séparation de l'Eglise et de l'Etat période pendant laquelle l'aile nord du cloître est surélevée et les baies de la nef condamnées. De cette période date aussi le percement en toiture de quatre lucarnes et la modification des ouvertures aux entourages en pierre blanche. Concernant la chapelle, l'architecte Philippe Brunet-Debaines entreprend des travaux interrompus l'année suivante et repris en 1863 par Marius Charier, architecte diocésain : conservation du mur circulaire du choeur de Brunet-Debaines, aménagement du choeur et de la voute de plâtre de la nef. Ces travaux ne seront terminés qu'en 1869. La ville reprend ensuite le couvent et y loge tour à tour le musée, un cours d'enseignement général et l'école de musique. Les jardins du couvent ont en partie été aménagés en Parc des Sports. En 1997, la ville décide l'aménagement d'un auditorium dans la chapelle des Carmes, inauguré en 2003. On choisit de démolir le choeur 19e siècle, aménagé en 1863-1868, à l'initiative de Monseigneur Bécel et de mettre à jour des vestiges du 17e siècle.

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates 1627, daté par source
1737, porte la date
1869, daté par source
2003, daté par source
Auteur(s) Auteur : Le Hen Bertrand, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Champigneulle, maître verrier, attribution par source
Auteur : Brunet-Debaines Philippe, architecte, attribution par source
Auteur : Charier Marius, architecte, attribution par source

Le couvent est construit en granite avec utilisation de la pierre blanche pour les fenêtres, les larmiers et la corniche. Il s'organise aujourd'hui autour d'un cloître à trois galeries aux arcades en plein cintre reposant sur des piles quadrangulaires. Le cloître est surmonté d'un étage carré et d'un étage de comble percé de lucarnes. La cage d'escalier, dans l'aile sud comprend un escalier en maçonnerie à retour sans jour. La chapelle orientée à l'est vers le port présente son élévation principale en pierre de taille de granite avec bas-côtés, l'ensemble se terminant par un fronton cintré interrompu. La façade montre un décor sobre de type classique.

Murs granite
calcaire
moellon
pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan carré régulier
Étages 1 étage carré, étage de comble, 3 vaisseaux
Couvertures toit à longs pans
croupe
noue
pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Techniques sculpture
vitrail
Représentations saint Jean chronogramme volute pilastre armoiries enroulement
Précision représentations

Au-dessus du portail d'entrée de la chapelle figure un vitrail de saint Jean réalisé en 1912 par les ateliers parisiens Champigneulle. La façade de la chapelle offre un décor de niches, de pilastres ornés de châpiteaux avec superposition des ordres. Le fronton est agrémenté de volutes à sa base. Les bas-côtés sont surmontés d'enroulements. Sur la façade nord de la chapelle figure les armes des de Francheville, famille prééminente et dont certains membres furent enterrés dans la chapelle.1737 est la date d'achèvement de la nef sculpté sur la façade de la chapelle.

Les travaux d'aménagement de l'auditorium dans la chapelle des Carmes ont permis de mettre à jour les vestiges 17e siècle de la chapelle avant les travaux engagés au 19e siècle par l'Evêché.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • Sources iconographiques

    20075605797NUCA : Bibliothèque de Rennes-Métropole

    19985600378XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C 704/01.

    19985600385XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C704/11. Fonds de l'Intendance.

    19985600427XB : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 95.

    19985600371XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C704/10.

    19985600424XB : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 88, 1.

    19985600416XB : Archives départementales du Morbihan, 53 J 5.

    19975601236X : Archives municipales de Vannes

    20015604408NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

    19975601207XA : Archives municipales de Vannes

    20015600231XA : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 276.

    20052905131VC : Drac Bretagne, SRI, Rennes, Fonds Villard.

    20075605458NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 Fi 262/801.

    20075605388NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 Fi 262/803.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan 47H1-17. Fonds de l'ancien couvent des Carmes Déchaux de Vannes.

    Archives départementales du Morbihan : 47H1-17
  • A. M. Vannes. 1M 197. Bâtiments communaux, aménagement de locaux de l'ancien Evêché en musée-bibliothèque, 1909-1932.

    Archives municipales de Vannes : 1M 197
  • A. M. Vannes. 2M 200. Bâtiments communaux dont ancien Evêché 1909-1914.

    Archives municipales de Vannes : 2M 200
  • A. M. Vannes. 4M 203. Bâtiments communaux, aménagement de locaux de l'ancien Evêché en musée-bibliothèque, 1909-1932.

    Archives municipales de Vannes : 4M 203
  • A. M. Vannes. 5N 214. Biens nationaux de première ligne, ancien couvent des Carmes déchaux, 1790-1809.

    Archives municipales de Vannes : 5N 214
Documents figurés
  • A. D. Morbihan. 93 J 1. Truscat en Sarzeau : plan de la nouvelle chapelle des Carmes déchaussés de Vannes et l'emplacement réservé aux enfeux et pierres tombales des Francheville 1735.

    Archives départementales du Morbihan : 93 J 1
  • A. D. Morbihan 1Fi 276. Plan de l'église, cloître et maison des Carmes, à Vannes, 1791.

    Archives départementales du Morbihan : 1Fi 276
  • A. D. Ille-et-Vilaine C704/11. Fonds de l'intendance. Plan du port de Vannes. 2e moitié 18e siècle.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C704/11
  • A. D. Morbihan. 53J5. Port de Vannes. Signé de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Riou, daté du 8 octobre 1812. Ce plan, qui semble appartenir à une série de la même époque, illustre les réflexions des Ponts-Chaussées quant aux aménagements à entreprendre dans le port sous le Premier Empire. Il est réalisé deux années après que fut repris, puis définitivement abandonné, le percement de la butte de Kerino commencé par les Etats de Bretagne à la fin de l'Ancien Régime. Deux projets figurent sur le plan. Le premier date du 7 août 1811 et est visé par le préfet le 23 janvier 1812 ; le second date du 8 octobre 1812. Il n'a reçu ni le visa préfectoral ni l'approbation du directeur général des Ponts et Chaussées. Les projets ne sont effectivement pas réalisés sous cette forme. Le projet était ambitieux, puisqu'il envisageait un élargissement de l'ensemble du port. Le quai Billy, (appelé à tort quai Molé sur le plan) en amont de la rive gauche, devait être reculé de quelques mètres. En aval, la Rabine était rognée et la Santière démolie pour donner à cet endroit une largeur de 40 métres. Prévoyant le déplacement des chantiers de construction en aval de la Brulonnière, le projet envisageait une promenade plantée entre ceux-ci et le bas de la butte de Calmont. Mais surtout, il prévoyait - à peu de choses près - le percement de la butte de Kerino là où il sera exécuté en 1820. A une différence fondamentale près : sa largeur. L'ingénieur Riou lui donnait 40 mètres de large. Ainsi le canal aurait il eut la même largeur que celle envisagée pour le port à hauteur de la Santière. On remarquera que les corrections de 1812, en déplaçant légèrement le canal vers l'ouest, réduisaient considérablement les volumes à enlever. Le canal réalisé en 1820 n'a qu'une quinzaine de mètres de largeur.

    Archives départementales du Morbihan : 53J5
Bibliographie
  • DANET, Gérard. La chapelle de l'ancien couvent des Carmes Dechaux de Vannes. Etude historique et architecturale. Etude commandée par la ville de Vannes. 2000.

  • LALLEMAND, Alfred. Les origines historiques de la ville de Vannes. Imprimerie Galles. Vannes.1904.

  • LEGUAY, sous la direction de Jean-Pierre. Histoire de Vannes et de sa région. Toulouse : éditions Privat. Pays et villes de France, 1988. 320p. ; 23,5 cm.

  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p. 90
Périodiques
  • ANDRE, Patrick. La chapelle du couvent des Carmes, le berceau oublié du premier conseil général du Morbihan 1790. In Bulletin des Amis de Vannes, 2004, n°29.

    p. 26
  • DANET, Gérard. La chapelle de l'ancien couvent des Carmes Dechaux de Vannes. In : Bulletin des Amis de Vannes, 2001, n°26.

  • FRELAUT, Bertrand. La chapelle des Carmes (1737) (ancien Evêché) 1802-1907. In : Bulletin des Amis de Vannes, 1978-1979, n°4.

  • HERBAUT, Claudie. L'ancien couvent des Carmes. Fiche patrimoine. In : Bulletin municipal de la ville de Vannes.

  • LE MENE, Joseph-Marie. Les Carmes Déchaussés de Vannes . In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1895.