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Château, Chef-du-Bois (Pommerit-Jaudy fusionnée en La Roche-Jaudy en 2019)

Dossier IA22005265 réalisé en 2003

Fiche

Reconstruit sur un ancien site de manoir, le château de Chef du bois atteste la permanence de l'occupation des sites seigneuriaux. Malgré la dénaturation du site liée à la construction de nombreux locaux et infrastructures nécessaires à l'implantation du lycée de Pommerit, le château est resté relativement authentique, témoin du goût de son époque pour les styles historiques mais aussi pour son soucis du confort. L'impressionnant linéaire du mur de clôture du parc, les aménagements autour de l'eau montrent une réelle maîtrise et mise en valeur de l'environnement.

Parties constituantes non étudiéescommuns, parc, théâtre de verdure, jardin potager, colombier, remise agricole, croix funéraire, étang, rigole d'alimentation, fontaine, allée régulière, entrée de jardin, orangerie, lavoir, verger, oratoire
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Roche-Derrien (La)
AdresseCommune : Roche-Jaudy (La)
Lieu-dit : Pommerit-Jaudy Chef-du-Bois (le)
Précisionscommune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Pommerit-Jaudy

Le château de Chef du Bois est construit en 1867 par Auguste-Pierre-Marie Le Provost de Launay (Saint-Brieuc 1823-Pommerit-Jaudy 1886), préfet du Calvados et de Haute-Garonne jusqu'en 1870, député dans l'arrondissement de Bayeux (1877-1881), sénateur des Côtes du Nord (1885-1886). Après sa mort, son fils Louis-Marie-Auguste, avocat à la cour de Paris, occupe le château.

L'édifice actuel est construit sur l'emplacement d'un ancien manoir figuré sur le cadastre ancien. A une centaine de mètres à l'ouest de ce manoir se trouvait la motte castrale du Plessis, encore visible sur le cadastre. C'est là que serait née Azo du Plessis (morte en 1280), mère d'Yves Hélory (Saint-Yves). Le colombier du 16e siècle est la seule partie constituante du manoir disparu a être conservée. Dans ses cahiers d'histoire locale, l'abbé Le Bourdonnec relate que la métairie du Petit chef du bois est détachée du grand Chef du bois en 1667, date à laquelle les du Breil de Rays sont les seigneurs des lieux. En 1794 leurs terres et leur manoir sont vendus comme bien national à Charles le Roux, un avocat de Tréguier originaire de La Roche-Derrien.

Les dépendances agricoles construites au nord-ouest du château, à une cinquantaine de mètres sont antérieurs à la construction du château et datent probablement du début du 19e siècle. Le petit théâtre de verdure et le grand potager aménagés au sud-est sont contemporains de l'édifice ainsi que la fontaine, le lavoir et l'étang qui ne figure pas sur le cadastre ancien de 1836. Une croix funéraire est érigée au nord du parc, en mémoire d'une enfant de la famille morte à Caen en 1865, comme en témoigne l'inscription gravée sur le socle.

Depuis 1962, le château est affecté à l'enseignement agricole. Il accueille le lycée de Pommerit.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 16e siècle
Secondaire : 1er quart 19e siècle
Dates1867, daté par travaux historiques

Auteur(s)Personnalité : Le Provost de Launay propriétaire attribution par travaux historiques

Le château présente un plan allongé et symétrique, composé d'un corps principal allongé (7 travées) encadré de deux pavillons latéraux étroits (1 travée) et de deux ailes (4 travées) dans le même alignement. Le corps principal est marqué par la légère saillie d'un avant-corps central surmonté d'un fronton et d'un lanternon. Le jeu des toitures élevées, à longs pans brisés ou en pavillon sur le corps principal, et des toitures basses, à simple croupe sur les ailes latérales, offre une animation à cette architecture sévère de style néo-XVIIe siècle.

Le corps de logis et les pavillons sont édifiés en pierre de taille de granite provenant de l'Ile Grande (commune de Pleumeur-Bodou), déchargées à Pont Rod. Les ailes latérales sont en moellon de schiste avec encadrement de baies et chaînage d'angle en granite.

L'édifice, simple en profondeur, est à double orientation sur le jardin au sud et sur la cour au nord. L'avant-corps central abrite le hall d'entrée qui dessert le salon et la salle à manger dite "salle Saint-Yves". Il ne comporte pas d'escalier central mais deux escaliers rejetés aux extrémités, dans les pavillons, afin de dégager l'espace. Les ailes latérales sont dévolues aux espaces de service. L'étage est réservé aux chambres desservies par un long couloir de distribution placé au nord. Dans le sous-sol, un calorifère de cave assurait le chauffage du château : une vaste chambre à air au milieu de laquelle était placé un foyer de houille était en communication, d'une part avec une prise d'air extérieure, d'autre part avec une série de conduites de briques et de tuyaux qui amenaient l'air échauffé dans les différentes pièces. Des clapets placés au-devant de chaque bouche de chaleur permettaient d'établir ou d'intercepter à volonté, l'entrée de l'air chaud dans chaque pièce.

Le château s'inscrit dans un ensemble de communs et de jardins dont l'organisation est, aujourd'hui, perturbée par la présence de nouveaux locaux, de voies de circulation et de parkings nécessaires au bon fonctionnement de sa nouvelle destination, un lycée avec internat. L'allée d'entrée du parc n'est pas dans l'axe du château, elle est plantée d'arbres et ouvre sur un portail à piliers, les jardins ont disparu. Parmi les dépendances, le grand potager et son orangerie, enclos de murs, présente un système d'irrigation constitué d'une grande rigole en granite dans laquelle sont ménagés quatre puits perdus espacés chacun d'une trentaine de mètres. Les vestiges d'un petit théâtre de verdure sont conservés au sud-est du château, constitué d'une aire enherbée en forme d'amphithéâtre avec trois gradins tournés vers la scène. D'autres aménagements méritent l'attention comme le grand mur d'enclos du parc, l'encoche pratiquée à l'ouest dans ce mur et l'aménagement d'une rampe d'accès pour que le bétail puisse atteindre l'abreuvoir situé en contrebas de la route. De l'autre côté du mur, un lavoir alimenté par une fontaine était mis à la disposition des foyers voisins : bassines et ballots de linge étaient glissés sous le mur, par de cavités réservées à cet usage. Près des écuries, un petit oratoire se signale de l'extérieur par son bénitier ménagé dans le pignon.

Mursgranite pierre de taille
schiste moellon
Toitardoise
Plansplan symétrique
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble, sous-sol
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans brisés croupe brisée
toit en pavillon
toit à longs pans croupe
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours en charpente métallique
Typologiesreconstruction. Eclectique, néo-XVIIe
États conservationsremanié
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • 20042208977NUCB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 Fi Pommerit-Jaudy 02.

Références documentaires

Documents d'archives
  • LE BOURDONNEC, abbé. Cahiers d'histoire locale.

    Archives Privées
Documents figurés
  • Fonds du cadastre ancien. Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Pommerit-Jaudy, 1835

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : série 3 P 247
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 16FI 4487
  • 1149. - Chef-du-Bois, près La Roche-Derrien à M. Le Provost de Launay. Hamonic. Collection Châteaux de Bretagne (A.D. 35 ; 6 Fi Pommerit-Jaudy 02).

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 6 Fi Pommerit-Jaudy 02
Bibliographie
  • Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 1998, 2 tomes.

    p. 1159
  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Catalogue illustré des Monuments ruraux des Côtes-du-Nord dans le Trégor et le Goëlo. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1948.

    p. 9
  • LOYER, François. Châtelains et châteaux au XIXe siècle dans l'Ouest de la France. In : Arts de l'Ouest. Etudes et documents, 5, juin 1978.

    p. 49, fig. 6
  • FIGUIER, Louis. Les merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. L'art du chauffage. Furne, Jouvet, 1870

(c) Monuments historiques ; (c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Lauranceau Elise - Tanguy-Schröer Judith
Judith Tanguy-Schröer , né(e) Tanguy
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