Logo ={0} - Retour à l'accueil

Carrières de l'Ile Fougère (Pleumeur-Bodou)

Dossier IA22006051 réalisé en 2006

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

AppellationsIle Fougère
Parties constituantes non étudiéesquai, enclos, abri
Dénominationscarrière
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
AdresseCommune : Pleumeur-Bodou
Lieu-dit : Ile Fougère
Cadastre : 1819 , A1

L'Île Fougère est trois ou quatre fois plus petite que l'île Losquet. Cependant l'extraction de granite y a laissé beaucoup plus de traces, moins sur l'estran que sur l'île elle-même au niveau des anciennes constructions et abris de carriers (enclos, cabanes, forge). L'extraction était aussi importante sur l'estran. Sur l'île, deux carrières, dont une très importante située au sud-est, avec un quai d'embarquement. Par arrêté du 20 mai 1889, le maire de Trébeurden autorisait l´ouverture d´un débit de boisson à Eugène Belloir. L'Île Fougère avait été choisie pour approvisionner le viaduc de Morlaix (1861-1863) avec le maximum de régularité. On pouvait y exploiter en tout temps, même à marée haute. Mais dans cette île, on taillait aussi le granite pour d'autres usages : linteaux, lancis, crochets et appuis pour portails, pavés ou bordures de trottoirs. Le quai d'embarquement est encore visible sur la partie sud-est de l'île. Sur l'estran, on peut remarquer un dépôt de lest (calcaire et schiste). Entre Fougère et Molène, un rocher découvre à marée basse que les marins appellent "Ar Jalvotenn", et que les carriers s'empressèrent de débiter, car il représentait un danger pour la navigation.

Période(s)Principale : 19e siècle

L'Île Fougère s'étend dans une direction sud-est, nord-ouest, en travers de l'Île Iliav. Elle est balisée par la balise de Karreg ar Gentil au sud-est et par la balise de l'île Jalvoten au sud. Son accès était plus aisée en venant du nord-ouest pour les gabarres, par le sud de l'île Losquet. Au sud-est de l'île, une ancienne grande carrière est en partie noyée, son front de taille mesure entre 100 et 150 mètres de long. Sur le plateau, enfouis dans la végétation, des vestiges de construction et un enclos de 50m x 50 m de long sur 1, 50 m de hauteur, sont toujours visibles. Cet enclos protégeait les ouvriers des vents de nord-nord-ouest. Les dimensions des cabanes de carrier étaient de 3 mètres sur 3 mètres à 8 mètres sur 4 mètres. C'étaient des abris pour les ouvriers car on taillait sur place les pierres pour en faire des pavés (de 8cm sur 10 cm), qui étaient ensuite embarquées à partir d'un quai de 25 mètres de long (à la pointe sud-est). Les carrières sont situées à l'ouest et au sud-ouest de l'île.

États conservationsdésaffecté, vestiges

La carrière de l'Île Fougère et ses multiples vestiges méritent d'être conservés et signalés comme l'enclos et l'ancien quai de débarquement. Ces vestiges, témoins d'une ancienne activité, mériteraient d'être interprétés dans le cadre d'un itinéraire culturel des carrières.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà étudier

Annexes

  • Les petites îles à l´ouest de l´Ile Grande : vestiges d´anciens travaux

    Les anciennes carrières ont laissé leur marque sur tous les îlots autour d´Agathon, Losquet et Fougère. Deux sites retiennent en particulier l´attention :

    - un écueil à fleur d´eau, nommé Jalvoten, entre Fougère et la tourelle de Molène. Les ouvriers y débarquaient et y ont extrait de la pierre puisqu´on y voit encore les anfractuosités laissées par les "coins" en bois traditionnels.

    - une île : l´île de Renard qui protège Agathon de la grande houle de mer. C´est une langue de rochers que les hautes marées recouvrent presque entièrement. On n´a pas travaillé sur le côté sud pourtant abrité. Sur la face située vers le large, les carriers y ont extrait un très beau granite, usé par les vagues. On peut imaginer les ouvriers, entre deux marées, se hâtant de forer les trous, de soulever à l'aide de "chèvres" et de treuils les blocs de granite, pendant que les gabares échouent sur la côte sud plus abritée ; le lest est remplacé par du granite que les carriers ont taillé en attendant que la marée descende.

  • Le travail à l'Île Fougère (synthèse d'après les travaux de recherche de l'UTL de Lannion)

    En 1832 - On rapporte la construction du quai de Pontrieux en granite de l´Ile Grande.

    Voici le vrai début de l´extraction du granite dans les îles. Ouvriers et tailleurs de pierre, le plus souvent originaires de Pleumeur-Bodou ou de la région voisine gagnent les îles chaque jour. Ce sont les heures de marée et le soleil qui rythment le travail. Tout se fait à la main avec des outils traditionnels : le burin et la massette. Le travail est pénible surtout l´hiver. Les mains se blessent. Les pieds sont mieux protégés car tout le monde est chaussé de sabots à" vri moc'h " ("nez de cochon", en breton). Ces modestes sabots de bois, ont été parfois l´objet de convoitises. Dans un arrêté du maire de Trébeurden datant du 5 février 1893, on est amusé d´y trouver l´anecdote suivante : M. Lissillour J.F. avait été attaqué sur la route de l´lle Grande, à environ 50 m du bourg, par un homme vêtu d'un chapeau noir, d'une cravate jaune bariolée de rouge, avec une veste bleue, pantalon et gilet de velours rayé, avec une ceinture bleue, une chemise de couleur, les cheveux et les moustaches noirs, les yeux bruns et de petite taille. Après avoir refusé de donner son nom il finit par dire qu'il s'appelle Guillenou Guillaume et travaille chez Belloir Eugène à l'île Fougères. Né à Carhaix, ce carrier, cet homme inconnu (sic) a déclaré que c'était M. Lissillour qui l'avait attaqué et qu'il lui avait volé une paire de sabots achetée chez Troussel.

  • 20062203898NUCB : Collection particulière (UTL Lannion)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives Municipales de Pleumeur-Bodou. Registre des délibérations de 1879 à 1905 et de 1950 à 1984.