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Caisse de lavandière

Dossier IM22005348 réalisé en 2006

Fiche

Dénominationsmatériel professionnel
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Plouha
AdresseCommune : Plouha
Lieu-dit : Kermaria-An-Isquit

Caisse de lavandière, qui était utilisée au lavoir de Kermaria-An-Isquit, au cours de la seconde moitié du 20ème siècle. La lavandière, femme de marin à Terre-Neuve, lavait le linge de son époux et des marins du quartier en utilisant cette caisse traditionnelle.

Période(s)Principale : 2e moitié 20e siècle

Caisse en bois munie de trois côtés et ouvert sur le quatrième, utilisée par la lavandière pour laver son linge, en se positionnant à genoux avec un peu de paille ou un coussin pour soulager les membres. La caisse était placée en parallèle et de façon surélevée, du bord en ciment du lavoir ou devant une pierre plate, disposée en face du lavoir, pour laver le linge avec un battoir et une brosse.

Matériauxbois
Précision dimensions

l = 43 ; la = 34 ; h = 20

États conservationsbon état
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Témoignage enregistré de Odette Leroux, ancienne lavandière Plouha, 22 mars 2006.

    Odette Leroux, 82 ans, née en 1924 à Plouha, a commencé à travailler à la ferme et en même temps au lavoir de St-Laurent, pour le compte du fermier et de sa famille. A l'âge de 36 ans, veuve, elle va quotidiennement au lavoir, après avoir fait bouillir le linge pendant 2 heures dans une lessiveuse sous le feu de cheminée d'un trépied. Le matin, elle lave le blanc (les draps), l'après-midi les couleurs, avec une brosse, et entre-temps, elle va tremper son linge dans le lavoir, qu'elle bat avec le battoir, qu'elle savonne, rince ensuite, toujours à genoux dans sa caisse, sur une pierre et plus tard sur le bord cimenté du lavoir. Le "caillou" de forme plate, disposé dans un trou creusé au bord du lavoir, avec une certaine quête, devait être à fleur d'eau, pour travailler avec aisance et jeter l'eau à la main, sans trop avoir besoin de s'incliner pour toucher l'eau froide.

    Odette va aussi chercher le linge avec sa brouette auprès des particuliers, avant de disposer d'une petite remorque tractée. Le linge qui était amené au lavoir était encore chaud ; ce qui facilitait le travail de la lavandière souvent très pénible par temps froid, de neige ou de vent. Les lavoirs de Plouha ne sont pas couverts. Il fallait jeter le linge à la surface et éviter qu'il ne coule dans le fond vaseux du lavoir (60 cm de profondeur) ; lequel était vidé tous les mois par le fermier le plus proche. En 1949, il y avait encore de ces pierres plates près des lavoirs, qui "marquaient" la place de chacun ; plus tard, les lavoirs ont tous été cimentés. Odette avait un fils qui faisait la pêche à Terre-Neuve avec d'autres voisins de son âge ; lorsqu'il revenait de campagne tous les trois mois pendant 15 jours, il fallait se dépêcher de laver ce linge graisseux, sentant la saumure de poisson et difficile à nettoyer... Le lavoir était bien sûr le lieu de rencontre et d'échanges des nouvelles du pays, petites et grandes, où les rires des unes et des autres lavandières fusaient, à côté de la vieille fontaine et de la chapelle de St-Laurent.

    Odette Leroux a arrêté d'aller au lavoir en 1994, après l'achat de sa première machine à laver et une retraite bien méritée. Ce fut la dernière lavandière professionnelle de Plouha.

  • 20052205212NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/25, Numplan 10.

Références documentaires

Documents audio
  • LEROUX, Odette. Témoignage d'une ancienne lavandière de Plouha. Plouha : 22 mars 2006.

    Témoignage audio