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Château, Carnoët (Quimperlé)

Dossier IA29000561 réalisé en 2001

Fiche

Á rapprocher de

Genre ducal
Appellations château de Comorre
Parties constituantes non étudiées enceinte, fossé, moulin
Dénominations château
Aire d'étude et canton Quimperlé - Quimperlé
Hydrographies Laïta La
Adresse Commune : Quimperlé
Lieu-dit : Carnoët
Cadastre : 1996 D 18

L´existence d´un édifice fortifié et de douves remonte au 11e siècle. Le "vieux château" de Carnoët est mentionné au début 13e siècle dans le cartulaire de Quimperlé. Entre 1250 et 1290, construction, sur les vestiges ou à côté de l´ancienne fortification, d´une résidence probablement commencée pour Jean 1er, duc de Bretagne et Blanche de Champagne, également fondateurs de l´abbaye de dominicains de Quimperlé. Création d´un parc avec clôture destiné à la chasse, à l´élevage et à l´exploitation forestière. Une meule conservée provient vraisemblablement d´un moulin à eau disparu. Carnoët, à la fois siège d´une châtellenie importante et résidence ducale, sert temporairement de lieu de réunion de la chambre des comptes du duché. De cette résidence subsistent des substructions et des vestiges d´élévations maçonnées envahies par la végétation. Le logis seigneurial, peut-être terminé pour le duc Jean II, abritait une « aula », grande salle à colonnes dont deux ont été remontées à la fin du 19e siècle, l´une dans le jardin de la propriété voisine, l´autre dans la forêt, au croisement des routes (actuellement déposée). Ces vestiges indiquent l´importance de cette salle de la seconde moitié du 13e siècle vraisemblablement voûtée. A cette époque remontent également les vestiges d´un pavement en terre cuite vernissée dont l´origine, vraisemblablement les environs d´Angers, n´est pas encore clairement établie. A la fin 14e siècle, suite à la guerre de succession de Bretagne, le château est démantelé, tombe en ruine et sert de carrière. Les bâtiments figurent, d´une manière schématique, sur le plan de la forêt royale de Carnoët de 1731 alors que le cadastre de 1825 est muet. Une description de 1843 fait allusion à des éléments aujourd´hui disparus (ferronnerie décorée). C'est lors de fouilles menées sur le site entre 1873 et 1894 que plusieurs fragments de carreaux en terre cuite vernissée ont été mis à jour. L´emprise du château se situe, pour l'essentiel, dans la forêt domaniale, mais aussi dans la propriété privée voisine où d'autres fragments de carreaux ont, de nouveau, été mis à jour entre 2000 et 2003.

Période(s) Principale : 11e siècle
Principale : 2e moitié 13e siècle
Auteur(s) Personnalité : Bretagne Jean I de?, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Champagne Blanche de ?, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Bretagne Jean II de?, commanditaire, attribution par source

Les vestiges décrits par Peyron et Abgrall en 1906 (voir annexe), bien que dégradés, sont encore en partie identifiables.

États conservations vestiges

Carnoët faisait partie d´une série de résidences dont les ducs de Bretagne sont, entre le 13e et le 15e siècle, les maîtres de l´ouvrage. Même les rares éléments parvenus jusqu´à nous autorisent à envisager l´existence d´un édifice vaste et luxueux situé au centre d'un territoire de chasse et profitant d'un accès maritime aisé ; la qualité des pavements mis à jour (voir Carnoët : demeure de notable dite la maison du Passage) et les colonnes dont les chapiteaux portent les caractéristiques du style angevin, en sont des indices précieux. Des chapiteaux semblables, contemporains et vraisemblablement issus du même atelier, subsistent à Saint-Maurice (Clohars-Carnoët), à quelques kilomètres au sud, ainsi qu´à l´abbaye de Langonnet (Morbihan), située à une trentaine de kilomètres au nord de Quimperlé. L´étude et le relevé des vestiges archéologiques encore en place permettraient sans doute de compléter les connaissances de ce site important.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • DESCRIPTION DE 1843

    (Ogée, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne ...1843, p. 837).

    Sur la rive droite de la Laïta (nom de l´Ellé et de l´Isole réunies) on voit les ruines massives de l´ancien château de Karnoët, situé au centre d´une forêt, à une lieue de Quimperlé. Ce château paraît avoir appartenu à Comorre, comte de Cornouailles, le Barbe-Bleue de la Basse-Bretagne. Son enceinte était vaste. Il était entouré d´un parc de plus de deux lieues de circonférence, dont les murs n´avaient pas moins de quatre pieds d´épaisseur, sur quinze pieds d´élévation ; des fossés dont on voit encore les traces défendaient le château ; des tours le protégeaient : ce devait être un objet de terreur pour le voisinage. Il n´en reste plus aujourd´hui que d´immenses débris et quelques pans de murailles couverts de grands arbres, de pervenches, de pariétaires, de plantes de toute espèce. Des fouilles ont été faites, à différentes époques, dans les ruines du château de Karnoët. Elles n´ont eu d´autre résultat que la découverte de quelques mosaïques de briques, de grands carreaux vernissés et de barres de fer enveloppées de cuivre, sur lesquelles étaient exécutés de gracieux caprices.

  • DESCRIPTION DE 1906

    Peyron, Paul, Abgrall, Jean-Marie. Notices sur les paroisses de l´évêché de Quimper et de Léon. Dans : Bulletin diocésain d´histoire et d´archéologie , t. 2, 1906, p. 236-238.

    Vers le milieu de la forêt, au bord de la Laïta, à mi-distance entre Saint-Maurice et Quimperlé, tout contre le manoir de M. d´Ennery, on trouve les ruines du château de Carnoët. Qu´était-ce que ce château (?). On dit que c´était un rendez-vous de chasse des Ducs de Bretagne au fond de cette belle forêt, comme en possédait Nominoé dans la belle forêt de Coat-Loc´h, en Scaër.

    Cette résidence temporaire et toute d´occasion devait affecter les formes et apparences d´un château fortifié, car nous trouvons encore des pans de murailles assez élevées, avec des douves profondes de 3 à 4 mètres et autant de largeur, entourant tout l´établissement. Maintenant l´ensemble offre l´aspect d´une sorte de monticule éventré dans tous les sens, couvert d´un fouillis de hêtres très élevés, avec des excavations de profondeurs diverses, dans lesquelles gisent pêle-mêle des débris de vieilles maçonneries, d´ardoises calcinées, de briques et de carrelages de terre cuite, avec des restes de poutres et de charpentes carbonisées.

    Les murs d´enceinte ne devaient pas être très élevés et semblent avoir été maçonnés en mauvais mortier de terre glaise. Il est difficile, à première vue, de déterminer quelle était la forme de ce périmètre ; mais en examinant bien on constate qu´il forme un carré de 35 ou 50 mètres de côté avec un prolongement rectangulaire un peu plus étroit vers l´est.

    Vers le milieu du côté ouest s´élèvent encore deux maçonneries carrées de 2 m. 80 de profondeur sur autant de largeur et 6 ou 7 mètres de hauteur, ressemblant à deux pylônes d´une portée de 2 m. 40 de largeur. Ces massifs en moellon sont admirablement maçonnés en chaux blanche, très dure, dans laquelle abondent les coquilles de mer. Les pierres de taille qui formaient chaînes d´angles ont été arrachées pour servir probablement à une construction postérieure.

    Chose curieuse, sur les parois latérales de ces grands massifs on ne remarque aucune trace de l´amorce d´une continuation de mur d´enceinte ; c´est donc que celui-ci devait avoir peu d´importance. Cependant, à l´angle nord-est, se voit aussi une maçonnerie analogue, avec mortier semblable, et qui devait faire retour vers le sud.

    Au fond d´une excavation pratiquée dans l´enceinte principale, on a trouvé, il y a quelque vingt ans, et on trouve encore aujourd´hui des carreaux en terre cuite incrustés et émaillés, offrant des dessins de fleurs de lys, fleurons et feuillages, en tout semblables à ceux qui formaient le pavage de la chapelle des Dominicains ou Abbaye Blanche à Quimperlé, fondée vers 1254 par Blanche de Navarre et de Champagne, femme du duc de Bretagne Jean Le Roux. Il est à croire que ces carrelages formaient l´aire d´une grande salle voûtée avec colonnes intérieures, dont on aurait un échantillon dans la base, le fût et le chapiteau dressés maintenant au bord de la grande route de Quimperlé, au carrefour du chemin qui entre dans la forêt.

  • 20032901402NUCA : Archives nationales, A.N. N IV 1.

    20032901403NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 292.

    20002900407X : Archives départementales du Finistère, 1 Fi.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.N. Finistère, N IV. Plan géométrique de la forêt royale de Carnoët, par Jean-Baptiste Robert, géomètre, 1731.

  • A.D. Finistère, 3 P 292. Cadastre de 1824 section D dite de la forêt.

  • A.D. Finistère, 1 Fi. Cartes postales.

Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843.

    p. 837
  • AUDRAN, J.-F. La rive droite de la Laïta. Excursion archéologique de Quimperlé au Pouldu. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. I, 1873-1874.

    p. 63-71
  • PEYRON, P., ABGRALL, J.-M. Notices sur les paroisses de l´évêché de Quimper et de Léon. Dans : Bulletin diocésain d´histoire et d´archéologie, t. 2, 1906.

    p. 237-238
  • KERHERVE, Jean. L´Etat breton aux 14e et 15e siècles. Les ducs, l´argent et les hommes. Paris, 1987, t. 1.

    p. 343, 490-494
  • KERNEVEZ, Patrick. Les fortifications médiévales du Finistère. Dans : Patrimoine archéologique de Bretagne, Rennes, 1997.

    p. 170
  • LE GOFFIC, Michel. Quimperlé, château de Carnoët. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, tome CXX IX, 2000.

    p. 40-41
  • ANDRE, Patrick, BERRIOT, Christian. Les pavements médiévaux du château de Carnoët en Quimperlé. Dans : Bulletin de la société d´histoire du pays de Lorient, 2002.

  • INVENTAIRE GENERAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Quimperlé et son canton. Finistère. Collection Images du Patrimoine n° 217, Rennes, 2002.

    p. 5