Logo ={0} - Retour à l'accueil

Château de la Ballue (Bazouges-la-Pérouse)

Dossier IA35049581 réalisé en 2011

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéesparc
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonPays de Fougères - Antrain
AdresseCommune : Bazouges-la-Pérouse
Lieu-dit : la Ballue
Cadastre : 1966 C4 1356

Le château fut construit en deux campagnes au début du 17e siècle. À la fin du 10e siècle, le château de la Ballue à Bazouges-la-Pérouse fait partie d'une chaîne de défense qui suit le Couësnon, de Fougères à la mer. On y voyait en 1603 une tour flanquant le logis, un portail, un portail et un pont-levis avec deux tours, le tout cerné de murs et de fossés. Les habitants du pays s'y réfugièrent plusieurs fois pendant les guerres de la Ligue. Il possédait un colombier et deux chapelles. Il fut reconstruit vers 1620 et comprend un bâtiment avec deux ailes et un haut pavillon central. Il appartenait aux Chesnel au 12e siècle et en 1513, passa par alliance aux d'Acigné seigneurs de la Roche Jagu, et fut vendue par eux en 1555 à Claude de Rieux, femme de François de Coligny, qui la vendit elle-même en 1556 aux de Québriac seigneurs de la Harlaye ; elle passa par succession en 1604 aux d'Hérouville. De mariages en héritages, la seigneurie de La Ballue est acquise par Henri IV. Le roi en fait cadeau, pour services rendus, au duc de Brissac qui la vend en 1615 à Gilles Ruellan. Ce dernier démolit la forteresse primitive et construit le château actuel, comme il le fait pour plusieurs de ses châteaux, tels le Rocher-Portail à Saint-Brice-en-Coglès en 1596, le Plessis-Sénéchal à Saint-Marc-le-Blanc à la même date, ou Monthorin à Louvigné-du-Désert en 1607 par exemple. La Ballue fut érigée en marquisat en 1622 ; elle exerçait à Bazouges-la-Pérouse un droit de haute justice et possédait un droit de quintaine près du cimetière, sur la route de Combourg. Les jardins du château de La Ballue à Bazouges-la-Pérouse représentent un exemple rare en France de jardins baroques et maniéristes tels qu'ils existent aux 16e et 17e siècles. Dans ces jardins, on pouvait voir à l'époque, non seulement ce que la nature produit de plus beau, de plus rare ou de plus monstrueux, mais encore des réalisations végétales dues aux fantasmes que la nature suggère à l'homme.

Entre 1820 et 1866, une verrerie spécialisée dans la gobeleterie et le vase de chimie a été installée sur le site par son propriétaire ; le château abritait alors le logis patronal.

Période(s)Principale : 1ère moitié 17e siècle

Dans son plan d'ensemble, le château de La Ballue, à l'architecture sobre et dépouillée, est un vaste corps de logis axé d'est en ouest, flanqué de deux ailes aux extrémités et d'un haut pavillon en son centre. Le corps de logis se compose de deux niveaux surmontés d´un étage de combles, il est couvert d´une toiture à croupes. Les fenêtres se superposent en travées couronnées de lucarnes à fronton courbe (une travée ainsi dessinée forme le motif axial du pignon de chacune des ailes latérales) tandis que les rythmes horizontaux de façades sont marqués par un bandeau en saillie et une corniche modillonnée. Les deux portes d´entrée, très peu monumentales, sont percées de part et d´autre du pavillon central, celle de droite correspond à l´escalier d´honneur construit en pierre. Le parti général de symétrie adopté par le maître d´œuvre, et le développement en hauteur du pavillon central, concourent à attirer l´œil vers le milieu de la composition. Or, là se trouve une erreur technique surprenante : contrairement à toutes les règles de l´architecture classique, l´axe de la façade ne correspond pas à un point fort de la structure, mais à un plein du mur, entre les deux travées qui s´ouvrent dans le pavillon. C´est donc sur une surface nue et sans élément marquant que vient buter l´œil qui observe le monument. Cette erreur est significative. Si le logis offre des masses harmonieuses dans leur ensemble, directement issues des modèles classiques adoptés par la noblesse française, la composition n´a pas été parfaitement comprise par le concepteur de la Ballue. En revanche, la façade arrière que l´on peut admirer de loin dominant le paysage, s´intègre d´une façon tout à fait charmante à son cadre de verdure. D'une pureté de lignes annonçant déjà le classicisme qui fleurit plus tard avec les malouinières de la côte, le château de La Ballue n'a presque pas été modifié depuis le 17e siècle. Le verger baroque Renaissance en hémicycle est constitué d'un laurier-boule autour duquel sont réunis divers arbres fruitiers : pommiers et poiriers bicéphales, cerisiers doubles notamment. Le jardin à la française, du 17e siècle, situé sur la façade sud, est composé de figures géométriques d'ifs et de fleurs de part et d'autre du bassin central. Quant au jardin baroque ou « jardin à fantasmes », recréé par l'architecte Paul Maymont, il réserve quelques surprises, du « bosquet tourmenté » au « bosquet à musique », en passant par le labyrinthe formé de quelque 1500 ifs.

Mursgranite
schiste
Toitardoise
Plansplan régulier
Étages1 étage carré
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
croupe
noue
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour
États conservationsrestauré, établissement industriel désaffecté

Inscription 25 07 1977 (façades et toitures du château et de ses deux ailes, salle à manger et salon du rez-de-chaussée avec leurs boiseries) : arrêté annulé, remplacé par une nouvelle protection.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablesportail
Protectionsinscrit MH, 1999/06/11
Précisions sur la protection

Logis en totalité, y compris les intérieurs ; jardin à la française et jardin en diagonale avec leurs murs de soutènement ; jardin en terrasses ; façades et toitures des communs ; rabine avec ses bornes et étang (cad. C 1353, 1355, 1356, 1364, 1365, 1390, 1391, 1781, 1789, 1791, 1793, 1795, 1796, 1798) : inscription par arrêté du 11 juin 1999.

Annexes

  • Patrimoine industriel en Ille-et-Vilaine

    Voir aussi enquête thématique 'Patrimoine industriel en Ille-et-Vilaine' - Marina Gasnier, 1998 : .

  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20113506994NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20003520193XB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 M 236. Etablissements insalubres (15 avril 1818).

    19903500538P : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 M 236. Etablissements insalubres (15 avril 1818).

    20013524222XB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 M 236. Etablissements insalubres (15 avril 1818).

    19903500531V : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 M 236. Etablissements insalubres (15 avril 1818).

    19903500537P : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 M 236. Etablissements insalubres (15 avril 1818).

Références documentaires

Documents figurés
  • Bazouges-la-Pérouse. Section C de la Balue, en 4 feuilles, 3ème feuille, par Jouchet du Ranquin. Papier, encre, aquarelle, [1823], échelle 1/2500 e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

  • Plan géométrique d'un projet de verrerie proche la Balue. Plan masse, par Thévenin, ingénieur au corps royal des mines, 1818. Papier, encre, aquarelle, échelle 1 : 500e. (A.D. Ille-et-Vilaine 5 M 236. Etablissements insalubres (15 avril 1818).

  • Plan d'une verrerie en verre blanc pour gobeletterie, ustensiles de chimie & de pharmacie à établir près de la Balue [..]. Elévations transversale et longitudinale, par Thévenin, ingénieur au corps royal des mines, 1818. Papier, encre, aquarelle, échelle 1 : 100e. (A.D. Ille-et-Vilaine 5 M 236. Etablissements insalubres (15 avril 1818).

  • Projet de halle dans laquelle serait construit un four de verrerie près la Ballue. Elévation, par Thévenin, ingénieur au corps royal des mines, 1818. Papier, encre, aquarelle, échelle 1 : 100e. (A.D. Ille-et-Vilaine 5 M 236. Etablissements insalubres (15 avril 1818).

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

    t. 1, p. 121
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 1, p. 121
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 49