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Corps de garde de Bellangenêt, le Pouldu (Clohars-Carnoët)

Dossier IA29004311 inclus dans Ensemble balnéaire du Pouldu (Clohars-Carnoët) réalisé en 2008

Fiche

Dénominations corps de garde
Aire d'étude et canton Bretagne - Quimperlé
Adresse Commune : Clohars-Carnoët
Lieu-dit : le Pouldu
Cadastre : AN 195

La carte de Cassini (réalisée en 1783) mentionne, au-dessus de la plage de Bellangenêt, un corps de garde dénommé « corps de garde d´Enesbonal », du nom de la pointe sur laquelle il se situe. Depuis le 17e siècle, la Bretagne et ses arsenaux se trouvent au coeur des enjeux stratégiques du royaume de France. Le duc d´Aiguillon (gouverneur de Bretagne en 1737 puis commandant en chef de la province de 1753 à 1768) décide de fortifier la zone littorale pour protéger les ports et les places fortes. La position de Clohars-Carnoët est stratégique car il faut protéger Lorient, sa Compagnie des Indes et son arsenal. En octobre 1746, 5 000 Anglais ont ainsi débarqué dans l´anse du Pouldu afin de faire le siège de Lorient (levé sept jours après leur débarquement). Le corps de garde de Bellangenêt se trouve au coeur d´un réseau défensif hiérarchique institué au milieu du 18e siècle : un point central, par exemple une citadelle, est complété par un réseau de batteries côtières et de petits corps de garde (que l´on appelle aussi guérites) pour former un maillage dense. Ce maillage est amélioré sous la Révolution et l´Empire, au moment où la France est en guerre avec l´Angleterre. Sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848), un regain de tension avec l´Angleterre entraîne la création en 1841 d´une commission mixte de défense des côtes : les fortifications sont construites jusqu´aux années 1860 selon des modèles standard pour les batteries, casernes et surtout pour des dizaines de corps de garde (modèle 1846). L´invention en 1859 de la nouvelle artillerie rayée embarquée (plus grande portée que les précédentes pièces d´artillerie) rend le dispositif caduc car les tours et les batteries défensives sont apparentes. Il faut créer des abris sous roc. Lors de la restructuration des défenses littorales dans les années 1880, seuls les sites essentiels sont conservés et renforcés. A partir de l´Entre-deux-guerres, les seuls ouvrages défensifs militaires conservés sont ceux qui peuvent accueillir une artillerie. Les petits corps de garde n´ont plus d´utilité. Les corps de garde représentent un symbole du rôle tenu par les populations littorales dans la défense des côtes : en effet, le personnel était constitué des milices gardes-côtes recrutées parmi les habitants de la paroisse.

Période(s) Principale : 2e moitié 17e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle

Bien que transformé en habitation, ce corps de garde est conforme au modèle-type à pièce unique et couverture en pierre, que l´on retrouve dans d´autres endroits, comme à proximité du port de Merrien (sur le territoire de la commune voisine de Moëlan-sur-Mer). De plan rectangulaire (5 m par 3 m), il est construit en beaux moellons soigneusement assemblés et maçonnés. Le pignon sud présente une large fenêtre surmontée d´une cheminée surdimensionnée, la façade est, une fenêtre plus étroite et une porte en bois à l´encadrement en pierres sculptées (sans doute des pierres de récupération). La toiture à redents est constituée de blocs de pierres taillées et soigneusement assemblées en escalier. Accolé au pignon nord, un petit appentis aveugle reprend les mêmes caractéristiques de construction, bien que la couverture soit exécutée dans un style plus simple, par un assemblage de dalles en pierres maçonnées.

États conservations remanié, bon état

Données complémentaires architecture PATMAR

REFC CLC22
THPA Défense militaire des côtes
DREC peu cité
INGP intérêt de mémoire
PING Le corps de garde de Bellangenêt est un témoin de l´effort de fortification entamé sur le littoral breton au 17e siècle.
RECO Situé dans aucun périmètre de protection des Monuments Historiques, cet ancien corps de garde est susceptible de subir d´autres transformations (ajouts sur la façade notamment). Les héritages militaires, d´importance relativement secondaires, dispersés le long du littoral de Clohars-Carnoët, sont à mettre en relation avec le système de défense de la rade de Lorient. Ils sont significatifs des différentes périodes de défense militaire depuis le 17e siècle (1666 : implantation de la Compagnie des Indes à Lorient). De ce fait, ils ont une valeur pédagogique. Il est possible de mettre sur pied une valorisation légère par le biais d´un circuit de découverte pédestre axé sur la défense du territoire, en rappelant son importance (indiquer le débarquement anglais en 1746 par exemple) et en expliquant les relations entres les différents héritages (corps de garde et fort jusqu´à la fin du 19e siècle). Le corps de garde de Bellangenêt a été construit selon le modèle-type de 1846. Sa toiture à redents en pierre se retrouve pour d´autres corps de garde, comme celui de Merrien. Apposé discrètement sur la clôture, le long du sentier côtier, un petit panneau explicatif permettrait d´informer le randonneur sur l´usage passé de ce bâtiment et expliquer que ce type de corps de garde peut se retrouver sur le littoral (sur le GR 34 ou ailleurs).
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Finistère. 3 P 34/2 à /8. Matrices cadastrales de Clohars-Carnoët (1823-1957).

  • Archives départementales du Finistère. 222 W 45 à 53. Matrices cadastrales de Clohars-Carnoët (cadastre rénové : 1960-1970).

Bibliographie
  • FAUCHERRE, Nicolas. PROST, Philippe. CHAZETTE, Alain. Les fortifications du littoral. La Bretagne Sud. Editions Patrimoines et Médias, 1998.

    p. p 8-11, 109, 174-175, 226, 274-277, 230-235.