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Cité jardin de l'Office Public d'Habitations à Loyer Modéré, square Joseph-Arot (Rennes)

Dossier IA35024416 inclus dans Quartier de la rue de Lorient (Rennes) réalisé en 2000

Fiche

Si le logement individuel est une option typologique caractéristique de l´immédiat après-guerre, le parti minimaliste de cette cité tranche avec les réminiscences régionalistes qu´on observe au même moment, notamment à Rennes, boulevard Émile-Combes. Destinée à une occupation temporaire, la cité doit permettre de loger les sinistrés dans l´attente des programmes de logements élaborés par la ville et par l´office départemental. Elle doit répondre à des contraintes économiques, qui se traduisent par une typologie (maison à deux unités d´habitation sans jardin), par la volumétrie compacte des bâtiments et par le choix des matériaux employés.

Témoin exceptionnellement conservé d´un programme plus ambitieux que les baraquements des camps provisoires, elle s´inscrit, comme la cité de la rue Eugène-Pottier, dans les réflexions sur les cités de première nécessité qui se prolongent durant les années cinquante.

Parties constituantes non étudiées square, maison, cellier
Dénominations cité jardin
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Adresse Commune : Rennes
Adresse : square Joseph-Arot
Cadastre : 1980 AK 20 à 56

Les archives communales indiquent que la cité provisoire, formée de 18 maisons jumelées, est construite en 1949 sur les plans de l'architecte de la ville Yves Le Moine. Les logements, sur deux niveaux, sont composés d'une salle, d'une cuisine et d'un WC, au rez-de-chaussée, de deux chambres et d'un cabinet, espace de 2 m2 éclairé par un jour, à l'étage. Les celliers sont construits en 1953, à l'emplacement d'une aire de jeux associée aux logements, qui figure sur le plan masse joint au dossier d'acquisition des terrains. L'ouvrage d'Henri Fréville précise que les logements n'étaient pas reliés au réseau d'égout mais seulement aux conduites d'eaux pluviales.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1949, daté par source
1953, daté par source
Auteur(s) Auteur : Lemoine Yves, architecte communal, attribution par source
Personnalité : Office Public municipal d'Habitations à Loyer Modéré,
Office Public municipal d'Habitations à Loyer Modéré
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commanditaire, attribution par source

Cité construite au sud de la voie ferrée, formée de 18 maisons à deux unités d'habitation regroupées par deux, trois ou quatre, en îlots délimités par des haies végétales. Les maisons sont construites avec une ossature de béton armé et un remplissage de parpaings de béton masqués par un enduit ; le rez-de-chausée des façades antérieures est souligné par un enduit tyrolien. Les couvertures sont en fibro-ciment.

Murs enduit
béton armé
parpaing de béton
Toit ciment en couverture
Étages 1 étage carré
Typologies logement individuel jumelé

Données complémentaire architecture Rennes

HYPO logement individuel
PHYPO maisons à deux unités d'habitation
SCLE1 1949
IAUT typicum
ICHR typicum
IESP typicum aire d'étude
ICONTX en rupture
ITOPO site de périphérie
POS 3
SEL étudié
PART maisons
NATURE résidentiel
RESEAU réseau existant : desserte
MORPHO réseau généré : dessertes en rues parallèles
IMPBA en rangée articulée
LOTS 37
VOIES 6
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Construction de 18 maisons jumelles, impasse de La-Justice. Rapport et description (A. C. Rennes 746 W 12)

    Les destructions de guerre, l´augmentation de la population, et le nombre de plus en plus considérable d´immeubles qui s´effondrent par suite de vétusté, créent une situation qui est bien connue de la population et des pouvoirs publics.

    S´il appartient aux services de la reconstruction de pourvoir à la réfection des immeubles sinistrés, voir de reloger provisoirement les familles sinistrées, leur action ne va pas au delà, et la construction de nouveaux immeubles d´habitation ne les concerne pas aussi directement.

    C´est pour remédier à cette pénurie de logements que les deux organismes d´habitations à bon marché (Office de la Ville de Rennes et Office Départemental) ont élaboré des projets de construction d´immeubles qui sont le point de départ d´un vaste programme.

    Cependant le temps nécessaire à la réalisation de ces projets risque de n´apporter aucun remède à la situation avant plusieurs années. Or les besoins augmentent rapidement en raison de la disparition de vieux immeubles.

    C´est dans ces conditions que le Conseil Municipal de Rennes a été amené à envisager l´édification de maisons construites en matériaux légers, comportant chacune deux logements aux pièces bien orientées et aérées, et réalisant dans des conditions aussi économiques que possible des locaux sains et hygiéniques.

    Le terrain choisi pour la réalisation de ce projet est situé dans le quartier ouest de Rennes au lieu-dit Champ de la justice. Ce terrain formé par un vaste quadrilatère, est sensiblement de niveau ; il est en grande partie bordé par des propriétés voisines, mais est desservi par l´impasse de la Justice et par un chemin accédant au boulevard Marboeuf (sic).

    La superficie est de 7.180 m² dont malheureusement une partie est inutilisable du fait de la servitude créée par une ligne de transport de force qui le traverse en biais.

    La nécessité où l´on se trouve de construire le plus possible de maisons sur ce terrain, a amené à rechercher le parti qui permettait d´en établir le plus grand nombre en sauvegardant toutefois les espacements nécessaires.

    La disposition adoptée procède à la fois de cette nécessité et de l´établissement d´une voie oblique créée par le passage de la ligne haute tension.

    Le plan d´ensemble se présente donc avec une répartition de maisons orientées en plein midi, disposées en quinconce. Une grande allée de distribution est tracée de manière à faciliter le passage des véhicules, des allées secondaires desservant les habitations.

    Dans la partie du terrain restée libre, il serait désirable d´établir un terrain de jeux afin d´éviter l´aspect de terrain inutilisé qui trop souvent se transforme en dépôt d´immondices.

    Les logements sont répartis en deux étages, un rez-de-chaussée et un étage. Dans chacun on trouve :

    Au rez-de-chaussée : petite entrée desservant la salle commune, la cuisine, les W.C.

    L´escalier d´accès au 1er étage se trouve dans la salle commune.

    La cuisine de 2,20 x 3,00 m s´éclaire au nord, elle est en communication directe avec un débarras ou petit cellier qui, lui-même a une sortie directe. La cuisine et la salle commune sont reliées par un guichet qui facilitera le travail de la mère de famille.

    La salle commune largement ouverte vers le sud est dotée d´une cheminée, elle comporte normalement, le coin à manger et la partie de séjour dans laquelle un lit cage pourrait être disposé.

    Au premier étage : palier d´accès, deux chambres dont une pour enfants avec place à deux lits (la chambre des parents pouvant également recevoir un petit lit), un débarras-penderie. Les deux chambres sont éclairées au sud.

    La construction est prévue de la façon suivante :

    Petites semelles de fondations avec mur de maçonnerie jusqu´au niveau du sol.

    Ossature légère en béton armé comportant poteaux, plancher du 1er étage, ceinture formant chaînage.

    Remplissage en double paroi, l´extérieur étant en aggloméré creux de 0,10, l´intérieur en briques de 0,055, un espace de 0,07 restant libre entre cloisons.

    Cette disposition donnera un isolement satisfaisant et évitera les inconvénients dus à la condensation. Les sols de l´entrée, des W.C., de la cuisine, sont prévus en dallage ciment. Celui de la salle commune en parquet sur lambourdes posées sur piquets avec couche isolante de machefer. Cette solution est plus coûteuse que celle d´un dallage en ciment, mais il est apparu que dans la pièce où la famille se tient le plus longtemps, le parquet serait préférable.

    La cuisine comportera un évier, l´eau et le gaz y seront amenés. Les W.C. juxtaposés pour les deux logements possèderont une fosse morte commune, le quartier ne possédant pas d´égouts. L´évacuation des éviers ne se fera pas dans la fosse mais dans des puits perdus.

    Les sols du 1er étage sont prévus en parquet magnésien. Tous les enduits sont prévus en plâtre, les entrées, cuisines et W.C. recevront trois couches de peinture ainsi que toutes les menuiseries. Les autres pièces seront brut de plâtre sans papier de tenture.

    L´installation électrique est prévue dans tous les locaux.

    Les ouvertures du rez-de-chaussée recevront des volets mobiles.

    La plus grande économie a été observée dans l´étude du projet. L´examen des plans montre le parti adopté :

    Bâtiments rectangulaires, sans décrochements.

    Couverture à un seul rampant en fibro-ciment.

    Façades avec enduit sommaire.

    L´aspect produit ne sera cependant pas désagréable, surtout si les conditions d´occupation exigent des intéressés un minimum de soin dans l´aménagement des abords, et si la construction de poulaillers et clapiers est interdite.

    Le devis annexé fait ressortir la dépense de l´ensemble à la somme de : 41 077 463 F 75 (1). Cette somme comprend la construction des bâtiments et l´aménagement du terrain.

    (1) Cette somme sera vraisemblablement ramenée à environ 30 millions par suite des différents rabais obtenus.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Rennes, Série 4Q ; 4 Q 14. Acquisitions de terrains pour la construction des H. L. M..

  • A. C. Rennes. Permis de construire ; 746 W 12. Rue du Champ-de-la-Justice (1911-1969) .

Documents figurés
  • [1949]. Façade sud, plan d'exécution, 1949, par Yves Lemoine (A. C. Rennes).

  • [1949]. Façade nord, plan d'exécution, 1949, par Yves Lemoine (A. C. Rennes).

  • [1949]. Plan du rez-de-chaussée, plan d'exécution, 1949, par Yves Lemoine (A. C. Rennes).

  • [1949]. Plan de l'étage, plan d'exécution, 1949, par Yves Lemoine (A. C. Rennes).

Bibliographie
  • FREVILLE, Henri. Un acte de foi. Trente ans au service de la Cité. Rennes : éditions Sepes, 1977.

    tome 1, p. 215