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Châsse

Dossier IM03000001 réalisé en 2006

Fiche

Cette châsse reliquaire réalisée en 1682 pour le monastère des Ursulines de Rennes fut transmise à la Révolution par une des dernières religieuses à celui de la Visitation ; parvenue au début du XXe siècle dans celui de Mayenne, elle fait aujourd´hui partie des collections du Musée de la Visitation de Moulins. La plaque d´argent sur laquelle est découpée et gravée, à la base de la face antérieure, l´inscription qui identifie les reliques, porte l´unique poinçon de l´objet, la charge de Rennes pour les années 1680. La date de 1682 est gravée sur le motif de feuillage qui coiffe le sommet, cachée par la sphère terminale. Des pièces d´archives inédites nous apprennent que les reliques de sainte Illuminée, vierge et martyre, sont parvenues de Rome jusqu´à Saint-Malo par voie de mer. Elles décrivent par le menu les importantes cérémonies qui ont présidé à leur installation dans le couvent des Grandes Ursulines du Pré Botté, ainsi que les dévotions qui leur furent alors rendues successivement par les différentes communautés de la ville (cf. annexe jointe).

La châsse réalisée en poirier noirci à l´imitation de l´ébène est garnie de plaques d´argent. L´association de l´ébène ou de son imitation, le poirier noirci, avec des garnitures d´argent ou plus souvent de cuivre argenté ou doré, est à mettre en parallèle avec le mobilier à la mode sous Louis XIV et se retrouve par exemple dans de riches cabinets réalisés pour les collectionneurs. La composition architecturée chère à cette époque, qui se présente sous la forme d´un édicule à trois niveaux rappelle également celle des tabernacles contemporains. Cette ordonnance à trois étages et ordres superposés, corinthien pour le premier niveau et ionique à pendentifs pour le troisième, est ici directement liée à une présentation hiérarchique des ossements conservés qui va des membres inférieurs visibles dans la grande lunette basse, passe par les côtes installées dans le niveau intermédiaire, pour se terminer par le chef de la sainte logé dans le lanternon. La mise en oeuvre du décor de garnitures d´argent fait appel ici aux diverses techniques traditionnellement employées par les orfèvres. Les chapiteaux et les bases des pilastres, les angelots qui marquent l´étage intermédiaire ainsi que la lunette centrale de style auriculaire sont fondus. L´entourage à joncs et feuillages de la grande lunette à pans coupés, celui des lunettes latérales en plein cintre, à tores de laurier, caractéristique du grand goût Louis XIV sont finement ciselés, tandis que celui des autres lunettes, la galerie ajourée qui couronne le premier niveau, et la frise de pampres en dessous sont estampés. La nécessité de réaliser au préalable des moules spécifiques pour les éléments fondus ainsi que le soin de leur mise en oeuvre répond à une commande luxueuse. Cette somptuosité austère empreinte d´une réelle grandeur est caractéristique du goût pour la manière savante développé dans les couvents au cours du XVIIe siècle.

Informations historiques aimablement transmises par M. Gérard Picaud, conservateur de Regard sur la Visitation. Moulins.

Annexe

(extrait de la relation des cérémonies ; 8 octobre 1684. Archives privées de la Visitation)

« - L´on avoit préparé l´église par tous les brillans que le zèle des maisons religieuses et des parens et amis de la maison qui avoient accordé au nostre. Il y avoit des globes de cristal, et une si grande quantité de luminaires qu´il sembloit que s´estoit autant de soleils. Sur les 8 heures du matin, près la communion de la communauté une trompette marine invita les peuples par un son fort agréable de venir rendre leurs respects à notre grande ste, vierge et martyre, dont les reliques reposoient au choeur dans une belle châsse debène richement étoffée et garnie d´argent. Vers les dix heures l´église cathédrale de st Pierre fist l´ouverture de ceste solennité, et la grande porte ouverte, les religieuses revestues de leurs grands manteaux d´église, chacune un cierge en main, toutes les pensionnaires très bien parées à la romaine ayant des palmes et loriers en main, 4 demoiselles habillées en anges portoient les cornières du tapis de velours rouge cramoisy à grande crespine d´argent sur lequel estoit posée la châsse de la ste, que 4 des anciennes religieuses soustenoient, marchèrent processionnellement dans cet ordre vers la grande porte conventuelle où le clergé et le peuple s´estant rangés en bel ordre de leur costé, Monsieur l´official grand vicaire de Monseigneur de Rennes qui estoit absent pour lors entra revestu de chappe avec ses officiers en dalmatiques et surplis, après qu´il eut par trois fois encensé les stes reliques, 2 des ecclésiastiques les ayant chargé sur leurs épaules l´on commença l´hymne Jesu corona virginum, qui fut poursuivi jusques au retour de la procession que l´on deposa le st corps dans l´église, dans le balustre, sur une table de noyer couverte très magnifiquement et aux pieds de 2 figures de ste Illuminée, l´une en relief, l´autre en platte peinture à l´huile fort bien travaillée. Ensuite se chanta solennellement la haute messe par monsieur l´oficial et fut repondue par la musique de st Pierre - ».

Dénominationschâsse
Aire d'étude et cantonAllier - Moulins-sur-Allier
AdresseCommune : Moulins-sur-Allier

Châsse reliquaire réalisée en 1682 à Rennes pour le couvent des Grandes Ursulines du Pré Botté, afin de présenter les reliques de sainte Illuminée. La châsse passée au monastère de la Visitation à la Révolution, fait actuellement partie des collections de cet ordre regroupées dans le Musée "Regard sur la Visitation" à Moulins (Allier).

Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle
Dates1682
Lieu de provenanceÉdifice ou site : Bretagne, 35, Rennes
Lieu d'exécutionÉdifice ou site : Bretagne, 35, Rennes

Châsse en menuiserie à trois étages, réalisée en poirier peint en noir à l'imitation de l'ébène. Elle est rehaussée de garnitures d'argent.

Catégoriesmenuiserie, orfèvrerie
Matériauxpoirier, peint
argent, repoussé, estampage, ciselé, fondu
Précision dimensions

h = 80 ; l = 64 ; pr = 34

Iconographiesornementation, pampre, rinceau, feuillage, fleuron, angelot
Inscriptions & marquespoinçon de charge
inscription concernant le titre
Précision inscriptions

Poinçon (à l'extrémité gauche de la plaque fixée à la base du reliquaire) : charge de Rennes, vers 1680 : une hermine et le chiffre 9 encadrant la lettre R, une fleur de lys au dessus, un petit soleil au dessous. Inscription [gravée et découpée sur la même plaque, à la base de la face antérieure) : Ste+ ILLUMINEE+ VI+ MARTYR+.

États conservationsmanque
Précision état de conservation

Un chapiteau disparu.

Statut de la propriétépropriété d'une association cultuelle
Intérêt de l'œuvreÀ signaler