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Caserne Sourdis, Route de Quélern (Roscanvel)

Dossier IA29001785 inclus dans Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié réalisé en 2004
Appellations Caserne Vauban
Destinations caserne
Dénominations caserne
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Roscanvel
Lieu-dit : Route de Quélern
Adresse :
Cadastre : AK 113
Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Dates 1793, daté par source
1826, daté par travaux historiques
Murs maçonnerie
Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages rez-de-chaussée, 2 étages carrés, 2 étages de comble
Couvertures toit à deux pans
États conservations restauré

Il s'agit d'un site en terrain militaire : l'accès est interdit sans autorisation préalable.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • OUVRAGES DE QUELERN par Philippe Truttmann, septembre 1972.

    (Y compris lignes, réduits, caserne Sourdis et bâtiments divers)

    Situation : à la base de la presqu´île de Roscanvel et barrant l´isthme à 2 500 mètres au sud-sud-ouest de l´agglomération de Roscanvel.

    CASERNE SOURDIS

    Au moment de la descente anglaise sur Camaret en 1694, on installe des troupes en cantonnement provisoire dans le ravin de Pen-Ar-Poul et à l'emplacement de la caserne actuelle (Plan de Traverse du 16 janvier 1699). Ces troupes étaient destinées soit à intervenir contre le débarquement attendu, soit en cas de réussite de la tentative à assurer la défense des retranchements devenus ensuite les lignes de Quélern.

    Malgré la construction à la fin du 17e siècle et au 18e siècle de petits bâtiments militaires à l'intérieur des lignes, le logement des effectifs nécessaires à la défense des lignes n'était pas réglé.

    La caserne Sourdis construite de 1793 à 1826 fut décidée pour réduire ce déficit. Dans le projet d'origine, le bâtiment, établi selon le plan-type de casernement de Vauban, devait comporter quatre travées indépendantes juxtaposées (On sait que le casernement type dû à Vauban (approuvé par Colbert en 1679) était constitué par une travée éleméntaire juxtaposable indéfinitivement. Si la caserne Sourdis avait été terminée, elle aurait eu une capacité de 800 hommes, c'est à dire l'effectif estimé nécessaire par De Caux en 1776 pour défendre les lignes de Quélern.) ; deux seulement furent achevées, le rez-de-chaussée de la troisième ayant été seulement amorcé.

    Implantation : le bâtiment est situé au pied du plateau de la presqu'île, sur un replat à proximité immédiate du rivage de la baie de Roscanvel et de la porte des lignes dite porte de Crozon. Orienté nord / sud, sa façade principale fait donc face à l'est, on bénéficie ainsi d'un excellent défilement contre les coups du large et les coups venant du sud (arrêtés par le rempart des lignes). Seuls sont à craindre les coups venant de l'est (bombardement naval) ce qui implique soit un forcement du goulet, soit un débarquement et une attaque à revers du dispositif.

    Organisation : plan rectangulaire. Le bâtiment est divisé par un refend transversal, en deux "cellules" ou "travées" identiques, à trois niveaux (rez-de-chaussée plus deux étages, plus combles, plus grenier).

    Chaque cellule est elle-même divisée en trois, toujours transversalement, par deux refends délimitant une sous-travée centrale contenant, à chaque niveau, la cage d'escalier et une chambre de sous-officier, et séparant deux grandes chambres de troupe ; ce qui donne, à chaque niveau deux chambres de troupe (à 15 lits) et une chambre de sous-officier.

    Chaque chambrée de troupe comporte deux fenêtres (une à chaque extrémité), une porte donnant sur le palier de la cage d'escalier, une cheminée adossée au refend extérieur de la travée (ou au mur pignon). Ces dispositions ont l'inconvénient de laisser une trop grande place aux cages d'escalier, puisque chaque travée a la sienne.

    Etages planchéiés sur poutraison en bois.

    Extérieur : façade en maçonnerie enduite au mortier, sur laquelle tranchent les chaînes d'angle, les encadrements de porte et de fenêtre en gros appareil de granite clair, harpé, et les bandeaux de granite soulignant chaque niveau.

    Les refends étaient prévus pour dépasser la toiture : cette disposition n'apparait que pour le pignon sud (Disposition permettant aux refends de jouer le rôle de mur coupe-feu, ce qui rend plus délicate la réalisation d'une toiture étanche.) dont les rempants sont découpés en escalier.

    Toiture à grande pente, en ardoise, percée de deux rangées de lucarnes. Cette toiture n'est pas portée par des fermes mais des poutres longitudinales encastrées dans les refends tranversaux.

    L'amorce de la troisième travée, inachevée, se limite à un embryon de façade au rez-de-chaussée transformé ultérieurement en appentis.

    Conclusion : bâtiment massif, assez banal, mais simple et fonctionnel que les harpages des chaînes d'angle et des encadrements de baies mettent en harmonie.

  • L'architecture du quotidien et la vie de garnison

    Lécuillier Guillaume, mars 2007 in Mont-Dauphin, une place-forte de Vauban de Nicolas Faucherre, éditions Aristeas / Actes Sud / Cité de l'Architecture et du Patrimoine, collection multimédia "Les grands témoins de l'architecture", septembre 2007, 126 p. et cédérom interactif.

    La caserne (du latin castra) est un bâtiment destiné au logement des troupes. Dans une place-forte, elle est toujours située près du rempart - le long des courtines, à proximité immédiate des postes de combat. Chacune abrite la compagnie chargée de la défense d´un bastion, et chaque chambrée a en charge une pièce d´artillerie.

    Jusqu´au règne de Louis XIV, les soldats sont logés essentiellement chez l´habitant, ce qui provoquait bien des tracas dans les villes de garnison et donnait une piètre image de l´armée en campagne ! (augmentation spectaculaire de la natalité notamment !) Du côté du commandement, le "logement de gens de guerre chez l´habitant" est vécu comme un mal nécessaire quoiqu´il entraîne : dispersion (dans la ville et ses faubourgs) ; indiscipline (le soldat de l´époque boit beaucoup !) ; risque supplémentaire de désertion (le mal des armées...) ; désordre et lenteur quand il faut rassembler les troupes.

    Le nombre considérable de soldats du Roi, la multiplicité des conflits (hiver comme été, et sur quasiment tous les fronts) et la professionnalisation de l´armée (le soldat n´est plus, comme avant, licencié à la fin d´une campagne) obligent à concevoir des logements spécifiques pour les troupes : les casernes.

    Le plan-type de la caserne est conçu et normalisé par Vauban à l´occasion de la construction de la citadelle de Lille en 1667. Il est imprimé le 28 octobre 1680 sur ordre de Louvois pour être diffusé dans toutes les places-fortes de son département.

    La caserne Vauban se présente comme une cellule élémentaire dont le nombre est modulable en fonction des besoins. Le tout juxtaposé forme les casernes ou casernements.

    La cellule ou module comprend une cage d´escalier centrale encadrée, à chaque niveau, de deux chambres de 12 hommes avec cheminée pour le chauffage et la cuisine (chaque chambrée disposant d´un chaudron ou marmite et préparant "sa pitance"). La cellule "standard" développée sur trois niveaux permet de loger la totalité d´une compagnie soit cent quarante quatre hommes. Chacune des douze chambres est dotée de quatre lits à trois places fournis par un entrepreneur militaire.

    Quant aux latrines, elles sont disposées à l´extérieur de la caserne.

    L´avantage de cette normalisation qui préfigure en quelque sorte la maison clés-en-main, réside dans la prévision exacte du prix de revient de la construction d´une cellule, tout en supprimant l´intervention de l´architecte. Chaque cellule de base est isolée des autres par un mur. Si certains ont pu y voir une mesure destinée à éviter les rixes entre compagnies, ce système permet de faire l´économie d´un pignon lors de la construction... A Givet dans les Ardennes, le grand quartier dit Caserne Rougé alignait dix-huit cellules et avec les pavillons d´officiers dépassait les quatre cent mètres de longueur.

    Dans certains cas, les casernes sont intégrées au rempart et suivent son tracé (Grand Quartier de la citadelle de Belle-île, prévu en 1696, réalisé au milieu du 18e siècle), elles peuvent aussi être voûtées à l´épreuve de la bombe (Belfort, Mont-Louis). Au besoin, les casernes en rez-de-chaussée peuvent également servir d´écurie à la cavalerie.

    La caserne à la Vauban se perpétue jusqu´aux débuts du 19e siècle ainsi la caserne Sourdis en rade de Brest construite de 1793 à 1826 est strictement conforme au modèle de casernement à deux cellules.

  • 19862901672XB : Archives Départementales, Finistère

    19862901673XB : Archives Départementales, Finistère

    19862901674XB : Archives Départementales, Finistère

    19692900311V : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume