Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Chapelle Notre-Dame de Légevin (Nostang)

Dossier IA56007510 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

La chapelle Notre-Dame de Légevin construite à la fin du 16e siècle et modifiée au 18e siècle était, comme en témoigne la présence de bancs muraux, un centre de pèlerinage. Cet édifice est très intéressant pour la coexistence de deux styles, Renaissance et gothique. Ces répertoires employés conjointement témoignent d'une volonté de conserver un langage de forme issu de l'époque gothique : fenêtre en arc brisé, accolade à forte mouluration, avec cependant la volonté de styliser certain décor comme les feuilles de choux et les crosses, tout en s'ouvrant à un nouveau répertoire, celui de la Renaissance avec pilastre, porte en anse de panier, fronton et décor de losange. Cette coexistence bien distincte avec pourtant tentative de fusion pour les baies du chevet (renaissantes dans la forme mais gothiques dans le remplage) font de la chapelle de Légevin un édifice tout à fait révélateur d'un caractère breton qui tout en étant au fait des nouvelles modes continue à utiliser les anciens codes. Cet édifice tout à fait singulier est inscrit depuis le 15 juin 1925 au titre des Monuments historiques.

Il est intéressant de noter qu'il semble avoi existé à l'origine un jubé, qui séparait le chœur de la nef. Le non alignement des oculi peut expliquer cette hypothèse. En effet, l'une de ces ouvertures éclairait le chœur, dépourvu à cette époque de retable, mais constitué d'une porte qui permettait un accès indépendant vers l'extérieur, et l'autre éclairait la nef. On peut imaginer qu'avec les réformes du concile de Trente, le jubé fut déplacé à l'ouest au 18e siècle, afin que le chœur soit visible pour les fidèles. Par ailleurs, la statuaire présente aujourd'hui sur le retable : la Vierge douloureuse, saint Jean et le Christ constitue un groupe sculpté couronnant habituellement les jubés.

En ce qui concerne les sablières, on retrouve le même décor à la chapelle Notre-Dame du Manéguen à Guénin. Une inscription dans cet édifice indique l'année de création et les scuplteurs des charpentes : "1577. Guill et Jacques Les Thebaut ont faict cet boeis". Les similitudes entre les sablières de ces deux chapelles laissent à penser que celles de Légevin ont aussi été réalisées dans le dernier quart du 16e siècle par Guillaume et Jacques Thébault.

Le retable construit entre le 4e quart du 17e siècle et le 1er quart du 18e siècle est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté préfectoral du 24 janvier 1995.

La disparition des entraits de bois, a entrainé l'écartement des murs de la nef. Leur remplacement par des tirants métalliques ralentit cette progression. Pourtant, l'état de la chapelle nécessite des travaux.

Vocables Notre-Dame
Parties constituantes non étudiées monument
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Ria d'Etel - Port-Louis
Adresse Commune : Nostang
Lieu-dit : Légevin
Cadastre : 1837 D, 634

La chapelle Notre-Dame de Légevin appelée aussi Notre-Dame de Joie est construite à la fin du 16e siècle sur les hauteurs du village de Légevin. Le lieu de culte était sans doute très ancien puisqu'une stèle de l'Age du fer est fichée au sud (fig. 1). La tradition populaire la considère comme "la fille de Notre-Dame de Quelven", située à Guern et construite à la fin du 15e siècle. La chapelle nostangaise possède d'ailleurs en son sein une statue dite, "statue de Notre-Dame de Quelven" (fig. 31). Plus qu'une filiation, il s'agirait en réalité d'un lien issu de la coïncidence de la date de leurs pardons qui a lieu le 15 août. Sur la façade occidentale, une inscription peut-être accompagnée d'une date, malheureusement illisible pourrait permettre de dater la partie la plus ancienne de l'édifice (fig. 9). Au cours du 18e siècle interviennent de nombreuses transformations, des dates et inscriptions situés à l'intérieur et à l'extérieur, nous renseignent précisément sur ces modifications : le clocher et la tourelle sont remplacés en 1728, la date figure au sommet du tambour. Une autre inscription présente sur le linteau de la porte du clocher apporte plus de précision sur cette construction : " Du temps de Mire Kermarec, recteur et Garec proc." (fig. 11 et 12). Le clocheton est donc à attribuer aux commanditaires M. Garec et Jean Kermarec, recteur de 1724 à 1738. A l'intérieur, on notera la date de 1708 portée sur la tribune (fig. 27) et l'inscription "Fei par Julien Querven proc. 1702", présente sur le mur nord de la nef. Cette dernière date concerne sans doute l'année de réfection de la charpente. Dans le dernier quart du 17e siècle, la baie axiale du chevet est comblée pour accueillir le retable, dont la construction s'est poursuivie jusque dans le premier quart du 18e siècle. Au 19e siècle, la nef est décorée d'un soubassement de peinture noire ainsi que l'ébrasement de l'oculus nord, l'autel est, par ailleurs, blanchi à la chaux et ornée d'un décor peint. Sur l'autel repose le tabernacle datant du 18e siècle. Le retable est restauré en 2007.

Période(s) Principale : 4e quart 16e siècle
Principale : 2e quart 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1728, porte la date

La chapelle occupe le centre et la partie la plus haute du village de Légevin. Elle est établie sur un placitre engazonné (doc. 1) au sud duquel est fichée une stèle monolithe de l'Age du fer. L'édifice construit en pierre de taille de granite est constitué d'un vaisseau unique. Le chevet à l'est, à trois pans, est épaulé par quatre contreforts (fig. 6). La façade occidentale, elle aussi encadrée par deux contreforts d'angle, possède une porte en arc brisé, encadrée de pilastres plats avec pinacles à pointes fleuries et bordée d'une archivolte à haut fleuron. Sur l'accolade moulurée courent des feuilles de choux frisés et des feuilles courbées. Le clocher en encorbellement sur triple arcature coiffé d'une corniche saillante, supporte une chambre octogonale avec pilastres aux angles et percées de deux ouvertures (est et ouest). Une deuxième corniche annonce le départ de la flèche pyramidale à faces percées, tous les deux pans, de jours à fronton triangulaire. Le clocher est flanqué d'une tourelle d'escalier polygonale cerclée de trois cordons moulurés et coiffée d'un dôme de petite dimension. Des jours permettent de lire la montée de l'escalier : comme attendu, ce dernier, en pierre, est en vis. La nef, côté sud est percée d'ouvertures très différentes : à l'ouest une baie en arc brisé, moulurée et coiffée d'une archivolte à feuilles frisées et crosses courbées, similaire à la porte du portail occidental. Au centre une porte en anse de panier à gros tores, encadrée de pilastres ornés de losanges et de torsades. Ces derniers supportent un fronton triangulaire coiffé aux angles de trois boules, sur lequel est gravée l'inscription "J. Berthelot". A l'est un grand oculus éclaire le chœur. Côté nord, la façade est pourvue d'une porte en anse de panier moulurée et d'un second oculus. L'ensemble de l'édifice, hormis la façade ouest, est couronnée d'un bandeau décoré de denticules et de torsades. Un banc mural court le long de ses façades ainsi que sur deux des trois pans du chevet. Cette interruption au niveau du pan central s'explique par la nécessité de combler l'espace créé par l'emplacement de la baie d'origine (traces de reprises visibles) pour l'installation du retable. Le chevet est percé de deux baies en plein cintre à remplage trilobé. A l'intérieur de l'édifice : à l'ouest une tribune et des portes de chancel contemporaines du retable de bois à l'est. Le chœur est séparé de cet espace par une balustrade de bois. L'autel est en pierre et une épaisse mouluration souligne la base et le rebord de la table. Sur sa face antérieure se détachent deux figures en demi-relief, de facture archaïque. Il est ornée d'un décor peint : au centre, une croix avec les instruments de la Passion, encadrée des monogrammes du Christ et de la Vierge et aux extrémités deux vases de fleurs. Sur l'autel repose le tabernacle à trois pans et ailerons latéraux, avec superstructure ajourée, elle aussi tripartite. Dans le mur de l'abside, une crédence surmontée d'une tablette ornée de denticules et d'un cordon torsadé, similaire à celui couronnant l'édifice à l'extérieur, et un sacraire, tous deux fortement moulurés et en plein cintre, accompagnent l'autel. L'ensemble est contemporain de la chapelle. Le retable qui surmonte l'autel, s'organise en trois volets séparés par des colonnes corinthiennes galbées. Le tableau qui ornait jadis le panneau central, n'existe plus ; il ne subsiste que le cadre. Les ailes, légèrement en retour, accueillent un socle sur lequel repose une statue cernée d'un cordon, créant l'effet d'une fausse niche. L'entablement épouse la courbure du cadre central. Au dessus, trois niches distinctes composent le dernier étage : deux à frontons curvilignes aux extrémités, celle du centre étant certainement destinée à accueillir un second tableau, aujourd'hui remplacé par un Christ en croix. La statuaire a été plusieurs fois déplacée : la statue de Notre-Dame de Quelven se trouve aujourd'hui dans la niche nord du retable. C'est une Vierge assise portant, debout sur son genou gauche, son enfant. L'emblême qu'elle présentait à la main droite à disparu. Elle diffère de la Vierge ouvrante de Quelven (Guern) par la simplicité de sa facture. Dans l'autre niche au sud, une sainte reine debout sur son socle. Au dernier niveau : saint Jean et la Vierge douloureuse. L'ensemble de l'édifice est couronné par des sablières de bois entièrement sculptées d'ornements géométriques : dents de scies et denticules en creux et en relief, cordons torsadés mais aussi masques, parfois barbus, tantôt souriants, tantôt tristes et angelots. Les entraits de bois, aujourd'hui disparus et remplacés par des tirants métalliques, étaient certainement richement décorés, comme en témoignent les quelques têtes de dragons, encore en place. Ces éléments, étaient peints. Des traces de pigments jaune sont visibles sur une sablière et bleu sur une tête de dragon, actuellement au sol.

Murs granite
pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvertures flèche en maçonnerie
toit à longs pans
croupe
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis avec jour
en maçonnerie
Typologies chapelle à clocher pignon, stèle christianisée
Techniques sculpture
Représentations denticule losange feuille accolade pilastre pinacle
Précision représentations

Décor de losanges, denticule et pinacles, porte sud. Accolades et feuilles, porte est et fenêtre sud. Denticule, têtes humaines et de dragons sculptées, sablières et entraits de la nef.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1925

Annexes

  • 20105607734NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3 P 195.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Nostang. Plans cadastraux, 1837. Plan d'assemblage. Plans par feuilles..

  • DU HALGOUET, Hervé, Notes archéologiques sur le département du Morbihan. A.D. Morbihan.

    T. II, p. 60
Documents figurés
  • A. M. Lorient. 5 Fi 12398. S. d. (début 20e siècle ?). Nostang. Chapelle Notre-Dame de Légevin.. Photographie, collection Crolard.

  • Base mémoire / image / G. Estève / sap01_mh059496_p.jpeg / chapelle Notre-Dame de Légevin.

  • Base mémoire / image / G. Estève / sap01_mh059497_p.jpeg / Intérieur de la chapelle Notre-Dame de Légevin.

Bibliographie
  • DANIGO, Joseph. Eglises et chapelles du doyenné de Port-Louis. S.l., 1984.

    p.85-88
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.

    p. 240
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan Paris, 1863.

    p. 59
  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 911

Liens web