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Château de Guilguiffin (Landudec)

Dossier IA00005564 réalisé en 1979

Fiche

  • Vue aérienne nord
    Vue aérienne nord
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • étable
    • écurie
    • logement
    • chapelle
    • puits
    • enclos
    • cellier
    • remise
    • cour
    • colombier
    • jardin

Le présent dossier enrichi de recherches d'archives inédites a été établi en 2017 par Cindy Bretonnière, dans le cadre d'un master I auprès de l'université de Nantes ; il vient compléter un premier dossier réalisé en 1980 par Christel Douard, dans le cadre de l'inventaire de la commune de Landudec.

Parties constituantes non étudiées étable, écurie, logement, chapelle, puits, enclos, cellier, remise, cour, colombier, jardin
Dénominations château
Aire d'étude et canton Plogastel-Saint-Germain - Plogastel-Saint-Germain
Adresse Commune : Landudec
Lieu-dit : Guilguiffin
Cadastre : 1933 B1 80, 81, 83, 207

Manoir attesté dès le 16e siècle. Nicolas-Louis de Ploeuc confie la direction des travaux du château à l'architecte Nicolas Pochic en 1750. L'ancien donjon est supprimé en 1797 ; la première chapelle édifiée vers 1752 est reconstruite en 1847 ; des souches de cheminée et des gargouilles ont été déplacées à Plozévet (presbytère). Colombier de l'ancien manoir, attesté au 16e siècle.

(Inventaire topographique, 1980. Christel Douard).

Depuis longtemps, Nicolas-Louis, marquis de Ploeuc souhaitait reconstruire le manoir familial qui tombait en ruine et voulait bâtir un lieu digne du rang et de l'ancienneté de sa famille. Le 20 août 1749, il commence son projet au château du Guilguiffin par un inventaire des meubles et effets de l’ancienne demeure. Dès le 7 février 1750, les premiers paiements sont donnés aux ouvriers et à son architecte Nicolas Pochic : la construction du château a donc débuté.

L’architecte Nicolas Pochic est originaire de Pont-Croix. Il est surtout connu pour avoir réalisé des réparations et des procès-verbaux d’expertise dans des presbytères. En 1750 Nicolas Pochic est considéré comme entrepreneur et maître des ouvrages au château du Guilguiffin en Landudec.

(Cindy Bretonnière, 2017).

Oeuvre déplacée à Commune : Plozévet
Oeuvre déplacée à Commune : Plogastel-Saint-Germain
Période(s) Principale : milieu 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1750, daté par source
1847, daté par source
Auteur(s) Auteur : Pochic Nicolas, architecte,

Le château de Guilguiffin est composé de plusieurs matériaux de diverses provenances. Le granite, pierre emblématique, est omniprésent sur le site. Le granite est à la fois prélevé dans des sources granitiques, à Plogastel-Saint-Germain, mais il est également issu de récupération. Le château du Guilguiffin est construit à l’emplacement d’un ancien manoir. Le maître d’ouvrage, Nicolas-Louis de Ploeuc, ne se retrouvait pas dans ce manoir jugé trop exigu et négligé. Une nouvelle demeure est édifiée. Dès le début de 1750, la démolition du manoir familial est bien avancée. Les pierres sont ensuite retaillées et servent à l'édification de la nouvelle maison. Hypothétiquement, l’ancien manoir familial des Ploeuc n’apparaît pas avoir été le seul édifice utilisé pour la construction du château de Guilguiffin. Le manoir de Tyvarlen en Landudec semble avoir été dépouillé de ses pierres pour servir à l’édification de la bâtisse de Nicolas-Louis de Ploeuc.

Le château du Guilguiffin comporte une façade Sud (corps de logis central et deux pavillons en saillie d'environ soixante mètres), sobre, classique, avec peu de décorations : un léger bossage et une corniche à modillons. Une grande symétrie est à noter dans les fenêtres disposées sous un arc bombé. Le toit est à long pan et est orné de lucarnes et de cheminées. La façade Nord reprend une disposition quasiment identique à la façade Sud. S’ajoute deux éléments : des tourelles (probablement d'anciennes garde-robes) accolées aux pavillons et un pavillon en saillie dû à l’escalier hors-œuvre. L’intérieur est composé d’un rez-de-chaussée, avec pour le corps central : vestibule dallé de granite + escalier en fer forgé sûrement réalisé par le serrurier Yves Guillevine, un salon (poutres + boiseries d’origines), une salle à manger (poutres + boiseries d’origines), pour le pavillon Ouest : cuisine, office, petite salle à manger, pour le pavillon Est : studio, salon. Entre les pavillons et le corps central est disposé deux escaliers de dégagements.

Le premier étage : le corps de logis central est divisé en blocs compacts indépendants les uns des autres. Seules deux pièces partagent une porte commune, qui les rend accessibles entre elles de l’intérieur. Pour entrer dans les différents appartements, il faut passer par le couloir au Nord. Les pavillons Ouest et Est comporte trois pièces, apparemment destinés à la chambre et ses services.

Le château est composé d’une cour d’honneur et d’un parc, la disposition n’est pas entre cour et jardin, mais avec la façade en « fond de scène », puis la cour d’honneur et ensuite s’ouvre le parc. La cour d’honneur encadre parfaitement l’édifice, avec un carré d’environ soixante mètres de côté. Elle est composée d’un muret exécuté en moellons, et est en petit appareil irrégulier pseudo isodome. Sur le muret est disposé des piliers en granite, couronné par une décoration interprétée comme des pots à feu. À l’entrée de la cour d’honneur, qui répond symétriquement à celle du château, se trouvent deux piliers monumentaux prenant la forme d’une croix grecque. Ces deux piliers sont décorés sur leurs côtés d’un aileron à volutes rentrantes, agrémentés de motifs floraux, s’en suit un entablement à corniche, égayé aussi par des ornements végétaux. Des sculptures représentants des scènes de chasses surmontent les piliers. Nous pouvons y voir au milieu un sanglier, entouré par deux chiens qui essaient de l’attraper. Un puits est situé dans la cour d’honneur.

Le parc est composé de cinq grandes allées qui forment une patte d’oie au-devant de la cour d’honneur. Le parc est organisé avec de vastes tapis verts et des rangés de murets en hémicycle, accompagné de piliers, qui rappelle ceux de la cour d’honneur. A l’Ouest du parc se trouve le colombier, attesté depuis le XVIe siècle. Le colombier apparaît comme une tour ronde et basse, à l’intérieur il est percé de rangés de boulins et en comporte six-cent-quarante, il est dit « à pied ». Au Nord de la demeure se trouve les communs, la cour des communs, et la chapelle de 1847. A l’Est de la demeure se trouve le potager.

Murs granite pierre de taille enduit partiel
Toit ardoise
Plans plan régulier
Étages 1 étage carré, étage en surcroît
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans brisés
croupe
noue
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier de type complexe
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations armoiries scène de chasse
Précision représentations

La façade Ouest de la chapelle est décorée avec les armes des Ploeuc représentant des hermines à trois chevrons de gueules. Et à droite le blason de la famille Conen de Saint-Luc et D’Antigné, un lion armé, couronné et lampassé de gueules avec à sa gauche trois ailes de gueules becquées.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH partiellement, 1971
inscrit MH, 2002/08/07

Annexes

  • Enquête topographique de 1980 :
  • Nicolas Louis de Ploeuc, éléments de biographie.

    Le commanditaire du château actuel est Nicolas-Louis marquis de Ploeuc (17 juin 1694 – 30 juin 1779) fils de Nicolas-Joseph de Ploeuc et Louise Alain. Dès 1713, Nicolas-Louis rejoint la marine et sert de garde-marine au département de Brest, puis devient garde du pavillon amiral en 1716 sur le vaisseau l’Argonaute. Le 19 août 1720, il entre dans le régiment de dragons où il reste dix ans avant de quitter le service militaire. De retour en Cornouaille, le marquis de Ploeuc est qualifié « haut et puissant seigneur » de multiples fiefs dans plus d’une quarantaine de villages. On peut citer à titre d’exemple celui du Guilguiffin, Quilliou, Kerandraon, Coetmorvan, Treffranc, Lespervez, Lescuz, Kerharo, de certaines terres en Tyrvalen, et Kermoguen fief du Hilguy. Plusieurs manoirs et hôtels sont aussi en possession de Nicolas-Louis notamment le manoir de Penclusiou à Plovan et un hôtel à Quimper 6 rue du Chapeau Rouge paroisse de Saint-Mathieu. Nicolas-Louis de Ploeuc épouse en première noce le 16 juillet 1731 Françoise de Kervénozaël dame de Saint-Quijeau, Coëtsal, Tiquélen et Kervaizic, et en deuxième noce Jeanne-Guillemette du Boisguehenneuc qui lui donne plusieurs enfants dont son héritier, Jean-Louis Armand Fortuné (1764-1843).

  • Nicolas Pochic, éléments de biographie

    L’architecte Nicolas Pochic est originaire de Pont-Croix. Il est surtout connu pour avoir réalisé des réparations et des procès-verbaux d’expertise dans des presbytères (Cosquer d’Irvillac, Cléden-Cap-Sizun, Peumerit, Ergué-Armel, Kernafften, Raye, Locmaria, Plovan, quartier Saint-Mathieu à Quimper …). En 1742, Nicolas Pochic travaille pour deux commanditaires importants : au presbytère de Mahalon pour Hervé Gabriel de Silguy, sénéchal au présidial de Quimper et premier magistrat de Cornouaille, et par la suite au presbytère de Plovan pour François Marie de Penfentenyo de Kervéréguen, issu d’une branche cousine des Penfentenyo constructeurs d’un autre grand château en Cornouaille du XVIIIe siècle, Cheffontaines en Clohars-Fouesnant. En 1750 Nicolas Pochic est considéré comme entrepreneur et maître des ouvrages au château du Guilguiffin en Landudec.

Références documentaires

Liens web