Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Caserne défensive, année "1857" dite "Caserne Robert" (Roscanvel)

Dossier IA29001336 inclus dans Vestibule et rade de Brest : ensemble fortifié (19e siècle) réalisé en 2002

LES FORTIFICATIONS DE LA RADE DE BREST, UN PATRIMOINE RECONNU

Le goulet de Brest : les côtes de Léon et de Cornouaille

La pointe Robert à Roscanvel (2011)

Une importante batterie de côte

Dès la fin du 17e siècle un ouvrage défensif est attesté sur la pointe située à proximité du hameau nommé Kergadiou. C’est par un étroit sentier qu’on accède à une vaste plate-forme située à flanc de falaise, à une trentaine de mètres d’altitude : il s’agit d’une batterie de côte. L’implantation en terrasse a vraisemblablement nécessité un important travail de déroctage à la mine. D’après l’Atlas des places fortes de France de 1784, une batterie de côte désignée batterie Robert est mentionnée sur l’actuelle pointe Robert. Elle s’intercalait entre les batteries de la pointe des Espagnols et de Beaufort (situées immédiatement à l’est de la batterie de Cornouaille). Le cadastre ancien relève au moins trois éléments défensifs en plus de la batterie et le toponyme Fort Robert. Un sémaphore est également mentionné sur la pointe à environ 60 m d’altitude. En 1841, la commission mixte d’armement des côtes recommande l’armement de la batterie (6 canons de 30 livres de balle et 6 obusiers de 22 cm enfer). L’avis du comité des fortifications du 7 novembre 1844 confirme la décision de la commission 68. Les sources font état de travaux importants pour le réaménagement de la batterie Robert en 1862. Le pied de l’escarpe de la batterie est renforcé par "rempiètement" et le parapet, à barbette, élargi et redessiné pour accueillir une nouvelle artillerie. La plate-forme est également élargie par déroctage de la falaise. Le plan de la batterie et surtout les coupes montrent également une seconde plate-forme à environ 6 m en contrebas. Il pourrait s’agir des vestiges de la batterie vaubanienne.

La batterie Robert est mentionnée dans l’Atlas de mise en état de défense des côtes de l’Empire français de 1858. Elle est classée en premier degré d’importance, son armement reste inchangé. L’état de la commission de défens des côtes en date du 7 février 1870, annexé au projet d’instruction pour la révision à faire de l’armement du littoral (Archives de l’Artillerie), mentionne les 12 pièces d’artillerie antérieures mais recommande l’installation de 2 canons marine rayés de 27 cm modèle 1864 et de 8 canons rayés de 30 cm modèle 1870. Quatre canons de 47 mm modèle 1885 à tir rapide sont proposés en 1889 sur une nouvelle plate-forme située à 13 m d’altitude en contrebas de la batterie principale et accessible par un escalier. Ils seront finalement mis en place sur la batterie principale en 1894. Ces canons à tir rapide mais d’une portée réduite ont pour rôle de lutter contre les torpilleurs. La caserne défensive estutilisée comme magasins de stockage (projectiles et matériel) pour la batterie à tir rapide. Le programme général de défense des côtes du 1er août 1922 prévoit l’installation de 4 canons de 75 mm modèle 1908, en place en février 1940 et récupérés en bon état par l’occupant. La batterie, très fortement dégradée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, est aujourd’hui en partie éboulée et recouverte de végétation mais les travaux de 1862 apparaissent clairement dans la maçonnerie : on distingue un appareillage plus ancien et un bandeau en moellons de grès jaune. On peine cependant à distinguer la longueur réelle de l’ouvrage qui atteignait 80 m en 1862. À titre de comparaison, la batterie Robert avant 1870 ne compte que 6 canons de moins que la grande batterie basse de Cornouaille.

Une caserne défensive atypique

Le corps de garde crénelé n° 1 modèle 1846, issu des recommandations de la commission mixte d’Armement des côtes mise en place le 11 février 1841, fait place à une caserne défensive construite entre 1857 et 1859 en arrière de la batterie Robert. Elle doit permettre de loger les servants de la batterie soit, en théorie, pour 12 pièces d’artillerie, une garnison de 60 hommes et leur officier. Pour s’adapter à la configuration des lieux, le plan de l’édifice mélange les dispositions des corps de garde crénelés et des casernements des redoutes-modèles 1846 ce qui donne un résultat pour le moins singulier.L’édifice semble faire corps avec la falaise qui le protège à l’ouest des coups de plein fouet venant du large. Il est dépourvu de terrasse défensive – c’est un simple toit à deux pans à faible pente – car commandé par la falaise en arrière.

De plan rectangulaire orienté est-ouest, elle mesure 27 m de longueur pour 9 m de largeur et près de 10 m de haut. À l’intérieur, elle se compose de quatre grands volumes séparés par des murs de refend. Les quatre voûtes transversales sont contrebutées par des arcs-boutants extérieurs en demi-berceau : à l’est, deux arcs sur piliers, et à l’ouest, trois arcs prenant appui sur la falaise. Un sixième arc adossé à la falaise au nord s’appuie sur le mur central de refend. Deux murs défensifs percés de créneaux de fusillade isolent la partie arrière du bâtiment. Sur cette disposition particulière, Philippe Truttmann souligne "l’avantage d’isoler de l’humidité le terrain des locaux, de permettre à ceux-ci de recevoir de l’air et de la lumière par des ouvertures non exposées aux coups". Des latrines ont été aménagées à l’ouest dans cet espace clos. À l’est, l’entrée de la caserne est précédée d’un fossé sec de 2 m de profondeur que l’on franchit par un pont-levis à contrepoids. Une seconde entrée, de service, a été aménagée dans le mur défensif ouest afin de permettre un accès direct au magasin à poudre pour approvisionner les canons.

Dans la caserne, les volumes sont coupés par un plancher, ce qui donne environ 450 m² de surface utile, répartie sur deux niveaux. Un couloir central permet de distribuer les différentes pièces. D’est en ouest, on trouve au rez-de-chaussée, l’entrée dotée d’une porte, le vestibule d’entrée flanqué de créneaux de fusillade et d’un assommoir, la cage d’escalier permettant l’accès au premier étage, la cuisine, des magasins, un logement pour 16 hommes et le magasin à poudre ; à l’étage, des logements pour 48 hommes et la chambre du chef de poste. Enfin, une citerne, accessible par une trappe située dans la cage d’escalier, avec filtre et citerneau, alimentée par les eaux pluviales collectées sur la toiture, a été aménagée en sous-sol. Selon l’Atlas des batteries de côte, la capacité totale de la caserne est de 66 hommes dont un sous-officier et un officier. La défense rapprochée est rendue possible grâce aux 22 créneaux de fusillade – dont trois sur les murs défensifs, assurant un parfait flanquement. Si l’ensemble de la maçonnerie est en moellons, les ouvertures sont encadrées de pierre de taille de granite et une corniche faisant bandeau rappelle le cordon de la fortification classique.

Les évolutions du site de 1862 à nos jours

Le site, en vis-à-vis de la batterie du Grand Dellec, est choisi en 1884 pour installer une batterie de rupture casematée au ras de l’eau. Selon le plan-type en usage, on trouve deux chambres de tir avec cheminées d’aération verticales, un bassin-citerne, un magasin à munitions, une galerie et l’escalier d’accès. L’ensemble a été aménagé en 1888. Cette batterie est armée par deux pièces d’artillerie modèle 1870-1884 d’un calibre de 32 cm sur affûts spéciaux. Les casemates ont été désarmées en 1915 par la mer afin de récupérer les tubes pour l’artillerie lourde sur voie ferrée.

Au sommet de la pointe, une nouvelle batterie de bombardement en arc de cercle est aménagée en 1888. L’armement se compose de quatre canons de 32 cm de calibre modèle 1870-1884. Lors de la Seconde Guerre mondiale, des troupes allemandes de l’armée de l’air (Luftwaffe) y installent une batterie de 3 pièces antiaériennes de 40 mm (ensemble codé C 334). Un projecteur de 150 cm est installé derrière le parapet de l’ancienne batterie tandis que la caserne sert à nouveau à loger des soldats.

En 1889, deux terrains ont été demandés par la Marine pour l’établissement d’un groupe de projecteurs (feu fixe de reconnaissance et feu de tir) orienté vers la "direction passant entre les Fillettes et la Basse Goudron". Deux projecteurs Mangin, l’un de 60 cm et l’autre de 90 cm, sont mis en place vers 1890. Ils nécessitèrent la construction de deux abris de jour et de combat, d’escaliers aménagés à flanc de falaise permettant l’accès et d’une usine électrique de première génération afin d’abriter la machine motrice. Un poste de commande a été installé un peu plus haut sur la falaise entre les abris de projecteurs et la caserne. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la caserne Robert a été malheureusement traversée de part en part par une bombe. Éventré, l’édifice se maintient cependant tant bien que mal en dépit de l ’absence totale d’entretien depuis 65 ans. La végétation et notamment le lierre quicouvrent les murs participent à la végétalisation du bâtiment qui semble désormais absorbé par la falaise. Durant l’été 2007 a eu lieu une importante campagne de déminage dans une ancienne soute à munitions de labatterie haute : 1 500 obus de 40mm allemands ont ainsiété neutralisés "par pétardage". Ce terrain militaire nommé "fort du Robert" [sic] a été transféré au Conservatoire du littoral en 2009".

(Lécuillier Guillaume, 2011)

Lécuillier Guillaume (dir.), Jean-Yves Besselièvre, Alain Boulaire, Didier Cadiou, Christian Corvisier, Patrick Jadé. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

Appellations Fort Robert, Caserne Robert
Parties constituantes non étudiées latrine
Dénominations ensemble fortifié, caserne, corps de garde
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Roscanvel
Lieu-dit : Pointe Robert
Cadastre : D 634
Période(s) Principale : milieu 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1850, porte la date, daté par source
1851, daté par source
1857, daté par source
Murs granite
schiste
moellon
pierre de taille
grand appareil
moyen appareil
maçonnerie
Toit granite en couverture, tuile, matériau synthétique en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau
Couvertures extrados de voûte
toit à deux pans
Typologies caserne défensive voûtée à l'épreuve de la bombe
États conservations désaffecté, mauvais état, inégal suivant les parties, envahi par la végétation
Techniques peinture rupestre
Représentations tête humaine buste soldat
Mesures l : 27.0 cm
la : 9.0 cm

Il s'agit d'un site historique appartenant au Conservatoire du littoral.

Statut de la propriété propriété d'un établissement public
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler
Éléments remarquables ensemble fortifié

Annexes

  • Etude de l'ensemble fortifié de la pointe Robert, Roscanvel.

    1. La batterie de côte primitive : fin 17e siècle - 1ère moitié 19e siècle

    L´installation d´ouvrages défensifs par aménagement d´une terrasse à flanc de falaise a nécessité un important déroctage à la mine.

    Une première batterie de côte dite "rasante" a été construite pointe Robert à la fin du 17e siècle. Située à environ 33 mètres d´altitude, à la limite nord de la terrasse de l´actuelle caserne défensive, la batterie de côte "Vauban" semble subsister avec la présence d´un mur avec fruits en appareils de schiste et quelques bandeaux résiduels de gré jaune.

    D'après l'Atlas des places fortes de France de 1784 (tome 69a : ouvrages extérieurs de Brest par De Caux) ; une batterie de côte désignée "batterie Robert" est mentionnée sur l'actuelle "pointe Robert". Elle s'intercalait entre les batteries de la "pointe des Espagnols" et de "Beaufort" (située immédiatement à l´est de la Batterie de Cornouaille).

    La batterie Robert est mentionnée dans l'Atlas des côtes de France 1818-1848 (tome 192 : direction de Brest). Le cadastre ancien relève au moins trois éléments défensifs (apparaissant en bleuté) en plus de la batterie et le toponyme "Fort Robert". Un sémaphore est mentionné sur la hauteur de la pointe vers 62 mètres d´altitude.

    En 1841, la commission des côtes recommande l'armement de la batterie (12 "canons de 30 et obusiers de 22 en fer"). L'avis du comité des fortifications du 7 novembre 1844 confirme la décision de la commission.

    La batterie Robert est mentionnée dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classée en 1er degré d'importance, elle est armée de 6 "canons de 30 livres" et 6"obusiers de 22 cm".

    L´état de la commission de Défense des côtes en date du 7 février 1870 annexé au projet d´instruction pour la révision à faire de l´armement du littoral (Archives de l´Artillerie) mentionne les 12 pièces d´artillerie antérieures mais recommande l´installation de 2 canons Marine rayés de 27 cm modèle 1864 et 8 canons rayés de 30 cm modèle 1870.

    2. La caserne défensive : 1851

    Une caserne défensive à l´épreuve de la bombe souvent appelée à tort "fort Robert" est construite au milieu du 19e siècle, le linteau au dessus de l´entrée porte la date de 1851. L´ouvrage se situe sur une terrasse aménagée à flanc de falaise à 33 mètres d´altitude. De plan rectangulaire mesurant 27 mètres de longueur pour 9 mètres de largeur, la caserne est dotée de six arcs - boutants : "deux à l´ouest appuyés à la falaise comme celui de la façade postérieure, deux à l´est de part et d´autre du pont-levis".

    La distribution intérieure se compose de "quatre grandes pièces recoupées par un plancher intérieur sur solives de bois longitudinales (disparus ?)", tandis que la couverture (en terrasse à l´origine : ?) fait appel à un "concert de quatre voûtes de blocage transversales épaisses (berceau en segment)". A ces quatre pièces correspondent en façade quatre travées d´ouvertures sur deux niveaux et une succession de créneaux de fusillade. Les murs de refend sont percés d´une porte axiale en segment appareillé. L'épaisseur des murs (remplissage en moellon de schiste avec chaîne en pierre de taille de granite de l´Aber-Ildut) est de 60 centimètres et doublée pour les murs des pignons et des magasins à poudre et aux projectiles. Les ouvertures supérieures sont plus grandes que celles du rez-de-chaussée (fenêtres à linteau en segment, montants et linteau appareillés, appui monolithe en granite). Un bandeau continu en granite gris règne sous l´égout de la toiture couvert d´une bâtière ajoutée à posteriori (deux pans faiblement inclinés : tuiles canal à l´est, goudron à l´ouest).

    S´inscrivant dans la lignée des réduits de batterie de côte modèle 1846, la caserne comporte trois niveaux :

    - 1er niveau (accessible par une trappe située dans la cage d´escalier) : deux citernes souterraines avec filtre et citerneau sont alimentées par les eaux pluviales collectées sur la toiture.

    - 2ème niveau, rez-de-chaussée percé de créneau de fusillade : entrée dotée d'un pont-levis à contrepoids, vestibule d'entrée flanqué de créneaux de fusillade, couloir, cage d´escalier, logement du sous-officier, magasins aux vivres, cantine, magasin au matériel de la batterie, chambre pour 16 hommes. A l´ouest, une entrée secondaire (porte à encadrement rectangulaire à feuillure en segment appareillé de granite) flanquée d´un créneau de fusillade permet l´accès aux deux magasins à projectiles voûtés à l´épreuve de la bombe et protégés d´un bombardement naval par la falaise et les arcs-boutants.

    - 3ème niveau, étage planchéié voûté à l´épreuve de la bombe percé de créneau de fusillade : cage d´escalier, logement du chef de poste, casernements (5 chambres desservies par un couloir central).

    Nous estimons l´effectif de la caserne à 60 soldats dont un sous - officier et le chef de poste.

    Un fossé sec et deux murs défensifs percés de créneaux de fusillade (trois au total) concourent à la défense rapprochée du corps de garde.

    Probablement utilisée comme casernement par les troupes allemandes, la caserne défensive a été touchée de plein fouet par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Des peintures murales de soldats (notamment un buste de marin fumant la pipe) sont encore visibles au premier étage. En partie éventré, l´ouvrage, décrit comme "ruiniforme" par Louis Chauris est envahi par la végétation. Il attend - pourquoi pas, une protection au titre des Monuments Historiques et une possible restauration.

    3. Nouvelles batteries de côte : de rupture, de bombardement et à tir rapide : 1888-1892

    D´après l´Atlas des batteries de côte de 1893 (n° 20 : côtes de Brest), la pointe Robert compte trois batteries de côte appartenant à la Marine construite en 1888-1889 et un logement pour le gardien de batterie situé immédiatement derrière le hameau de Kergadiou. Le terrain borné et couvert principalement de lande est clôturé par un talus couvert de broussaille. En 1959, l´entrée de la batterie - de 3,2 mètres de largeur, se compose de 2 piliers en béton armé et d´un portillon de 0,75 mètre de large.

    A. Batterie de rupture

    A 4,7 mètres d´altitude : la batterie de rupture construite en 1888 est équipée de 2 canons M de 32 cm modèle 1870-1884 sur affûts M modèle 1888 (L´usage du "double millésime" rappelle que le canon de Marine conçu pour la défense des côtes est par mesure d´économie coulé en fonte de fer au lieu d´être en acier. La deuxième date correspond à l´année de sortie du canon dans l´artillerie navale.). Le tube du canon de 32 cm modèle 1870-1884 mesurait 9 mètres de long pour un poids avoisinant les 50 tonnes.

    "Le tir de rupture a pour objet la perforation des murailles cuirassées des bâtiments, en vue de les atteindre dans leurs parties essentielles situées au-dessus de l´eau (ligne de flottaison, artillerie de gros calibre, appareils à gouverner, etc.). Il exige une vitesse de choc et une force vive très considérables".

    La batterie de rupture (désignée parfois comme "batterie casematée") se compose :

    - De deux vastes chambres de tir (M) sous roc à une embrasure (10 mètres de protection), voûtée (3,9 mètres de hauteur sous clé) et communiquant par l´arrière. La protection du canon du côté du goulet est assurée par une maçonnerie de trois mètres d´épaisseur.

    - Un bassin servant à l´entretien et la sécurité de la batterie.

    - Un magasin à poudre (3,15 mètres de hauteur sous clé) doté d´un système d´égout et de ventilation.

    L´ensemble (170 mètres carrés) est accessible par un escalier de 2 mètres de largeur ; deux grandes cheminées verticales - mise en sécurité par la pose de grille il y a moins de 10 ans, servaient à l´évacuation des fumées de tir.

    La batterie de rupture de Robert est entièrement visitable.

    B. Batterie à tir rapide

    A 13 mètres d´altitude : la batterie basse à tir rapide est équipée de 4 canons M de 47 mm modèle 1885 TR. La batterie sera déménagée après 1889 pour être installée en avant de la caserne défensive à 33 mètres d´altitude. Les sous-sellettes d'affûts sont encore visibles ainsi que la plate-forme de l´ancienne batterie en contrebas, accessible par un escalier. La caserne défensive est utilisée comme magasins de stockage (magasins aux projectiles et au matériel) pour le batterie à tir rapide.

    Un abri sous roc (J) désignée comme "soute à munitions" (9,3 mètres carrés) a été aménagé dans la falaise à proximité immédiate de l´abri-usine des projecteurs.

    C. Batterie haute de bombardement

    A 65,07 mètres d´altitude : la batterie haute de bombardement est équipée de 4 canons M de 32 cm modèle 1870-1884. Construite en 1888 sur le plateau de la pointe Robert, elle affecte une forme elliptique (ou "en croissant"). Le tube du canon de 32 cm mesurait 9 mètres de long pour un poids avoisinant les 50 tonnes.

    "Le tir de bombardement a pour objet de tenir les vaisseaux ennemis à distance, pour les empêcher soit de bombarder les ports, soit de tenter une opération quelconque contre les côtes, il s´exécute avec des obus chargés en explosifs et vise la destruction des œuvres mortes non cuirassées des bâtiments ; il menace le personnel et le matériel installés sur le pont ou les superstructures, ou seulement abrités par des murailles et des ponts non blindés ou insuffisamment blindés".

    La batterie haute de bombardement est composée (Préfecture Maritime, rapport d´octobre 1959) :

    - De 3 ouvrages en élévation (A, B, C) : du nord au sud, poste de commandement du groupe dit "poste télémétrie" (24,8 mètres carrés) en moellon de 0,5 mètre plus une couche en béton armée de 0,25 mètre d´épaisseur de protection ; "poste de commandement" (11,4 mètres carrés) en moellon de 0,5 mètre plus une couche en béton armée de 0,5 mètre d´épaisseur de protection ; "local des appareils" (6,7 mètres carrés) en moellon de 0,4 mètre plus une couche en béton armée de 0,13 mètre d´épaisseur de protection.

    - Sous les traverses, de 4 soutes voûtées sous merlon (E, F, G, H) : du nord au sud, abri au matériel (93 mètres carrés) en moellon de 1,35 mètre d´épaisseur de protection ; niche aux projectiles (23,7 mètres carrés) en béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur et 0,4 mètre d´épaisseur pour le mur de façade ; magasin à poudre (48,4 mètres carrés) en béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur et 0,4 mètre d´épaisseur pour le mur de façade ; niche aux projectiles (23,7 mètres carrés) en béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur et 0,4 mètre d´épaisseur pour le mur de façade.

    - Un magasin sous roc (I) (119 mètres carrés) d´une protection de 6 mètres a été aménagé sous le poste de commandement. Le magasin, éclairé par un créneau à lampe évasé est accessible par un escalier de 2 mètres de largeur et un monte-charge aménagé dans sa partie est. Les entrées (escalier et monte-charge) sont protégées par une voûte bétonnée.

    - Selon les normes en vigueur pour l´entretien et la sécurité des batteries de côtes, un bassin désigné à tort "lavoir" (N) d´une contenance de 8 mètres cubes a été construit le long de la "rue de la batterie".

    - Un observatoire en béton armé dit "poste de télémétrie" est situé à flanc de falaise à environ 55 mètres d´altitude sur le chemin d´accès entre la batterie haute et la caserne.

    4. Les projecteurs : 1889-1890

    D´après le plan général de la pointe Robert au 1/1000 daté du 25 septembre 1889, deux terrains ont été demandés pour l´établissement d´un groupe de projecteurs orientés vers la "direction passant entre les Fillettes et la Basse Goudron". Le plan est signé du capitaine de vaisseau A. Monin directeur des mouvements du port, du capitaine d´artillerie de marine F.E. Lepin, de l´ingénieur des travaux hydraulique de la marine H. Willotte, du chef de bataillon, chef du Génie de Prémesnil, de l´ingénieur des ponts et chaussées A. de Miniac.

    Deux projecteurs, l´un de 60 cm (L) et l´autre de 90 cm (K) sont mis en place vers 1890, ils nécessitèrent la construction de deux abris et d´une usine électrique (proche de celle de Toulbroc´h et souvent appelé à tort la "poudrière") abritant la "machine motrice".

    Le groupe de deux projecteurs de la pointe Robert est composé :

    - D´un abri (K) servant d´abri de jour et de combat (41,5 mètres carrés) pour projecteur de 90 cm monté sur rails et pivotant grâce à une plaque tournante : construction voûtée en moellon et béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur. L´accès se fait par un trou d´homme et une échelle métallique. L´un des deux volets blindés de protection est encore en place.

    - D´un abri (L) servant d´abri de jour et de combat (25 mètres carrés) pour projecteur de 60 cm monté sur rails et pivotant grâce à une plaque tournante : construction voûtée en moellon et béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur. L´accès se fait par un trou d´homme et une échelle métallique.

    - D´un abri-usine (D) (118,2 mètres carrés) : construction de plan rectangulaire voûtée (4,4 mètres sous clé) en maçonnerie de moellon de 1,3 mètre d´épaisseur pour les parois nord-ouest et sud-est et 0,75 mètres d´épaisseur pour la paroi sud-ouest. Elle est entièrement ouverte au nord-est.

    - Un poste de commande a été installé un peu plus haut sur la falaise entre les abris de projecteurs et la caserne.

    5. La Première Guerre Mondiale

    D´après l´Atlas des batteries de côte de 1913 (Tome n° 2 bis : place de Brest mis à jour) et 1914, la pointe Robert compte toujours trois batteries de côtes d´armement identiques ? à 1893 appartenant à la Marine.

    Les trois batteries de la pointe Robert sont désarmées pendant la première guerre mondiale pour les besoins du front. Récupérés, les 6 canons M de 32 cm modèle 1870-1884 seront montés sur voie ferrée (Constitution de l´Artillerie Lourde de Voie Ferrée).

    Le programme général de défense des côtes du 1er août 1922 (Archives de la Marine, 1 BB3 180 et 181) prévoit l´installation de 4 canons de 75 mm modèle 1908.

    6. La Seconde Guerre mondiale

    "Cet ouvrage a peu servi aux allemands. Les français y avaient une batterie de Défense Contre Avions de 75 mm S.A.. modèle 1908 qui aurait été récupérée à peu près intacte par les Allemands en 1940 et transportée ailleurs. Les allemands l´avaient remplacée par une batterie de 3 pièces de 40 mm et ont utilisé les soutes sous roc d´origine française. L´ouvrage était seulement protégé par des barbelés".

    A l´est de la pointe Robert : "Au bas de la falaise, les allemands ont creusé un local sous roc où ils ont installé un tube lance-torpilles quadruples ; pour défendre l´accès du goulet. Les tubes et torpilles n´ont pas été sabotés".

    Source : Service Historique de la Marine. Brest. Rapport Pinczon du Sel. Livre IV. Le Mur de l´Atlantique la côte de la Manche et de l´Atlantique du Mont Saint-Michel à Laïta. 1947-1948, p. 163.

    7. L´après-guerre

    Utilisé un temps comme terrain de manoeuvre, l´ensemble fortifié de la pointe Robert est aujourd´hui en en partie envahie par la végétation. Un char Panhard de reconnaissance a été laissé à l´abandon sur le chemin d´accès de la batterie haute.

    La batterie haute de bombardement est en cours de déminage (2006 : présence de nombreux obus) ; elle est interdite d´accès.

  • 20032901857NUCA : Archives Départementales, Finistère

    19692900312Z : , Bande n° 221.

    19692900313Z : , Bande n° 221.

    19692900314Z : , Bande n° 222.

    19712900531P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712902368NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712902369NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service Historique de la Marine. Brest. Rapport Pinczon du Sel. Livre IV. Le Mur de l´Atlantique la côte de la Manche et de l´Atlantique du Mont Saint-Michel à Laïta. 1947-1948.

    p. 163
(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume