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Château de la Rouërie (Saint-Ouen-la-Rouërie fusionnée en Val-Couesnon en 2019)

Dossier IA35049677 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiéesparc, chapelle
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonPays de Fougères - Antrain
AdresseCommune : Val-Couesnon
Lieu-dit : Saint-Ouen-la-Rouërie, Rouerie (la)
Cadastre : 1968 AC 92, 95
Précisionscommune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Saint-Ouen-la-Rouërie

La famille Tuffin de la Rouërie

La Rouërie fut depuis l’époque médiévale la résidence d’une famille qui, par ses liens avec les seigneurs de Combourg et les ducs de Bretagne, a exercé une forte emprise sur l’histoire locale. On sait que le duc Conan III assista au mariage qui fit entrer la seigneurie dans les biens de Robert Tuffin en 1146. Parmi ses descendants se détache au 18e siècle la figure exceptionnelle de Charles Armand Tuffin, marquis de la Rouërie (1756-1793).

Né à Fougères, ce militaire est surtout connu pour avoir participé brillamment à la guerre d’Indépendance américaine aux côtés de Georges Washington (1777-1783) et pour avoir été pendant la Révolution française l’initiateur de la Chouannerie en Bretagne. Ardent défenseur de la cause du roi de France et du rétablissement de son pouvoir, il créa en 1791 l’Association bretonne, groupement contre-révolutionnaire préparant le soulèvement de l’Ouest. Le château fut en 1792 le théâtre des réunions clandestines de la conjuration.

Après la mort du marquis de la Rouërie (1793), le domaine tomba en déshérence et fut racheté sous la Restauration (1824) par la famille Barbier qui en est toujours propriétaire.

Les campagnes de construction

Aucun élément de l’ancien manoir ne semble avoir été conservé et l’homogénéité de l’édifice actuel ne fait pas deviner une construction conduite en réalité en trois grandes campagnes (17e - 18e - 19e siècles).

La partie gauche du château (sud-ouest) apparaît comme la plus ancienne et a sans doute été mise en place dans les premières décennies du 17e siècle comme le laisse penser un appui de fenêtre portant la date 1624 (il n’est pas exclu que ce logis ait été édifié sur les vestiges d’un édifice du 15e ou du 16e siècle).

Un siècle plus tard (vers 1730), on en allongea de manière conséquente le plan massé pour répondre, comme il était fréquent au 18e siècle, aux nécessités de la vie provinciale (logement à la belle saison de la famille, des amis et d’une importante domesticité). Cette extension se fit dans l’alignement du bâtiment existant par l’élévation du corps central et de la partie droite (nord-est). Une aile en retour d’équerre fut développée à cette époque sur la façade postérieure.

Outre la destruction de l’aile en retour et le remaniement de la façade correspondante, les interventions du début du 19e siècle (1824) semblent avoir principalement porté sur le corps central : les pilastres plats et le fronton ont sans doute été modifiés à cette époque, alors qu’un campanile était par ailleurs aménagé. Des dessins aujourd’hui conservés aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine laissent penser que l’architecte rennais Louis Richelot (1786-1855) a été associé à ces transformations.

(Frédéric Déan)

Période(s)Principale : 1ère moitié 17e siècle
Principale : 1ère moitié 18e siècle
Secondaire : 1ère moitié 19e siècle
Dates1624, porte la date
1790, porte la date

Le château de la Rouërie est représentatif d’un grand nombre de châteaux du 18e siècle dont la façade unifiée s’ordonne autour d’un corps central qui constitue l’axe de la composition.

Façade principale

Sobre et élégante, la façade orientée au sud-est présente une ordonnance classique : développement horizontal rythmé en onze travées, équilibre des pleins et des vides, symétrie rigoureuse, animation de la partie médiane par un faux avant-corps couronné d’un ample fronton triangulaire supporté par deux pilastres en faible relief.

A l’exception du bandeau mouluré qui sépare les deux niveaux d’habitation, les éléments de décor sont d’une grande sobriété : linteaux droits des percements, absence de modénature. Les hautes baies de l’étage ouvrent sur l’extérieur par un garde-corps de fer forgé du 19e siècle. L’axe du bâtiment est seulement souligné par le cintre de la porte d’entrée, l’arc segmentaire de la baie supérieure, les armoiries du fronton et un petit campanile placé au faîte du toit.

Les murs sont élevés en moellons de schiste alors que le granite taillé a été réservé aux éléments les plus marquants de la composition : fronton, pilastres, encadrements des baies, chaînages d’angles, bandeau. La disparition de l'enduit du corps central et de l’aile droite est due à des travaux de restauration effectués en 1992. On note à l’étage la présence d’une pierre intégrée à la maçonnerie portant les armoiries de la famille Tuffin de la Rouërie ("d’argent à la bande de sable chargée de trois croissants d’argent").

L’élévation est couronnée d’une discrète corniche à modillons en bois qui assure la jonction avec le toit. Celui-ci se trouve animé par six lucarnes à frontons triangulaires alignées dans l’axe des travées. Deux oeils-de-bœuf situés à chacune des extrémités s’inscrivent dans le pan oblique formé par la croupe du toit, introduisant une variante décorative.

Façade postérieure

Plus austère, la façade postérieure comporte en son centre un avant-corps qui abrite l’escalier. Les ouvertures, moins nombreuses, sont ordonnées en cinq travées dominées par des lucarnes similaires à celles de la façade principale.

Intérieur

Un important vestibule logé dans le corps central de la demeure abrite l’escalier en pierre à deux volées droites qui distribue l’étage. Rez-de-chaussée et étage sont à peu de choses près organisés de la même manière, comptant deux salles en enfilade organisées de part et d’autre de la cage d’escalier (une chambre occupe la partie située au dessus du vestibule d’entrée). La disposition initiale des pièces de l’étage semble avoir été modifiée au 19e siècle par la mise en place de cloisons légères formant un couloir situé en façade postérieure ainsi que de petits cabinets de toilette attachés à chacune des chambres.

De beaux lambris ainsi qu’un nombre important de cheminées des 17e et 18e siècles sont à signaler.

Communs

Si la destruction de l’ancienne chapelle, du portail d’entrée (entre 1792 et 1813) et du colombier sont à déplorer, une partie des communs a été conservée. On retiendra particulièrement les écuries qui portent la date 1790 (et dont la construction est sans doute liée aux activités clandestines du marquis de la Rouërie) ainsi qu’un petit pavillon en brique coiffé d’un toit à l’impériale ayant pu servir de latrines ou de soue à cochons.

L’ensemble est entouré d’un vaste parc dans lequel le marquis de la Rouërie fit planter quatre tulipiers rapportés de son séjour en Amérique.

(Frédéric Déan)

Mursgranite pierre de taille
granite moellon
schiste moellon enduit partiel
Toitardoise
Plansplan allongé
Étages1 étage carré
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
croupe
noue
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
Techniquessculpture
Précision représentations

Armes de Tuffin de la Rouerie.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH partiellement, 1996/08/07
Précisions sur la protection

Château ; communs de 1790 ; soue à cochons ; parterre (cad. AC 92, 94, 95) : inscription par arrêté du 7 août 1996.

Annexes

  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    19883500664XB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Fonds Lagrée, 8 Fi.

    19883500665XB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, Fonds Lagrée, 8 Fi.

Références documentaires

Documents figurés
  • 4136. St-Ouen-de-la-Rouërie (I.-&-V.). Le Château de la Rouërie. Carte postale, Rennes : A. Lamiré, édit. [s. d.]. (A.D. Ille-et-Vilaine, 8 Fi).

  • Côte d'Emeraude. 1964. Environs d'Antrain - LA ROUËRIE. Vieux Château du Marquis Tuffin de la Rouërie où eurent lieu en Mai 1792 les premières réunions de la conjuration bretonne Carte postale, [s. l. ; s. n. ; s. d.]. (A.D. Ille-et-Vilaine, 8 Fi).

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

    t. 4, p. 63-64, fig
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 4, p. 63-64, fig
  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 70

Liens web