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Corps de garde ouest (Île-de-Batz)

Dossier IA29000803 inclus dans Ensemble fortifié (Mo 102) réalisé en 2002

Fiche

Á rapprocher de

Dénominations corps de garde
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Île-de-Batz
Lieu-dit : Pointe ouest

Situé à l'ouest de l'Île de Batz, à 20 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce corps de garde domine la partie ouest du chenal de l'Île de Batz. Datable du milieu du 18e siècle, il s'agit d'un corps de garde d'observation qui abritait les membres de la milice garde-côtes chargés de monter la garde sur le littoral. Il servait également de logement au canonnier et aux servants de la grande batterie ouest de l'île de Batz - mentionnée dès la fin du 17e siècle - et les batteries de côte dite de Beg Séac'h aménagées en 1780.

Selon l’ordonnance de 1745 de l'intendant de Bretagne Pontcarré de Viarmes dans le contexte de la Guerre de Succession d'Autriche, il est rappelé aux populations littorales l'interdiction de dégrader les corps de garde (non occupés en tant de paix) en prélevant les portes, les fenêtres et autres ustensiles. C'est pour cette même raison - éviter le pillage - que les corps de garde sont couverts en pierre. De plus, les couvertures en pierre étaient plus résistantes en cas de grand vent.

Ce corps de garde était autrefois doté d'une guérite pour une sentinelle (vers le sud-ouest) comme le montre le cadastre de 1846. Il est réutilisé comme corps de garde des douaniers au 19e siècle pour lutter contre la contrebande. Pendant la Révolution puis l'Empire, Antonio Balidar - célèbre corsaire dieppois d'origine portugaise aurait utilisé ce corps de garde comme logement selon Édouard Corbière.

En contrebas du corps de garde vers le sud, l'ancienne batterie de l'époque vaubanienne a été remplacée en 1862 par un corps de garde crénelé modèle 1846/61 n° 3 (pour 20 hommes) et une nouvelle batterie de côte (pour 4 canons).

Ce corps de garde a été réutilisé durant la Seconde Guerre mondiale par les troupes allemandes tout comme le corps de garde crénelé construit en 1862 (dynamité lors de la retraite allemande en août 1944).

Appartenant à la commune de Île de Batz, ce corps de garde est désaffecté.

Période(s) Principale : milieu 18e siècle
Secondaire : 19e siècle

Édifice situé au nord d'une parcelle délimitée par des blocs de granite de dimensions variables. Bâtiment de plan rectangulaire (8 m x 6,5 m), voûté, construit en maçonnerie de moellon de granite. Unique porte à linteau droit percée dans la façade orientée vers le sud-sud-ouest ; deux fenêtres percées dans la façade nord-nord-est. Entourage des ouvertures en pierre de taille de granite.

Si il était vraisemblablement couvert en pierre de taille, le corps de garde est aujourd'hui simplement couvert par un enduit en ciment.

A l'intérieur, unique pièce voûtée et enduite. La cheminée est encadrée de chaque côté par une niche murale. La souche de cheminée située sur le pignon sud a disparu.

Propriété communale, l'édifice est dans un mauvais état sanitaire.

Murs granite moellon
Toit granite en couverture, ciment en couverture
Étages rez-de-chaussée
Couvertures
Typologies corps de garde d'observation
États conservations désaffecté
Mesures l : 8.0 m
la : 6.5 m
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre

Annexes

  • 20042903409NUCA : Archives Départementales, Ille-et-Vilaine, C Fi 1146-02. Corps de garde des côtes de Bretagne, 1718-1745.

  • Description du corsaire Antonio Balidar par Édouard Corbière (1838)

    "Le capitaine Balidar était un assez beau garçon, quoique assez petit de taille, d'une figure large, ouverte, et d'une mobilité d'expression peu ordinaire. Je remarquai que ses yeux admirablement fendus sous leurs sourcils fortement dessinés, étaient recouverts par des cils noirs et lisses, de la longueur d'un demi-pouce au moins. Je n'étais pas alors phrénologiste. Il n'était, au surplus, à la manière des autres capitaines de corsaire, vêtu à son bord que d'un gilet rond et d'un large pantalon bleu, comme tous ses matelots. La beauté mâle de sa physionomie et l'énergie qu'il portait dans la vivacité de ses regards auraient seules suffi pour le faire reconnaître pour le capitaine du corsaire au milieu de son équipage. C'était là surtout son premier signe de distinction. Lui-même comprenait si bien, en définitive, l'influence et l'autorité que son heureuse et imposante figure devait exercer sur le moral de ses gens qu'il disait quelquefois, en se plaçant le doigt sous l’œil à la façon mimique des méridionaux, que c'était là qu'il portait ses grosses épaulettes de capitaine de vaisseau. Et en effet, comme disent les matelots, tout son monde lui obéissait à l’œil et au pouce ; et jamais la discipline maritime ne fut mieux observée au large qu'à bord des navires que commandait cet intrépide homme de mer" (Les Folles-brises, 1838, "Antonio Balidar, monographie maritime").

Références documentaires

Documents figurés
  • Corps de garde des côtes de Bretagne, 1718-1745.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C Fi 1146-02.
Bibliographie
  • YSNEL, Franck. "La défense de la Baie de Morlaix aux 17e et 18e siècles". Mémoire de D.E.A., sous la direction de Claude Nières, Rennes, 1991.

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