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Carrière du Douron (Plestin-les-Grèves)

Dossier IA22003455 réalisé en 2004

Fiche

Dénominations carrière
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Plestin-les-Grèves
Adresse Commune : Plestin-les-Grèves
Cadastre : Domaine public maritime

L'enlèvement d'amendements marins sur le territoire de la grève ou estran, dépendant du domaine public maritime, exigeait toujours une déclaration préalable auprès de la collectivité locale et de la préfecture. Sur le territoire de la commune de Plestin-les-Grèves au 1er quart du 20ème siècle, à la requête des cultivateurs, les extractions demeurent libres et gratuites. Cependant, elle est interdite pendant la saison balnéaire. Un arrêté préfectoral du 7 juin 1911 interdit sur tout le littoral du Trégor l'extraction de sable et de maërl dans une zone située au-dessous de la laisse des hautes mers d'équinoxe (AD 22, 7 M 132). La présence d'une briqueterie au milieu du 19ème siècle, près de l'estuaire du Douron et de ses terrains argileux, pourrait accréditer l'hypothèse d'une utilisation de l'argile (la marne) de la grève pour la fabrication des briques. L'étude de cette petite usine proche de la mer reste à faire. Selon la tradition orale, un dépôt de briques était aménagé au port de Toul an Héry au début du 20ème siècle, géré par un certain Le Marchand. Le banc du Douron long de 1 km sur 500 mètres de large recèle des amendements calcaires, qui ont fourni au milieu du 19ème siècle un des arguments pour aménager un pont sur l'estuaire (AD 22, série S, sup. 165). A Toul an Héry, on constate aujourd'hui que le banc de sable s'est déplacé au port sur la rive gauche du Douron et à son embouchure (dunes actuellement protégées sur l'île Blanche). La Lieue de grève que se partage les communes de Saint-Michel et de Plestin, dispose d'un sable assez riche en débris coquilliers, exploité jusqu'en 1996 par les agriculteurs de la région pour amender leurs terres. Ces prélèvements, selon l'ingénieur des Ponts et Chaussées Tarot, dans un rapport en date du 13 novembre 1880 (AD 29, 2 S 397), allaient prendre un accroissement fatal à la conservation du rivage maritime. Cependant, les sables calcaires de la rivière du Douron sont les plus appréciés sur toute la côte ; c´est la raison pour laquelle on peut parler de véritable carrière d'extraction le long de cet estuaire, en aval de l'actuel pont du Douron.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

L'extraction de minéraux et d'amendements marins dans l'estuaire du Douron et les grèves de Saint-Efflam à Toul an Héry, comme activité spécifique de l'estran, est encore à étudier.

Statut de la propriété propriété de l'Etat

Annexes

  • De tout temps, les dépôts sédimentaires ont largement été exploités dans le Trégor littoral. Ce fut le cas des sables aurifères dés la protohistoire, non loin de l´estuaire du Douron, à la plage de Pors Mellec. Un rapport des Ponts-et-Chaussées, daté de 1849, fait part d´une autorisation accordée à Joseph Le Bras, potier à Morlaix, pour extraire de l´argile à poterie, « dans un terrain vague, situé dans la commune de Plestin, le long de la rivière qui conduit de Toul an Héry à Moualhic ». A noter que la demande est accordée à la condition « de ne pas faire de fouilles à moins de 10 mètres des propriétés voisines, et d´enlever à toute marée l´argile extraite pour ne pas gêner le passage des bateaux qui portent de l´ardoise à Moualhic ».

    Avec d´autres amendements marins comme le goémon, l´extraction du sable et l´exploitation du maërl ont contribué au développement de l´agriculture littorale et de celle de l´intérieur, aux sols plus pauvres et acides. Ces pratiques étaient très anciennes et encouragées par l´Etat ; bien que nous ne puissions évaluer les tonnages retirés et connaître l´époque où cette extraction a revêtu un caractère intensif. L´aménagement de la voie de chemin de fer littoral du second réseau fut l´enjeu du développement de l´agriculture littorale avec comme argument majeur, l´intérêt de pouvoir expédier les amendements marins à l´intérieur des terres (Callac) depuis les rivages de la mer. Cependant, la réalisation tardive de cette voie profita davantage au tourisme balnéaire qu´à l´agriculture.

    Rédigé dans les années 1865 (Claude Cotty étant maire), un document sur « l´état approximatif des passages sur la rivière du Douron, dans la grève de Toul an Héry », met en relief la fréquentation journalière : 200 charrettes attelées de 2 à 3 chevaux, uniquement affectées au charroi du sable pendant 6 mois de l´année, de mai à novembre.

    En 1876, les autorités maritimes abondaient dans ce sens : « l´apport de la mer est très considérable sur ce banc ; il y a toujours avantage à favoriser les enlèvements qui s´y font d´ailleurs sur une très grande échelle »

    Ces enlèvements pouvaient devenir parfois la cause de friction entre riverains et paysans. Ainsi en 1874, Graverand, avocat, expose au préfet que « les cultivateurs des environs viennent chaque jour charger leurs charrettes auprès des murs de sa propriété ». Ceux-ci dégradent et exigent de fréquentes réparations. Il demande donc qu´un arrêté préfectoral interdise ces extractions sur la portion de la grève qui borde la propriété.

    Cependant malgré l´existence d´un arrêté réglementant ces prélèvements de sable à titre gratuit et l´autorisation préalable, aucun contrôle n´était effectué et les cultivateurs puisaient du sable à volonté sans autre formalité.

    La qualité des sables marins de l´estuaire du Douron est développée dans un rapport de l´Office agricole régional de l´Ouest qui a effectué en 1921, une analyse des sables marins :

    « Les sables marins nous sont connus sous différents noms suivant l´aspect et suivant les points où ils sont exploités : tangue, sablons, coquillage ; trez ou tréa, maërl ou marl. Les cultivateurs doivent choisir des gisements riches et négliger ceux qui sont pauvres, car les amendements ont une valeur à peu près proportionnelle à leur richesse en calcaire. Or, les différences de composition sont très grandes.

    Voici, à titre d´exemple, les richesses établies pour les sables du canton de Plestin-les-Grèves :

    Toul an Héry en Plestin : 62,80 % de teneur en carbonate de chaux

    Pointe d´Armorique : 42%

    Lieue de Grève, entre Saint-Michel et saint-Efflam : 50,80 %

    « Les sables fins ont une action plus prompte, les sables grossiers, une action plus prolongée. Les sables sont employés à raison de 20 à 40 mètres cubes par hectare. Les applications sont répétées tous les 4 ou 5 ans » (AD22).

    D´autre part, les Affaires maritimes insistent sur la fait que « l´apport de la mer est considérable sur le banc de l´île Blanche ; il y a tout avantage à favoriser les enlèvements qui s´y font ailleurs sur une très grande échelle. Il s´agit de protéger le cours de la petite rivière le Douron ».

  • Les prélèvements de sable sur l'estran et rivage menacé : la Lieue de Grève dans la seconde partie du 19ème siècle (publié avec l'aimable autorisation de Louis Chauris, géographe, et de la Société d'Emulation des Côtes-d'Armor).

    Périodiquement, la presse se fait aujourd'hui l'écho des différents, parfois vifs, qui opposent les cultivateurs aux associations de protection de la nature au sujet des prélèvements de sable sur l'estran en vue de l'amendement des terres. Pour les premiers, ces extractions sont indispensables au succès de leurs entreprises agricoles ; selon les seconds, les dites extractions, continuellement poursuivies, sont l'une des causes majeures du recul du trait de côte, les apports naturels en sédiments venus du large ne compensant pas les prélèvements ; ces exploitations peuvent aussi menacer les infrastructures routières littorales ainsi que les habitations riveraines.

  • 20042206467NUCB : Collection particulière

    20042206466NUCB : Collection particulière

    20042206542NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S, supplément 165.

    20042206541NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S, supplément 165.

    20042206455NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S, supplément 165.

    20042206546NUCB : Collection particulière

    20042206449NUCB : Mairie de Plestin-les-Grèves

    20042206453NUCB : Collection particulière

    20042206547NUCB : Collection particulière