Logo ={0} - Retour à l'accueil

Cale du Port Saint-Jean (La Ville-ès-Nonais)

Dossier IA35045326 inclus dans Port Saint-Jean (La Ville-ès-Nonais) réalisé en 2006

La cale du port Saint-Jean est construite à la fin du 19e siècle sur le modèle des autres cales de commerce conçues par le service des Ponts-et-Chaussées en Rance maritime. Elle propose un vaste palier haut desservant un long plan incliné parallèle au rivage. Point de communication important, ce port met en relation dès 1879 les communes de Plouër et Langrolay sur la rive gauche du fleuve, avec la gare de La Gouesnière et un service de diligence passant par Châteauneuf.

Parties constituantes non étudiéesquai, cale
Dénominationscale, embarcadère
Aire d'étude et cantonIlle-et-Vilaine - Châteauneuf d'Ille-et-Vilaine
AdresseCommune : Ville-ès-Nonais (La)
Lieu-dit : Port Saint-Jean

Les premières mentions d'un port à cet endroit remontent vers 1100, lors de l'installation d'un hôpital par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Celui-ci nommé alors Port-Stablon prendra bientôt le nom de Port Saint-Jean. Cet port naturel, situé dans une anse abritée est accessible seulement à marée montante. A partir du 18e siècle, le port semble être surtout fréquenté par des bateaux arrivant de Paimpol, venant charger les pommes récoltées dans les vergers de la région.

Les infrastructures en place sont réalisées tardivement dans le courant du 19e siècle. Un projet d'une première cale est dressé en 1841, situé en aval de l'actuel pont Saint-Hubert, dans l'anse où se trouve l'ancien quai de débarquement du bac du Port Saint-Jean. Il n'a jamais trouvé d'issue pratique.

En 1873, un projet d'établissement de cale pour faciliter l'accostage à toute heure de la journée "aux barques de passage qui communiquent d'une rive à l'autre et au bateau à vapeur qui fait le trajet journalier de Dinan à Saint-Malo", est rejeté. Son coût était évalué à 33.000 francs et nécessitait la réfection des chemins vicinaux.

Les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées d'Ille-et-Vilaine dressent, le 4 août 1882, un nouveau projet pour la construction de cales au port Saint-Jean, une pour le commerce et l'autre pour le service du bac. Il existait déjà un quai de débarquement, toujours visible en aval du port actuel, mais praticable uniquement à marée haute.

L'Etat, devant prendre en charge les dépenses liées à la cale de commerce, le département et la commune sont contraintes de financer celles liées à la cale du bac. Ce projet est approuvé en 1884. Dès lors, en 1890, le Conseil Général décide d'entreprendre à ses frais les travaux pour le chemin d'accès, constituant une prolongation du chemin de grande communication n°76. Le projet de créer une nouvelle cale de bac, dissociée de la cale de commerce, est abandonné faute d'argent.

L'adjudication des travaux est passée le 10 mars 1894 : MM. Hilaire et Jouble remportent le marché, leurs travaux sont reçus provisoirement le 20 mars 1896.

Le 12 novembre 1900, cinq ans à peine après la fin de la construction, le préfet d'Ille-et-Vilaine témoigne de la nécessité de procéder à d'importants travaux de réparations de la cale. l'un des murs de la cale étant en pierres sèches, l'action de la mer a drainé le sable et la marne qui composaient son remblai intérieur.

Cette perte de remblai a occasionné des lézardes dans les murs maçonnés, sur quarante-trois mètres de longueur, et l'affaissement de son cantelage, c'est-à-dire le pavage de sa surface. Le 20 décembre, le ministre donne son accord pour une exécution en régie des travaux de réparation, évalués à 5.000 francs.

Le 14 novembre 1903, le préfet fait état au ministre de l'écroulement de l'extrémité de la cale suite aux tempêtes. A partir de juin 1904, la réfection totale de la base des murs de soutènement est réalisée.

En 1905, c'est le cantelage qui se disloque sur la partie haute de la cale, il est réparé en 1906.

Un bombardement aérien allié, en juin 1944, a détruit la partie basse de la cale, réduisant sa longueur de cent cinq mètres à quarante-cinq mètres. C'est seulement entre 1975 et 1979 que des travaux consistant en un déroctage des fonds, pour assurer la fondation des maçonneries en granit, une remise en place des pierres de parement, le rejointoiement et la restauration de l'ensemble de la surface de roulement sont votés et effectués.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Tollet ingénieur des Ponts et Chaussées (?), attribution par source

Conçue pour être accessible à toute heure de marée cette cale marque le terminus d'un chemin d'accès remblayé et retenu par un perré - mur appareillé en granit, à pierre sèche, d'une inclinaison de quarante-cinq degrés. C'est une cale parallèle au rivage qui épouse le contour de la falaise, de laquelle s'élance le pont Saint-Hubert, prenant ainsi avantage du sous-sol rocheux pour établir ses fondations.

La cale devait à l'origine se composer d'une plate-forme de trente-cinq mètres de long, permettant le stockage de marchandises, adossée à la falaise de vingt mètres de haut. Ses maçonneries, liées au mortier hydraulique retenaient un empierrement constitué de débris de carrière associés à de la marne permettant de descendre en pente douce, de quinze centimètres par mètres, vers la mer.

Fortement remaniée, la cale est aujourd'hui introduite par le palier d'origine, élargi du côté de la falaise par une dalle bétonnée. Il est suivi du plan incliné, long d'une centaine de mètres, dont la surface a été doublée en béton du côté de la falaise. Le mur de soutènement du palier, côté fleuve, est également en béton, alors que celui du plan incliné a retrouvé un parement en pierre de taille de granit après les derniers travaux de reconstruction.

Les pierres de couronnement coiffant le haut des murs du palier sont posées alternativement en carreau et boutisse.

La surface de roulement, ou cantelage, souffre de nombreuses ornières et de désordres dans son pavage. Dans de nombreux joints, en l'absence de mortier, se développe la végétation, ce qui ne contribue pas au maintien des pierres en place.

Une échelle de secours est intégrée dans l'épaisseur du parement du mur du palier. Une autre dessert le plan incliné. Les organeaux en fer ont été laissés en place sur le pavage d'origine.

États conservationsétat moyen
Statut de la propriétépropriété publique

Annexes

  • Notice "Journées du Patrimoine 2015"

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Ille-et-Vilaine : 4 S 5095. (Service des bacs. Passage du port Saint Jean sur la Rance. Projet d'une cale et d'un chemin de communication entre la rivière de Rance et le village Saint Jean).

Documents figurés
  • La Ville ès Nonais (I.&V.). Port Saint Jean. Mme J Rouxel, édit, Dinan. (A.D.Ille-et-Vilaine : 6 Fi 08).

  • COTES D'EMERAUDE. Les Bords de la Rance 1174.- PORT-ST-JEAN.- G F. (AD. Ille-et-Vilaine : 6 Fi).

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 6 Fi
  • 4- Bords de la Rance. Le Port St-Jean. Vue générale (A.D. Ille-et-Vilaine : 6 Fi).

  • Côte d'Emeraude 1326. Les Bords de la Rance. La VILLE-ES-NONAIS. (A.D.Ille-et-Vilaine : 6Fi).

  • 181.- Environs de Dinan. La Rance. Le Port St-Jean. Collection A. Waron, StBrieuc (A.D. Ille-et-Vilaine : 6 Fi.12).

  • 193. Les bords de la Rance. Le port Saint-Hubert et le port Saint-Jean, reproduction d'une carte postale ancienne. HLM, édition. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).

  • 755-Les bords de la Rance- Saint-Suliac- La cale, reproduction d'une carte postale ancienne. HLM édition. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).

  • CHATEAUNEUF (I.et V.). Les bords de la Rance. Le Port Saint-Jean. Rennes : J.Sorel, éditeur. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).