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Cale de Jouvente (Pleurtuit)

Dossier IA35005204 réalisé en 2000

Cette cale, construite au milieu du 19e siècle, a servi de port d’attache au service d’un bac, appelé autrefois passage d’eau de Jouvente, dont l’exploitation s’est longtemps faite directement à partir des rochers de la côte. Elle permettait le transport de passagers, et de leurs marchandises, vers la cale de la passagère située sur l’autre rive, au village de Quelmer en Saint-Servan, continuant ainsi le chemin de grande communication n°36 de Ploubalay à Dol.

Dénominationscale, bac, embarcadère
Aire d'étude et cantonIlle-et-Vilaine - Dinard
AdresseCommune : Pleurtuit
Lieu-dit : Jouvente
Cadastre : 1982 ZI non cadastré

Le Gouvernement étant devenu propriétaire du passage d’eau à la Révolution, le Conseil Général d’Ille-et-Vilaine demande, en 1819, au Ministre de l’intérieur d’établir une rampe praticable pour les piétons et les animaux. En 1823, un premier projet de cale est préparé par l’ingénieur ordinaire des Ponts-et-Chaussées d’Ille-et-Vilaine Robinot. Il propose un ouvrage de huit mètres de large, en partie charpenté, adapté au mouvement des marées.

Le 18 janvier 1833, en raison de la topographie accidentée du lieu, l’ingénieur ordinaire Girard propose, à son tour, de déplacer le débarcadère au Mont-Marin, qui au début du 19e siècle offre un bassin de construction vacant méritant de trouver un nouvel usage. Un moulin à marée fut cependant construit à cet endroit, rendant la proposition caduque.

En 1852, les rochers de Jouvente sont taillés et quelques emmarchements sont creusés pour faciliter l’accès aux piétons. Le 6 mai 1854, l’ingénieur ordinaire Bellinger dresse un projet de construction, dans lequel la partie haute de la cale doit être réalisée en pierres sèches afin d’en réduire le coût. L'année suivante, le Ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics accorde 4.000 francs pour l’exécution des travaux en régie qui commencent par le dressement du rocher et l’édification, sur cette base, du mur de soutènement d’une longueur de quarante-huit mètres. L'année 1856 voit la mise en place du couronnement de la partie déjà réalisée, la pose du pavage et la construction de l’escalier. En 1858, un crédit de 15.000 francs est finalement ouvert pour terminer l’ouvrage.

Dans sa notice sur la cale, envoyée le 4 novembre 1871 et publiée dans l’Atlas des ports de commerce, l’ingénieur ordinaire Floucaud de Fourcroy témoigne que la dépense totale s’est élevée au final à 36.580,85 francs.

Malgré l’arrêt du service du passage d’eau au 20e siècle, l’état de conservation de la cale est excellent. Elle est encore relativement fréquentée par les touristes de passage, les plaisanciers, les plongeurs et pêcheurs amateurs.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Dates1855, daté par source
Auteur(s)Auteur : Bellinger

La cale de Jouvente présente plusieurs alignements de plans inclinés. Un premier palier, entre les deux premières rampes permet de tourner à l’équerre en direction de l’est, pour contourner la falaise. En retour d’équerre au bout de ce second alignement, après un palier de repos, se développe une dernière rampe qui dessine une large courbe. Elle accuse une pente douce de dix centimètres par mètres sur toute sa longueur.

Les murs de soutènement de la cale reçoivent, côté fleuve, des pierres de taille en parement. Leur stéréotomie a été pensée pour épouser la forte déclivité des lieux. Les blocs de plus forte dimension sont utilisés en fondation et en couronnement. Ces derniers, au sommet des murs, sont posés en carreaux et boutisses, et assemblés en queue d’aronde afin de parfaitement s’emboiter et offrir plus de résistance aux assauts de la houle. Du côté de la falaise, les murs de soutènement sont peu visibles. Les pierres de couronnement sont posées également en carreaux et boutisse, c’est-à-dire alternativement en longueur et largeur, pour assurer une bonne tenue à l’ensemble de l’ouvrage. La surface du haut de la cale est recouverte de béton et une petite bande de pavés longe les pierres de couronnement du côté du rivage. Le reste de la cale adopte un pavage bien assisé et savant, notamment sur le deuxième palier où les empierrements des parties supérieure et inférieure se rejoignent à l’équerre. Sur le palier intermédiaire, ce cantelage laisse apparaître par endroits les rochers dérasés pour la mise en place du débarcadère.La cale comporte plusieurs échelles de secours, placées dans des réservations pratiquées dans les imposantes pierres de taille. Un escalier prend place dans le deuxième palier et un autre à l’extrémité de la cale.

Les moellons épincés pour les perrés et pour la maçonnerie de blocage ont été extraits des carrières des bords de Rance. Pour les murs de soutènement, côté fleuve, l'ingénieur ordinaire Bellinger a prescrit un approvisionnement en carrière de La Courbure ou dans celles environnant Dinan, à condition d'y retrouver une qualité équivalente. Les parties les plus sollicitées de la cale ont été réalisées en pierre de taille provenant des îles Chausey ou des carrières de Bécane (Lanhélin) ou de Royal.

Mursgranite moellon
pierre de taille
appareil mixte

Typologiestrois alignements, cale en pente douce, deux paliers intermédiaires
Statut de la propriétépropriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1871 : notice pour le port de Jouvente pour l'Atlas des ports de commerce - plan de la cale

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 4 S 5003
  • Bac de Jouvente. 1810 : achat de maisons à Jouvente pour servir de logement au fermier du passage du bac. 1817 : travaux sur la maison du fermier du bac de Jouvente.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 4 S 2003
  • 1823 : projet de l'ingénieur Robinot pour la construction d'une cale d'embarquement. 1832 : vote au Conseil Général d'Ille-et-Vilaine pour la construction de deux cales à Pleurtuit et Quelmer. Construction de la cale de Jouvente effectuée en régie entre 1855-1858.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 4 S 5093
Bibliographie
  • PICHOT, Malo. Le port, l'ingénieur et le patrimoine ; étude des constructions portuaires des ingénieurs des Ponts et Chaussées aux XVIIIe et XIXe siècles en Ille-et-Vilaine ; méthodologie. Mém. D.E.A. Hist. Art : Rennes 2, Université de Haute-Bretagne : 1996.

    t. 1, p. 17