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Batterie de rupture casematée (2 canons M de 32 cm modèle 1870-1884 sur affûts M modèle 1888), au ras de l'eau, Pointe Robert (Roscanvel)

Dossier IA29001788 inclus dans Batterie de 47 mm à tir rapide (4 canons M de 47 mm modèle 1885 TR sur affûts M modèle 1885 crinoline), Pointe Robert (Roscanvel) réalisé en 2004

Fiche

Á rapprocher de

LES FORTIFICATIONS DE LA RADE DE BREST, UN PATRIMOINE RECONNU

Les batteries de rupture du goulet de Brest (Lécuillier Guillaume, 2011)

"Afin de rendre le goulet définitivement infranchissable à une flotte ennemie, l´implantation de batteries dites de rupture armées de canons de gros calibre est étudiée dès 1876 par la commission mixte de Défense des côtes. "Le

tir de rupture a pour objet la perforation des murailles cuirassées des bâtiments, en vue de les atteindre dans leurs parties essentielles situées au-dessus de l´eau (ligne de flottaison, artillerie de gros calibre, appareils à gouverner,

etc.). Il exige une vitesse de choc et une force vive très considérables".

Quatre lignes de feu faisant barrage sont dès lors définies : Minou-Capucins, Mengant-Cornouaille, Dellec-Robert/Stiff, Portzic-Pourjoint/Espagnols. Si l´implantation de telles batteries de rupture à ciel ouvert est rendue possible par la configuration des lieux dans les "ravins" du Mengant, du Dellec, du Stiff et sur la pointe du Portzic directement située face à l´entrée du goulet (batterie Nationale), il n´en est pas de même sur des sites de falaise, notamment sur la côte sud du goulet. Après de nombreuses tergiversations des autorités militaires, une première batterie casematée est aménagée, à titre expérimental, au ras de l´eau dans la falaise sur la pointe du Portzic en 1883.

Un plan-type de batterie casematée est réalisé à cette occasion sur la base de 2 canons de 32 cm. On y trouve deux chambres de tir avec cheminées d´aération verticales : la casemate et ses deux embrasures en T sont renforcées pour résister au souffle des pièces. Une partie vestibule regroupe en arrière un couloir de circulation doté d´une voie étroite de chemin de fer de 40 cm d´écartement (système Decauville généralisé dans le domaine militaire à la toute fin du XIXe siècle) permettant le transport par wagonnets (poussés à la main) des munitions aux canons depuis le magasin à poudre attenant, un bassin-citerne (pour nettoyer les pièces d´artillerie), une galerie et l´escalier

d´accès. L´ensemble, à l´exception de la galerie d´accès, est creusé directement dans le rocher puis revêtu d´une

maçonnerie de briques et/ou moellons qui est ensuite enduite. Des égouts permettent la ventilation et l´évacuation

des eaux d´infiltration provenant de la roche.

La batterie Sainte-Anne du Portzic est équipée en 1884 d´une pièce de calibre 32 cm modèle 1870 marine afin "d´éprouver les casemates". Les quatre batteries basses à ciel ouvert sont achevées en 1886. Leur armement se

compose de 12 canons de 32 cm (les batteries du Portzic et du Stiff de marine ne sont équipées que de deux pièces), modèle 1870-1881 sur affût marine modèle 1882 à pivot antérieur, ce qui autorise un pointage latéral.

En 1888, six batteries de rupture casematées sont construites au Minou (dans la falaise sous le fort), sur l´îlot des Capucins (dans le rocher), sur les pointes de Cornouaille (sous la batterie vaubanienne), à la pointe Robert (dans la falaise sous la batterie réorganisée en 1862), à Pourjoint (dans la falaise) et à la pointe des Espagnols (sous la batterie vaubanienne). Un affût spécifique dit "affût de 32 cm modèle 1888 de casemate, type de Brest" (de plus de 39 t) est réalisé pour recevoir l´imposant tube de 32 cm de calibre (canon marine, modèle 1870-1884), de 10 m de longueur et pesant 48 t. Ce modèle de tube est capable de propulser à plus de 600 m/s un projectile en fonte d´acier de 345 kg dit "obus de rupture". Les pièces ont été installées en 1889 avant la construction de l´épais mur de masque dans lequel est aménagée l´embrasure. Si la protection du canon et de ses servants est optimale, en revanche le champ de tir du canon est nul : l´affût de type fixe ne permet pas le pointage latéral de la pièce qui a été réglé une fois pour toutes lors de l´installation. Seul le pointage vertical, variable, permet de jouer sur la distance.

L´efficacité du tir repose avant tout sur le bon déclenchement du tir commandé par un poste d´observation dominant les batteries de rupture. Du fait des difficultés à approvisionner en munitions les batteries casematées du goulet, seules les batteries de rupture à ciel ouvert sont dotées d´obus explosifs de nouvelle génération.

Onze batteries de rupture ont été construites en rade de Brest entre 1883 et 1888 au prix, pour certaines, de travaux

gigantesques de déroctage. Les batteries de rupture casematées du goulet de Brest sont désarmées en 1915 et 1917 92 afin de fournir des pièces d´artillerie pour le département de la Guerre (artillerie lourde sur voie ferrée destinée au front terrestre). Il fut un temps envisagé de réarmer ces batteries casematées à l´aide de torpilles automobiles mais le projet resta dans les cartons. Lors de la Seconde Guerre mondiale, deux batteries de rupture casematées (à Pourjoint et à la pointe des Espagnols) sont coiffées par des casemates en béton et réarmées par des pièces antichars de 5 cm de calibre dont une était encore en place en 1969 93 tandis que deux postes de lancement de torpilles sont créés ex nihilo entre les pointes de Cornouaille et Robert.

Si au nord du goulet de Brest, la batterie du Minou est aujourd´hui inaccessible (la porte d´accès blindée a été soudée) et celle du Portzic remblayée, du côté sud, les batteries casematées demeurent quasiment intactes :

Capucins, Cornouaille, Robert, Pourjoint et Espagnols, mais leur accès est souvent périlleux. Compte tenu des difficultés d´accès (tant en approche d´un édifice situé au ras-de-l´eau, qu´en descente dans l´édifice même), la batterie de rupture casematée de Cornouaille, dépourvue d´escaliers mais dotée d´une rampe légèrement inclinée, présente la plus grande accessibilité pour une éventuelle mise en valeur. De plus, cette batterie de rupture casematée a vu ses deux axes de tir délardés par déroctage de la falaise située sous la plate-forme de la batterie vaubanienne, et deux arcs de décharge réalisés dans le parement ancien. L´ensemble constitue un exemple aussi saisissant que pédagogique de réutilisation d´une même position à 200 ans d´intervalle" (Lécuillier Guillaume, 2011).

Lécuillier Guillaume (dir.), Jean-Yves Besselièvre, Alain Boulaire, Didier Cadiou, Christian Corvisier, Patrick Jadé, Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

Appellations Batterie basse de rupture ou batterie casematée
Parties constituantes non étudiées abri
Dénominations batterie, casemate
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Roscanvel
Lieu-dit : Pointe Robert
Adresse : Au ras de l'eau

Fonction : défense de l'entrée du goulet de Brest.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1888, daté par source

Inventaire du patrimoine militaire de la rade de Brest. Site n° 31. Date de l'enquête : 1993-1994 rédigé en oct. 1995 par A. MARINOS, C. GARRETA, B. LE MOEN.

Murs granite
schiste
moellon
Toit pierre en couverture, terre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol
États conservations désaffecté
Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • Etude de l'ensemble fortifié de la pointe Robert, Roscanvel.

    1. La batterie de côte primitive : fin 17e siècle - 1ère moitié 19e siècle

    L´installation d´ouvrages défensifs par aménagement d´une terrasse à flanc de falaise a nécessité un important déroctage à la mine.

    Une première batterie de côte dite "rasante" a été construite pointe Robert à la fin du 17e siècle. Située à environ 33 mètres d´altitude, à la limite nord de la terrasse de l´actuelle caserne défensive, la batterie de côte "Vauban" semble subsister avec la présence d´un mur avec fruits en appareils de schiste et quelques bandeaux résiduels de gré jaune.

    D'après l'Atlas des places fortes de France de 1784 (tome 69a : ouvrages extérieurs de Brest par De Caux) ; une batterie de côte désignée "batterie Robert" est mentionnée sur l'actuelle "pointe Robert". Elle s'intercalait entre les batteries de la "pointe des Espagnols" et de "Beaufort" (située immédiatement à l´est de la Batterie de Cornouaille).

    La batterie Robert est mentionnée dans l'Atlas des côtes de France 1818-1848 (tome 192 : direction de Brest). Le cadastre ancien relève au moins trois éléments défensifs (apparaissant en bleuté) en plus de la batterie et le toponyme "Fort Robert". Un sémaphore est mentionné sur la hauteur de la pointe vers 62 mètres d´altitude.

    En 1841, la commission des côtes recommande l'armement de la batterie (12 "canons de 30 et obusiers de 22 en fer"). L'avis du comité des fortifications du 7 novembre 1844 confirme la décision de la commission.

    La batterie Robert est mentionnée dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classée en 1er degré d'importance, elle est armée de 6 "canons de 30 livres" et 6"obusiers de 22 cm".

    L´état de la commission de Défense des côtes en date du 7 février 1870 annexé au projet d´instruction pour la révision à faire de l´armement du littoral (Archives de l´Artillerie) mentionne les 12 pièces d´artillerie antérieures mais recommande l´installation de 2 canons Marine rayés de 27 cm modèle 1864 et 8 canons rayés de 30 cm modèle 1870.

    2. La caserne défensive : 1851

    Une caserne défensive à l´épreuve de la bombe souvent appelée à tort "fort Robert" est construite au milieu du 19e siècle, le linteau au dessus de l´entrée porte la date de 1851. L´ouvrage se situe sur une terrasse aménagée à flanc de falaise à 33 mètres d´altitude. De plan rectangulaire mesurant 27 mètres de longueur pour 9 mètres de largeur, la caserne est dotée de six arcs - boutants : "deux à l´ouest appuyés à la falaise comme celui de la façade postérieure, deux à l´est de part et d´autre du pont-levis".

    La distribution intérieure se compose de "quatre grandes pièces recoupées par un plancher intérieur sur solives de bois longitudinales (disparus ?)", tandis que la couverture (en terrasse à l´origine : ?) fait appel à un "concert de quatre voûtes de blocage transversales épaisses (berceau en segment)". A ces quatre pièces correspondent en façade quatre travées d´ouvertures sur deux niveaux et une succession de créneaux de fusillade. Les murs de refend sont percés d´une porte axiale en segment appareillé. L'épaisseur des murs (remplissage en moellon de schiste avec chaîne en pierre de taille de granite de l´Aber-Ildut) est de 60 centimètres et doublée pour les murs des pignons et des magasins à poudre et aux projectiles. Les ouvertures supérieures sont plus grandes que celles du rez-de-chaussée (fenêtres à linteau en segment, montants et linteau appareillés, appui monolithe en granite). Un bandeau continu en granite gris règne sous l´égout de la toiture couvert d´une bâtière ajoutée à posteriori (deux pans faiblement inclinés : tuiles canal à l´est, goudron à l´ouest).

    S´inscrivant dans la lignée des réduits de batterie de côte modèle 1846, la caserne comporte trois niveaux :

    - 1er niveau (accessible par une trappe située dans la cage d´escalier) : deux citernes souterraines avec filtre et citerneau sont alimentées par les eaux pluviales collectées sur la toiture.

    - 2ème niveau, rez-de-chaussée percé de créneau de fusillade : entrée dotée d'un pont-levis à contrepoids, vestibule d'entrée flanqué de créneaux de fusillade, couloir, cage d´escalier, logement du sous-officier, magasins aux vivres, cantine, magasin au matériel de la batterie, chambre pour 16 hommes. A l´ouest, une entrée secondaire (porte à encadrement rectangulaire à feuillure en segment appareillé de granite) flanquée d´un créneau de fusillade permet l´accès aux deux magasins à projectiles voûtés à l´épreuve de la bombe et protégés d´un bombardement naval par la falaise et les arcs-boutants.

    - 3ème niveau, étage planchéié voûté à l´épreuve de la bombe percé de créneau de fusillade : cage d´escalier, logement du chef de poste, casernements (5 chambres desservies par un couloir central).

    Nous estimons l´effectif de la caserne à 60 soldats dont un sous - officier et le chef de poste.

    Un fossé sec et deux murs défensifs percés de créneaux de fusillade (trois au total) concourent à la défense rapprochée du corps de garde.

    Probablement utilisée comme casernement par les troupes allemandes, la caserne défensive a été touchée de plein fouet par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Des peintures murales de soldats (notamment un buste de marin fumant la pipe) sont encore visibles au premier étage. En partie éventré, l´ouvrage, décrit comme "ruiniforme" par Louis Chauris est envahi par la végétation. Il attend - pourquoi pas, une protection au titre des Monuments Historiques et une possible restauration.

    3. Nouvelles batteries de côte : de rupture, de bombardement et à tir rapide : 1888-1892

    D´après l´Atlas des batteries de côte de 1893 (n° 20 : côtes de Brest), la pointe Robert compte trois batteries de côte appartenant à la Marine construite en 1888-1889 et un logement pour le gardien de batterie situé immédiatement derrière le hameau de Kergadiou. Le terrain borné et couvert principalement de lande est clôturé par un talus couvert de broussaille. En 1959, l´entrée de la batterie - de 3,2 mètres de largeur, se compose de 2 piliers en béton armé et d´un portillon de 0,75 mètre de large.

    A. Batterie de rupture

    A 4,7 mètres d´altitude : la batterie de rupture construite en 1888 est équipée de 2 canons M de 32 cm modèle 1870-1884 sur affûts M modèle 1888 (L´usage du "double millésime" rappelle que le canon de Marine conçu pour la défense des côtes est par mesure d´économie coulé en fonte de fer au lieu d´être en acier. La deuxième date correspond à l´année de sortie du canon dans l´artillerie navale.). Le tube du canon de 32 cm modèle 1870-1884 mesurait 9 mètres de long pour un poids avoisinant les 50 tonnes.

    "Le tir de rupture a pour objet la perforation des murailles cuirassées des bâtiments, en vue de les atteindre dans leurs parties essentielles situées au-dessus de l´eau (ligne de flottaison, artillerie de gros calibre, appareils à gouverner, etc.). Il exige une vitesse de choc et une force vive très considérables".

    La batterie de rupture (désignée parfois comme "batterie casematée") se compose :

    - De deux vastes chambres de tir (M) sous roc à une embrasure (10 mètres de protection), voûtée (3,9 mètres de hauteur sous clé) et communiquant par l´arrière. La protection du canon du côté du goulet est assurée par une maçonnerie de trois mètres d´épaisseur.

    - Un bassin servant à l´entretien et la sécurité de la batterie.

    - Un magasin à poudre (3,15 mètres de hauteur sous clé) doté d´un système d´égout et de ventilation.

    L´ensemble (170 mètres carrés) est accessible par un escalier de 2 mètres de largeur ; deux grandes cheminées verticales - mise en sécurité par la pose de grille il y a moins de 10 ans, servaient à l´évacuation des fumées de tir.

    La batterie de rupture de Robert est entièrement visitable.

    B. Batterie à tir rapide

    A 13 mètres d´altitude : la batterie basse à tir rapide est équipée de 4 canons M de 47 mm modèle 1885 TR. La batterie sera déménagée après 1889 pour être installée en avant de la caserne défensive à 33 mètres d´altitude. Les sous-sellettes d'affûts sont encore visibles ainsi que la plate-forme de l´ancienne batterie en contrebas, accessible par un escalier. La caserne défensive est utilisée comme magasins de stockage (magasins aux projectiles et au matériel) pour le batterie à tir rapide.

    Un abri sous roc (J) désignée comme "soute à munitions" (9,3 mètres carrés) a été aménagé dans la falaise à proximité immédiate de l´abri-usine des projecteurs.

    C. Batterie haute de bombardement

    A 65,07 mètres d´altitude : la batterie haute de bombardement est équipée de 4 canons M de 32 cm modèle 1870-1884. Construite en 1888 sur le plateau de la pointe Robert, elle affecte une forme elliptique (ou "en croissant"). Le tube du canon de 32 cm mesurait 9 mètres de long pour un poids avoisinant les 50 tonnes.

    "Le tir de bombardement a pour objet de tenir les vaisseaux ennemis à distance, pour les empêcher soit de bombarder les ports, soit de tenter une opération quelconque contre les côtes, il s´exécute avec des obus chargés en explosifs et vise la destruction des œuvres mortes non cuirassées des bâtiments ; il menace le personnel et le matériel installés sur le pont ou les superstructures, ou seulement abrités par des murailles et des ponts non blindés ou insuffisamment blindés".

    La batterie haute de bombardement est composée (Préfecture Maritime, rapport d´octobre 1959) :

    - De 3 ouvrages en élévation (A, B, C) : du nord au sud, poste de commandement du groupe dit "poste télémétrie" (24,8 mètres carrés) en moellon de 0,5 mètre plus une couche en béton armée de 0,25 mètre d´épaisseur de protection ; "poste de commandement" (11,4 mètres carrés) en moellon de 0,5 mètre plus une couche en béton armée de 0,5 mètre d´épaisseur de protection ; "local des appareils" (6,7 mètres carrés) en moellon de 0,4 mètre plus une couche en béton armée de 0,13 mètre d´épaisseur de protection.

    - Sous les traverses, de 4 soutes voûtées sous merlon (E, F, G, H) : du nord au sud, abri au matériel (93 mètres carrés) en moellon de 1,35 mètre d´épaisseur de protection ; niche aux projectiles (23,7 mètres carrés) en béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur et 0,4 mètre d´épaisseur pour le mur de façade ; magasin à poudre (48,4 mètres carrés) en béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur et 0,4 mètre d´épaisseur pour le mur de façade ; niche aux projectiles (23,7 mètres carrés) en béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur et 0,4 mètre d´épaisseur pour le mur de façade.

    - Un magasin sous roc (I) (119 mètres carrés) d´une protection de 6 mètres a été aménagé sous le poste de commandement. Le magasin, éclairé par un créneau à lampe évasé est accessible par un escalier de 2 mètres de largeur et un monte-charge aménagé dans sa partie est. Les entrées (escalier et monte-charge) sont protégées par une voûte bétonnée.

    - Selon les normes en vigueur pour l´entretien et la sécurité des batteries de côtes, un bassin désigné à tort "lavoir" (N) d´une contenance de 8 mètres cubes a été construit le long de la "rue de la batterie".

    - Un observatoire en béton armé dit "poste de télémétrie" est situé à flanc de falaise à environ 55 mètres d´altitude sur le chemin d´accès entre la batterie haute et la caserne.

    4. Les projecteurs : 1889-1890

    D´après le plan général de la pointe Robert au 1/1000 daté du 25 septembre 1889, deux terrains ont été demandés pour l´établissement d´un groupe de projecteurs orientés vers la "direction passant entre les Fillettes et la Basse Goudron". Le plan est signé du capitaine de vaisseau A. Monin directeur des mouvements du port, du capitaine d´artillerie de marine F.E. Lepin, de l´ingénieur des travaux hydraulique de la marine H. Willotte, du chef de bataillon, chef du Génie de Prémesnil, de l´ingénieur des ponts et chaussées A. de Miniac.

    Deux projecteurs, l´un de 60 cm (L) et l´autre de 90 cm (K) sont mis en place vers 1890, ils nécessitèrent la construction de deux abris et d´une usine électrique (proche de celle de Toulbroc´h et souvent appelé à tort la "poudrière") abritant la "machine motrice".

    Le groupe de deux projecteurs de la pointe Robert est composé :

    - D´un abri (K) servant d´abri de jour et de combat (41,5 mètres carrés) pour projecteur de 90 cm monté sur rails et pivotant grâce à une plaque tournante : construction voûtée en moellon et béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur. L´accès se fait par un trou d´homme et une échelle métallique. L´un des deux volets blindés de protection est encore en place.

    - D´un abri (L) servant d´abri de jour et de combat (25 mètres carrés) pour projecteur de 60 cm monté sur rails et pivotant grâce à une plaque tournante : construction voûtée en moellon et béton armé de 1,5 mètre d´épaisseur. L´accès se fait par un trou d´homme et une échelle métallique.

    - D´un abri-usine (D) (118,2 mètres carrés) : construction de plan rectangulaire voûtée (4,4 mètres sous clé) en maçonnerie de moellon de 1,3 mètre d´épaisseur pour les parois nord-ouest et sud-est et 0,75 mètres d´épaisseur pour la paroi sud-ouest. Elle est entièrement ouverte au nord-est.

    - Un poste de commande a été installé un peu plus haut sur la falaise entre les abris de projecteurs et la caserne.

    5. La Première Guerre Mondiale

    D´après l´Atlas des batteries de côte de 1913 (Tome n° 2 bis : place de Brest mis à jour) et 1914, la pointe Robert compte toujours trois batteries de côtes d´armement identiques ? à 1893 appartenant à la Marine.

    Les trois batteries de la pointe Robert sont désarmées pendant la première guerre mondiale pour les besoins du front. Récupérés, les 6 canons M de 32 cm modèle 1870-1884 seront montés sur voie ferrée (Constitution de l´Artillerie Lourde de Voie Ferrée).

    Le programme général de défense des côtes du 1er août 1922 (Archives de la Marine, 1 BB3 180 et 181) prévoit l´installation de 4 canons de 75 mm modèle 1908.

    6. La Seconde Guerre mondiale

    "Cet ouvrage a peu servi aux allemands. Les français y avaient une batterie de Défense Contre Avions de 75 mm S.A.. modèle 1908 qui aurait été récupérée à peu près intacte par les Allemands en 1940 et transportée ailleurs. Les allemands l´avaient remplacée par une batterie de 3 pièces de 40 mm et ont utilisé les soutes sous roc d´origine française. L´ouvrage était seulement protégé par des barbelés".

    A l´est de la pointe Robert : "Au bas de la falaise, les allemands ont creusé un local sous roc où ils ont installé un tube lance-torpilles quadruples ; pour défendre l´accès du goulet. Les tubes et torpilles n´ont pas été sabotés".

    Source : Service Historique de la Marine. Brest. Rapport Pinczon du Sel. Livre IV. Le Mur de l´Atlantique la côte de la Manche et de l´Atlantique du Mont Saint-Michel à Laïta. 1947-1948, p. 163.

    7. L´après-guerre

    Utilisé un temps comme terrain de manoeuvre, l´ensemble fortifié de la pointe Robert est aujourd´hui en en partie envahie par la végétation. Un char Panhard de reconnaissance a été laissé à l´abandon sur le chemin d´accès de la batterie haute.

    La batterie haute de bombardement est en cours de déminage (2006 : présence de nombreux obus) ; elle est interdite d´accès.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume