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Cale du port (Plouër-sur-Rance)

Dossier IA22017229 inclus dans Port de Plouër-sur-Rance réalisé en 2015

Fiche

Á rapprocher de

Jouxtant le moulin à marée qui donne son nom à l’anse, cette cale fut construite au 19e siècle pour le commerce. Elle venait reconnaître et renforcer l’importance de ce port qui exportait déjà les produits agricoles des alentours.

A partir d’une vaste plate-forme insubmersible, recevant le stockage transitoire, se déclinent, dans le même alignement, deux rampes interrompues par un palier intermédiaire qui rendent l’ouvrage accessible à toute heure.

Dénominationscale, embarcadère
Aire d'étude et cantonProjet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude - Dinan Ouest
AdresseCommune : Plouër-sur-Rance
Lieu-dit :
Précisions

En 1870, les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées des Côtes-du-Nord commencent l’étude, pour la construction d’une cale d’embarquement, près du moulin de Plouër. Un premier projet est dressé, les travaux sont approuvés et découpés en deux phases évaluées à 70.000 francs chacune, selon les modalités décrites par l'ingénieur ordinaire Rousseau dans le cahier des charges, puis mis en adjudication.

Situé non loin du centre-bourg de Plouër, ce site a l’avantage d’être mieux abrité que celui du port Saint-Hubert, également situé sur cette commune. La première phase est réalisée entre 1874 et 1875 par l'entrepreneur Hyppolite Sauveur. Ce dernier candidate également pour la réalisation de la seconde phase, en 1879, qui consiste en l'achèvement des travaux, la cale n'étant alors accessible qu'aux grandes marées. Cependant c'est François Renaud qui remporte l'adjudication en proposant un rabais de 12%. La réception définitive des travaux est prononcée en date du 10 septembre 1881.

L’ouvrage actuel est resté fidèle aux derniers plans dressés par les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées. Par ailleurs, il témoigne d’un bon état de conservation malgré l’utilisation de mortier ciment pour certaines réfections de joints sur le parement de ses murs de soutènement. Une pataugeoire, aménagée entre la cale et les rochers du côté de la falaise, en 1971, a fait disparaître une partie du parement des perrés de ce côté du rivage.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1874, daté par source
Auteur(s)Auteur : Rousseau Léon Jean ingénieur des Ponts et Chaussées attribution par source

En poursuivant la route qui mène au moulin de Plouër, on dépasse la rampe d’accès à la marnière, aménagée en même temps que la cale principale, pour offrir aux agriculteurs la possibilité de continuer à récolter leurs engrais marins. L’accès à la cale se fait deux cents mètres plus loin. On y retrouve un large palier haut insubmersible qui introduit, orienté vers le lit du fleuve, un premier plan incliné interrompu par un palier intermédiaire. L’ouvrage est encadré par de puissants murs de soutènement, élevés, côté fleuve, en moellons de granite équarris de fort appareil. Leur légère inclinaison, autrement appelée fruit, permet aux navires d’accoster tout en assurant une bonne résistance au ressac. La pierre de taille vient garnir les parties sensibles de la cale : l’angle saillant au palier supérieur, la saignée pratiquée pour l’échelle de secours et l’appareil de l’escalier.

Côté rive, seules une à deux assises de moellons, constituant le mur de soutènement sont visibles. L’ensablement et la pataugeoire ont fait disparaître le perré, mur incliné à quarante-cinq degrés, non destiné à l’embarquement. Si le palier insubmersible est aujourd’hui recouvert de goudron, la surface de roulement de la cale, ou cantelage (terme utilisé par les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées), est pavée de granite. Pour lier cette partie aux parois verticales de la cale, des pierres de taille sont utilisées pour les coiffer, c’est pourquoi on parle de pierres de couronnement. Elles sont posées en carreaux et boutisses, assemblées à crossettes et leur face de parement est taillée de façon à suivre l’inclinaison du mur.

La cale possède une échelle de secours et ainsi qu’un escalier flanquant le palier haut. Des organeaux sont fixés en arrière des pierres de couronnement dans des blocs granitiques plus massifs que le reste du cantelage.

Les parements des murs de soutènement ont été projetés en moellons smillés provenant des carrières de La Courbure ou du port Saint-Jean sur la Rance et les pavés du cantelage ont été approvisionnés par les mêmes carrières. Les parties élevées en pierre de taille ont reçu du granite des îles Chausey, ou bien des carrières de Bécane ou encore de Combourg.

Mursgranite moellon
granite grand appareil
Escaliers
Statut de la propriétépropriété d'un établissement public
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1870 étude pour la construction d'une cale d'embarquement. 1874-1875 construction d'un chemin d'accès. 1877 projet de prolongement de la cale et approbation.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3 S 55
  • Travaux du port. 1879 : adjudication pour achèvement de la cale de Plouër à François Renaud. Plan de la cale et de son profil.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3 S 75
  • 1870 : notice pour Plouër destinée à l'Atlas des ports de commerce - plans dressés par l'ingénieur ordinaire Chalette.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 4 S 5003
  • Le document figure un plan dressé par l'ingénieur ordinaire Rousseau le 12 octobre 1877 visant au prolongement de la cale du port de Plouër (seconde phase des travaux d'aménagement).

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 4S 5056
Bibliographie
  • LANG, François. Un port à la campagne.[en ligne] commune de Plouër-sur-Rance, mai 2012 [12 novembre 2014].