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Carrière de grès rose de la Société des Carrières de l'ouest, actuellement village de vacances, la Fosse Eyrand (Erquy)

Dossier IA22002288 réalisé en 2002

Fiche

Précision dénomination carrière de grès rose
Appellations carrière de grès rose de la Société des Carrières de l'ouest
Destinations station de villégiature
Parties constituantes non étudiées logement d'ouvriers
Dénominations carrière
Aire d'étude et canton Arrondissement de Saint-Brieuc - Pléneuf-Val-André
Adresse Commune : Erquy
Lieu-dit : la Fosse Eyrand
Cadastre : 2004 AB 24, 25, 211, 212 ; 2004 A1 1707, 1710

L'exploitation des carrières de la Fosse Eyrand, également appelées carrières Saint-Michel en raison de leur emplacement face à l'îlot du même nom, est mentionnée dans un procès verbal daté du 20 décembre 1902. Elles sont exploitées par la Société des Carrières de l'ouest et sont situées le long des falaises qui bordent la mer sur une distance de 5 à 600 m où sont disséminés plusieurs chantiers. Les logements destinés à accueillir la main d'oeuvre étrangère portugaise et italienne, sont édifiés en 1901, 1902, 1904 et 1915. En 1904, le front de taille coupé à 45° atteint 25 m de verticale ; l'inclinaison des bancs de grès est de 70° vers le nord et des gradins sont utilisés en descendant. Cette direction de l'inclinaison des bancs de grès rend l'extraction difficile car elle oblige à haler les blocs sur la pente pour les remonter du fond de la carrière. L'extraction se fait essentiellement à la main et au moyen de coups de mine (poudre noire en grain et en cartouches comprimées, et poudre Favier). La Société a fait édifier une poudrière à Saint-Michel ; il s'agit d'une construction en maçonnerie couverte de terre et entourée par un talus élevé à hauteur du toit. Une voie ferrée système Decauville de 0, 50 m de largeur et d'environ 1000 m de développement relie tous les chantiers au port d'Erquy où un môle permet le chargement sur voiliers. A cette époque, la traction est animale ; un plan incliné à 45° est utilisé pour la desserte des produits. Le grès rose quartzique d'Erquy sert à la fourniture des pavés destinés aux travaux publics des grandes villes telles que Bordeaux (33) et Paris (75), mais aussi à l'ouest et au nord de la France : Le Havre (76), Rouen (76), Dunkerque (59) et Boulogne (62). La date de cessation d'activité de la Socitété des Carrières de l'ouest est inconnue. Désaffectés au début de la Seconde Guerre mondiale, puis saccagés à la fin de cette période, les logements sont rachetés par une colonie de vacances de Laval ; actuellement, le village Roz Armor accueille d'avril à octobre. En 1904, la carrière emploie vingt ouvriers dont cinq enfants. Vers 1919, la Société les Carrières de l'Ouest emploie entre cent cinquante et cent soixante ouvriers sur le site d'Erquy ; ces derniers se divisent en deux catégories : les uns extraient et débitent la pierre, tandis que les autres la dégrossissent et finissent le pavé.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1901, daté par travaux historiques
1904, daté par travaux historiques
1915, daté par travaux historiques

Ancré dans une crique ouverte sur la mer, le site de la Fosse Eyrand ne compte plus que deux principaux alignements de logements d'ouvriers édifiés en moellons de grès, à un étage carré couvert d'une toiture à longs pans en ardoises. Certaines façades sont partiellement recouvertes d'enduit. Quelques bâtiments annexes en métal ont été édifiés à l'occasion de la réhabilitation du site en centre de vacances. Les fronts de taille de cette carrière littorale sont encore tout à fait perceptibles.

Murs grès
métal
enduit partiel
essentage de tôle
moellon
Toit ardoise, métal en couverture, tôle nervurée
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
Énergies énergie électrique
achetée
États conservations établissement industriel désaffecté, restauré
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • A l'extrême fin du 19e siècle, le littoral allant de Erquy à Pléhérel est jalloné par un cordon de carrières qui surplombent la mer, appartenant pour l'essentiel à Emile Barrier. Ces carrières ont été exploitées par ce dernier jusqu'au 26 novembre 1892, date à laquelle il fonde la Société Anonyme des Carrières de l'Ouest, dont le siège social est à Paris ; elle reprend l'ensemble de ces carrières et est par ailleurs propriétaire de quatre autres exploitations situées en Mayenne, dans la Manche, le Calvados et l'Orne, chacune d'entre elles formant un groupe indépendant. Au début du 20e siècle, la Société des Carrières de l'ouest, représentée par M. Gérault, fournit la presque totalité des produits extraits dans la région.

    Un procès verbal daté de 1902 apporte quelques précisions concernant la localisation exacte de quelques uns des chantiers répartis sur la commune d'Erquy.

    L'extraction a notamment lieu dans deux chantiers différents situés au cap d'Erquy. Ils sont ouverts à flanc de coteau aux lieux dits le Pendu et la Pointe du Port. Les fronts de taille sont coupés en gradins très inclinés, et atteignent jusqu'à 15 et 20 m de hauteur. L'inclinaison des bancs de grès est de 30° dirigés vers le nord, en sens inverse des fronts de taille. Les parties supérieures des fronts de taille sont parfois recouvertes d'un conglomérat qui est coupé en retrait avec talus. Le personnel occupé dans ces deux chantiers se compose de trente ouvriers dont la moitié est occupée à l'abatage et au débitage des blocs. Le reste, comprenant neuf enfants âgés de moins de dix-huit ans, est occupé à la fabrication et au débosselage. Le tirage des coups de mine a lieu généralement à la poudre Favier avec bourroirs en bois et il est parfois employé de la poudre noire en grains, introduite sous forme de cartouches, avec usage, dans ce dernier cas, de bourroirs entièrement en cuivre.

    A l'est de la carrière Saint-Michel, se trouve la carrière de la Pointe du Port, également exploitée par la Société des Carrières de l'ouest, à flanc de coteau sur le sommet du cap d'Erquy d'où les produits sont descendus au quai d'embarquement au moyen d'un plan incliné à chariot porteur. La hauteur maximum des fronts de taille est de 15 à 18 m avec gradins. Le personnel occupé dans ces deux exploitations compte cinquante-six ouvriers dont onze enfants.

    En 1911, le rapport du contrôleur des mines précise que la surface de terrain sur laquelle porte l'exploitation de la Société des Carrières de l'ouest représente 18, 10 ha. La roche extraite est le grès silurien d'Erquy. L'exploitation à ciel ouvert est répartie sur cinq chantiers donnant une longueur d'environ 800 m de la côte d'Erquy à Saint-Michel. Les moyens mécaniques employés consistent en une voie Decauville de 0, 50 et d'environ 1000 m de développement qui relie tous les chantiers au port d'Erquy où un môle permet le chargement sur bateaux. Le chantier le plus proche du port, où vient aboutir la voie qui traverse les autres chantiers d'extraction, est à une altitude de 26 m au dessus du quai. Pour la desserte des produits, un plan de deux voies parallèles est incliné à 45° où roulent deux chariots porteurs qui reçoivent les wagonnets. Le câble, en fil d'acier, est enroulé sur un tambour à freins. Le personnel comprend au total cinquante-six tailleurs de pavés, cinq casseurs de pierres, quarante-sept manœuvres, soixante-sept extracteurs-coupeurs, cinq chefs de chantier, un charretier, vingt et un enfants apprentis, soit un total de deux cente deux employés. Le travail s'effectue à la tâche et à l'heure.

    Les explosifs employés sont la poudre noire en grain et en cartouches comprimées, et la poudre Favier ; ils sont stockés dans deux poudrières situées à Erquy et à Saint-Michel. Toutes deux sont construites en maçonnerie et couvertes de terre. Celle d'Erquy est située à 40 m des maisons les plus proches et à 85 m des chantiers, tandis que celle de Saint-Michel est distante de 50 m des maisons les plus voisines et à 70 m des chantiers. La production de 1910 s'est élevée à 850 000 pavés (le prix moyen du pavé vendu à Paris, le principal consommateur, est de 300 francs le millier).

    Indépendamment de ce centre important, se trouvent au lieu-dit Ty-es-Roc, quatre exploitation appartenant à des carriers indépendants du pays, qui y travaillent en famille ou avec quelques ouvriers. Les pavés produits sont, pour la plupart, rétrocédés à la Société des Carrières de l'ouest ; la production concerne également un peu la pierre de taille vendue sur place pour la construction.

    - La carrière de François Gour consiste en une exploitation avec gradins peu inclinés et de faible hauteur. Les produits extraits sont des dalles, des pavés, des moellons et des pierres de taille.

    - La carrière Allée consiste en un front de taille coupé en gradins très peu inclinés - bourroirs en fer et cuivre - Elle emploie sept ouvriers.

    - La carrière des frères Lefèvre emploie dix ouvriers.

    - La carrière Rault emploie deux ouvriers.

  • 20042203059NUCB : Centre des impôts fonciers, Saint-Brieuc, Non coté.

    20042203060NUCB : Centre des impôts fonciers, Saint-Brieuc, Non coté.

    20042203058NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, Série Fi.

    20042203055NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, Série Fi.

    20042203056NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, Série Fi.

    20042203057NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, Série Fi.

    20032206978NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 5 Bi 511.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 59 (13). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Erquy, matrice des propriétés foncières, 1840-1882.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 59 (14). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Erquy, matrice des propriétés foncières, 1840-1882.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 59 (15). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Erquy, matrice des propriétés foncières, 1820-1860.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 59 (17). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Erquy, matrice des propriétés bâties, 1882-1911.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 59 (18). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Erquy, matrice des propriétés bâties, 1911-1940.

  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 59 (22). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Erquy, matrice des propriétés non bâties, 19e siècle.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 2 (53). Mine : contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Gisements (dossiers classés par commune), an XI-1936.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; S supplément 252. Carrières de l'Ouest : généralités, personnel, travaux d'exploitation, contentieux, 1898-1939.

Bibliographie
  • Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor. Charenton-le-Pont : éditions Flohic, 1998, n°2, p. 644-1341 (le Patrimoine des Communes de France).

    p. 886-887