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Batterie de Droite (4 canons Marine de 19 cm modèle 1870 puis 4 canons Guerre de 24 cm en 1914)

Dossier IA29001838 inclus dans Ensemble fortifié (Re 309) (MAA 262 3a et 3b), Toulbroc'h, Pointe du Grand Minou (Locmaria-Plouzané) réalisé en 2005
Dénominations ensemble fortifié, batterie, blockhaus, poudrière, édifice logistique
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Locmaria-Plouzané
Lieu-dit : Pointe du Grand Minou
Adresse : Toulbroc'h

Construite vers 1904, elle était armée de 4 canons Guerre de 240mm modèle 1903 à tir rapide d´une portée de plus de 9 km. Ultra-moderne pour l´époque, ses canons permettaient de diminuer le nombre de servants (6 par pièce) tout en augmentant sensiblement la cadence de tir (2 coups à la minute). Les magasins bétonnés de combats modèle 1901 sont dotés chacun d´un monte-obus à manivelle (l´obus pesait environ 160 kg !) destiné à alimenter le guichet latéral extérieur via un passage sur galets à travers l´épaisseur du mur. Ce dernier distribue ensuite les munitions par un wagonnet sur voie ferrée semi-circulaire de 40 cm d´écartement. Les compartiments à projectiles sont séparés des magasins aux gargousses (charge de propulsion) disposés au centre des magasins doubles ou aux extrémités des magasins simples. Les canons sont toujours en place en juin 1940 et seront réutilisés par l´occupant allemand. Des canons de 75mm les remplacent ensuite, ce qui entraîne des modifications : surélévation des plates-formes, création d´un masque bétonné derrière chaque pièce et des travaux sur le poste de commandement ouest.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1904, daté par source
1941, daté par travaux historiques
1942, daté par travaux historiques
1943, daté par travaux historiques
1944, daté par travaux historiques
Murs ciment
béton armé
Toit béton en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Couvertures terrasse
États conservations désaffecté, vestiges, menacé
Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • COUDURIER (l.), Brest et ses environs, De Brest au Conquet par le chemin de fer électrique, Brest, 1904, 336 p. (CRBC : D 5167).

    Toulbroc'h

    "Les travaux de fortifications qui ont été effectués ici depuis quelques années sont considérables. Le sol a été bouleversé. Ce ne sont partout que mystérieuses casemates, magasins de munitions, canons de toutes dimensions, les uns très vieux, les autres très modernes ; tranchées, abris cuirassés, instruments de destruction perfectionnés et agencés avec art.

    Malgré tout cet appareil guerrier, malgré ce formidable arsenal d'engins défensifs, on a, malgré soi, la sensation qu'il ne ferait pas bon de flâner derrière ces remparts, le jour où des escadres ennemies inonderaient Toulbroc'h de fer et de feu.

    Chaque mardi, une fois la nuit venue, les hautes falaises du voisinage s'inondent de lumière électrique. Les rayons d'énormes projecteurs surgissent de la masse sombre des batteries et s'en vont fouiller toutes les anfractuosités de la rade, cherchant le torpilleur silencieusement ancré au fond de quelque baie, ou rôdant, comme un rapide poisson vorace, à la recherche de sa proie.

    L 'électricité, fournie par un moteur soigneusement abrité, aveuglerait l'adversaire après l'avoir découvert, tandis que nos artilleurs, accourus à leurs pièces, enverraient des ouragans irrésistibles à l'ennemi assez audacieux pour s'aventurer dans ces parages.

    Nous n'avons ni le désir ni le droit de décrire cette forteresse, dont les travaux de construction furent marquées, il y a quelques années, par un drame assez bizarre :

    Un jour, au matin, un ouvrier maçon fut trouvé mort dans son lit. Le décès parut suspect. Le parquet de Brest ouvrit une enquête qui aboutit à l'arrestation du gardien de batterie, lequel fut ensuite relâché. L'affaire fit grand bruit à l'époque ; elle est oubliée aujourd'hui ; sauf à Toulbroc'h, où les marsouins des 5e et 6e compagnies du 6e régiment d'infanterie coloniale en parlent encore, le soir, à la chambrée, autour du poêle.

    Ces chambrées sont, comme celles du Minou, installées dans des baraquements assez sommaires et où, par les nuits de brise glaciale, on ne doit pas être précisément à l'aise. Nos braves coloniaux ne sont pas difficiles, mais il serait temps que l'on se décidât à loger un peu plus confortablement ces sentinelles d'avant-garde.

    En attendant, les marsouins s'arrangent comme ils peuvent. Les sous-officiers vivent en "popote", et la cantine tenue par mademoiselle Simon leur vend seulement le vins et les liquides variés.

    Le touriste altéré peut, au besoin, entrer dans le casernement, avec l'autorisation du caporal de garde. Mademoiselle Simon se fera un véritable plaisir de lui préparer une omelette et de lui verser un bon petit vin blanc.

    Il existe également au Toulbroc'h un auberge où l'on trouve, suivant la formule consacrée, "à boire et à manger"".

  • 19702900029Z : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes

    19702900068Z : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume