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Chapelle Notre-Dame, Locmaria-er-Hoët (Landévant)

Dossier IA56007466 inclus dans Hameau ou village de Locmaria-er-Hoët (Landévant) réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

La chapelle de Locmaria-er-Hoët est parmi les édifices religieux gothiques du territoire de la Ria, sans doute l'édifice majeur, en raison de son ancienneté, de la qualité de sa construction et de la découverte des peintures murales et de sa charpente peinte de motifs géométriques. La mise en œuvre modeste de ses murs cachent une structure intéressante et relativement rare : un chœur très long, des bras de transept, que l'on considérera plutôt comme des chapelles seigneuriales, séparées de la nef par une double arcade reposant sur une unique colonnette. La sculpture du chapiteau orné de visages (arcades sud) évoquent une filiation avec Langonnet, Ploerdut, Calan. La mouluration de l'arc diaphragme rappelle celui de la chapelle de Locmaria en Nostang.

La récente restauration de l'édifice a su remettre en valeur ses remarquables qualités.

On ignore la date de fondation de l'édifice, mais sa position sur un chemin de pèlerinage fréquenté fut la cause de sa reconstruction grâce aux dons de riches familles locales.

L'édifice adopte un plan en croix latine dont l'unité cache plusieurs campagnes de construction. La partie la plus ancienne concerne le carré du transept dont les arcades à épais tores, chapiteaux à corbeille lisse ou annelés peuvent remonter à la fin du 14e siècle ; le chapiteau orné de visages de l'arcade évoquent une filiation avec Langonnet, Ploerdut, Calan. L'enduit préservé des murs cache la reprise entre le carré du transept et le chœur : le projet prévoyait une arcade reposant sur des colonnes encore en place, séparant les deux espaces, mais cette arcade n'a peut-être jamais été réalisé : peut-être ces colonnes étaient-elles le support d'une clôture de chœur ? La reconstruction du chœur par les seigneurs du Val, dont témoignent les blasons sur la crédence du chœur et sur la crossette du pignon est, occasionna également le remplacement de la charpente du carré du transept, les deux espaces couverts d'une unique charpente au 15e siècle. Les liens courbes délimitent comme à la chapelle de Locmaria à Ploemel une forme voûtée qui ne fut jamais garnie d'un lambris : le voligeage jointif posé sur les chevrons, remplacé par du sapin lors d'une restauration récente, jouait le rôle de lambris. La polychromie, restaurée et dont les motifs ne remontent peut-être pas à la mise en œuvre est un des rares exemples conservés en Bretagne (voir également la chapelle Saint-Jean d'Epileur près de Redon), alors qu'elle devait être la règle.

Le mur nord du choeur montre une reprise au niveau du transept et une seconde reprise plus importante correspondant au mur du chevet en pierre de taille, avec contreforts d'angle. Comme dans beaucoup d'édifices gothiques bretons, la grande fenêtre axiale du choeur à chevet plat ornée d'un fenestrage à quadrilobes et lancettes redentées, est le seul éclairage du chœur ; le reste de l'édifice se contente d'une petite fenêtre dans le bras sud dont le remplage a été refait, la nef ayant été percée tardivement d'une modeste baie en plein cintre.

La nef appartient à une troisième campagne, postérieure de peu à celle du choeur : la charpente à entraits chanfreinés aux extrémités baguées, sans poinçon, se rapporte au 16e siècle, comme la porte ouest en plein cintre chanfreinée, rehaussée au 19e siècle. Légèrement plus basse que le carré du transept, la nef s'individualise au niveau du toit par l'émergence de l'arc diaphragme. Il est probable qu'à ce niveau se trouvait un clocher reporté sur le pignon ouest peut-être lors de la campagne de 1638.

Les portes d'accès à l'édifice sont multiples, mais aucune par son décor ou son ampleur n'indique un accès privilégié. Dans la nef, la très modeste porte ouest s’accommode difficilement du rôle d'ouverture principale d'une chapelle de pèlerinage. Pour suppléer à cette lacune, une seconde porte est ouverte dans le mur nord de la nef au 19e siècle ; elle remploie le linteau orné d'une croix curviligne sur hampe provenant d'un précédent édifice. Une porte en arc brisé aujourd'hui bouchée dans le mur ouest du bras sud semble avoir été l'accès privé de la famille de Kerambourg. L'accès le plus large se situe dans le bras nord, ancienne chapelle de la famille du Val : en plein cintre non chanfreinée, elle pourrait avoir fait partie de la campagne de 1638, date portée sur le bras sud ; à cette époque, la famille du Val étant éteinte, on a pu privilégier cet accès ; pour appuyer et identifier ce choix, on associa à la porte une niche en plein cintre contemporaine.

VocablesNotre-Dame
Parties constituantes non étudiéescroix monumentale
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonRia d'Etel - Pluvigner
AdresseCommune : Landévant
Lieu-dit : Locmaria-er-Hoët
Cadastre : 1837 F3 477, 476 ; 2000 ZL 41

La date de fondation de la chapelle est inconnue et la mention d'une fondation par les templiers prétendue par certains auteurs n'a pas de confirmation. Il s'agit cependant d'un lieu de culte très ancien, comme le suggère les remplois d'un chapiteau d'époque romane dans l'arcade sud du transept, et d'un linteau sans doute pré-roman (carolingien ?) dans la porte nord de la nef. Le blason des seigneurs du Val, possesseurs de la seigneurie du même nom dans la paroisse, est sculpté sur la crossette sud du chevet ainsi que sur une crédence du choeur, indiquant une donation importante au 15e siècle, correspondant probablement à la reconstruction du chevet : c'est alors l'apogée de la famille du Val. D'autre part, le blason de la famille de Kaer, possesseurs de la seigneurie de Kerambourg en Landaul depuis la fin du 14e siècle, figurait encore dans la verrière du chevet à la fin du 19e siècle. Ils avaient leur chapelle dans le bras sud tandis que la chapelle nord était celle de la famille du Val. La partie la plus ancienne de l'édifice semble être le carré du transept, dont les arcades pourraient remonter à la fin du 14e siècle (cependant, Du Halgouet les rapproche de Saint-Fiacre de Trélécan et les date du milieu du 15e siècle). Le choeur est édifié au milieu du 15e siècle ; la charpente est contemporaine. La date de 1638 portée sur le croisillon sud indiquent une reprise, peut-être des bras de transept dont la porte nord, aujourd'hui porte principale, correspond à cette date. La charpente est un des éléments permettant de dater la nef qui peut remonter au 16e siècle. Le clocher est reconstruit au 19e siècle. Une grande campagne de restauration actuellement en cours a permis de restituer les peintures de la charpente et de mettre à jour quelques traces de peintures murales dont la restauration est à l'étude. Retrouvé récemment lors de la restauration de la charpente, le Christ en croix date du 14e siècle et se compare avec celui de la chapelle de Trescoët à Caudan.

Période(s)Principale : 14e siècle
Principale : milieu 15e siècle
Secondaire : 2e quart 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates1638, porte la date
Auteur(s)Personnalité : Kaer de donateur attribution par travaux historiques
Personnalité : Du Val donateur signature

La chapelle est située sur un placître herbu et ombragé sur lequel est édifiée la croix (sous un if). En forme de croix latine, la chapelle est construite en petit moellon de granite, à l'exception du chevet et de l'élévation ouest, en pierre de taille. La chapelle est scindée au niveau de la toiture à hauteur de la nef. A l'intérieur, cette division correspond à un arc diaphragme séparant le transept de la nef. Les bras de transept sont séparés de la nef par une double arcade moulurée de gros tores reposant sur une colonne à chapiteau irrégulier et historié au sud. Sur les côtés, les arcs reposent sur des piliers composés à chapiteaux à corbeille lisse ou annelée : côté choeur, les chapiteaux attendaient un second arc diaphragme soit disparu lors de la construction du choeur, soit plus probablement jamais réalisé. Des vestiges de peinture ornent les murs du transept, les arcades. Le choeur et le transept forment un unique vaiseau couvert d'une charpente peinte de motifs géométriques récemment restaurée. La charpente de la nef, plus récente, ne montre plus de décor peint.

Mursgranite
moellon
moyen appareil
Toitardoise
Plansplan en croix latine
Étages1 vaisseau
Couverturestoit à longs pans
pignon découvert
noue
Techniquessculpture
peinture
Précision représentations

Le blason des seigneurs du Val orne la crossette sud-est du choeur, ainsi que la niche-crédence du mur du chevet. Des têtes humaines ornent le chapiteau de l'arcade sud du transept. Les fermes de charpente du choeur et du transept sont peintes de motifs géométriques, bruns, rouge, noir.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablescharpente
Protectionsinscrit MH, 1925/04/24

Annexes

  • 20095605973NUCB : Archives communales de Landévant

    20095606163NUCA : Ministère de la Culture, services des archives photographiques Monuments historiques, base Mémoire, Sap01_mh059506_p.jpeg.

    20095606164NUCA : Ministère de la Culture, services des archives photographiques Monuments historiques, base Mémoire, Sap01_mh059508_p.jpeg.

    20095606165NUCA : Ministère de la Culture, services des archives photographiques Monuments historiques, base Mémoire, Sap01_mh059509_p.jpeg.

    20095606166NUCA : Ministère de la Culture, services des archives photographiques Monuments historiques, base Mémoire, Sap01_mh059510_p.jpeg.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Landévant. Plans cadastraux, 1837.

  • DU HALGOUET, Hervé, Notes archéologiques sur le département du Morbihan. A.D. Morbihan.

    205
Documents figurés
  • Ministère de la Culture. Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Archives photographiques. Clichés pris en 1921 par l'architecte Estève : extérieur : sap01_mh059506_p.jpeg, sap01_mh059507_p.jpeg ; intérieur : sap01_mh059508_p.jpeg, sap01_mh059509_p.jpeg, sap01_mh059510_p.jpeg.

Bibliographie
  • DANIGO, Joseph. Eglises et chapelles du pays de Lanvaux. Vannes, 1983.

    p. 158-160
  • LE MENÉ, Joseph-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, Galles, 1891-1894.

    p. 393
  • Inventaire général du patrimoine culturel : GATOUILLAT, Françoise, HEROLD, Michel. Les vitraux de Bretagne. Collection Corpus vitraerum. Rennes, PUR, 2005.

    p. 337
  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 827
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan Paris, 1863.

    col. 46

Liens web