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Batterie de 100 mm à tir rapide (4 canons M de 100 mm modèle 1881 TR sur affûts Vavasseur puis 4 canons M de 100 mm modèle 1897 TR sur affûts M modèle 1897 à pivot central), Pointe des Capucins (Roscanvel)

Dossier IA29001849 inclus dans Vestibule et rade de Brest : ensemble fortifié (19e siècle) réalisé en 2005
Appellations Batterie de 100 mm, Batterie haute
Dénominations abri, batterie, édifice logistique, poste d'observation
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Roscanvel
Lieu-dit : Pointe des Capucins
Cadastre : C 488

Programmée dès 1888, la batterie de 4 canons Marine de 100 mm modèle 1881 à tir rapide sur affût Vavasseur est construite de 1898 à 1900.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1898, daté par travaux historiques
1899, daté par travaux historiques
1900, daté par travaux historiques
Murs maçonnerie
béton armé
Toit béton en couverture, terre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée
Couvertures terrasse
États conservations désaffecté, envahi par la végétation
Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • GROUPE DE BATTERIES DES CAPUCINS par Philippe Truttmann, septembre 1971.

    Situation : dans la presqu'île de Roscanvel, à la pointe des Capucins, à 2 000 mètres environ à l'ouest nord ouest de l'agglomération de Roscanvel, à 2 700 mètres environ au nord des ligues de Quelern (porte de Camaret).

    Propriétaire : Ministère de la Défense Nationale (Marine). L'ensemble est passé de l'Armée de terre à la Marine par P.V. du 6 décembre 1932.

    GENERALITES GEOGRAPHIQUES

    La pointe des Capucins est un point d'une importance tactique primordiale pour la défense de Brest.

    - Au sud, la côte sensiblement sud-nord, constitue le fond du "vestibule de la Rade",

    - A la pointe, la ligne des falaises change de direction et devient sud-ouest-nord-est, en bordant le goulet dont elle est alors la rive sud.

    On peut dire que la pointe des Capucins est le "montant" sud de la porte du Goulet (large, à l'entrée de 3 000 mètres) tandis que le "montant" nord est constitué par la pointe du Minou.

    A cette situation géographique avantageuse viennent s'ajouter :

    - La saillie en mer de l'ilôt des Capucins, réduisant la distance à battre.

    - Les 60 mètres de commandement sur la mer, dus à la hauteur des falaises, les possibilités d'observation et l'accroissement de portée qui en résultent pour l'artillerie des batteries.

    Tous ces éléments expliquent la concentration de moyens réalisée dans cette zone, l'organisation du site dès le 17e siècle et jusqu'à 1940.

    L'ensemble du groupe de batteries des Capucins constitue une position d'artillerie destinée à agir sur le vestibule et le goulet de Brest et ouverte à la gorge (sauf l'îlot). Il peut se décomposer ainsi :

    - Au sud, à 500 mètres environ de la pointe la batterie de mortiers des Capucins et ses annexes.

    - A la pointe même : les batteries des Capucins (Batterie de 100 mm, de 24 cm et de 32 cm) avec leurs annexes (magasins, postes de télémétrie, etc....)

    - Au pied de la pointe : l'Ilot des Capucins.

    HISTORIQUE SOMMAIRE

    Le site a été en partie occupé sous Louis XIV, à l'époque de la mise en état de défense de Brest en 1693-1694, par Vauban.

    On trouve entre autres un projet de Traverse daté du 27 janvier 1696 relatif à une batterie à construire sur l'ilôt, et visé par Vauban (Archives de l'Inspection du Génie. Brest. Carton n° 1 pièce 33 p).

    Les ouvrages sont maintenues et améliorés au 18e siècle et sous l'Empire (Archives de l'Inspection du Génie. Brest. Carton n° 8, pièce 1) : il s'agit en fait d'ouvrages d'importance secondaire (plate-formes et épaulements) dont l'occupation n'était qu'épisodique.

    Dans l'état actuel, il est impossible de distinguer ce qu'il en subsiste au milieu des remaniements opérés aux 19e et 20e siècles.

    Chronologie sommaire des ouvrages : (* : les dates affectées de ce signe sont approximatives).

    17e siècle (vers 1694-95) : ouvrages de Vauban (batteries hautes). Il existe, aux archives de l'Inspection du Génie, un projet de Traverse approuvé par Vauban, pour la construction d'une batterie basse sur l'ilôt. Les fonds destinés à la défense de Brest s'amenuisant très vite, une fois l'alerte de 1694 passée, le projet fut mis en veilleuse jusqu'en 1847, date à laquelle il fut repris et exécuté.

    1847-1849 : construction de la batterie de l'îlot avec son casernement (reprise presque mot à mot du projet de Vauban 1696).

    1860-61 : construction du pont actuel reliant l'îlot au continent.

    1880-1885* : construction de la batterie de mortier de 300 mm.

    - Construction de la batterie de canons de 240 mm.

    - Construction de la batterie de 320 cm.

    - Construction du magasin à poudre terrassé entre les batteries de 24 cm et 32 cm.

    1888 : percement de la batterie de rupture de 32 cm de l'ilôt.

    1890-1891* : percement du magasin à poudre sous roc (date inscrite, mais illisible).

    - Construction des magasins de batterie (batterie de mortier, batterie de 24 cm en béton spécial).

    1891-1893 : mise en place du système de projecteurs électriques.

    1897-1906 : construction de la batterie de 100 mm à tir rapide.

    - Remaniement complet de la batterie de mortiers.

    - Remaniement partiel de la Batterie de 24 cm (traverse en béton armé datée 1898) (indication "remaniée en 1906" portée au crayon sur le Grand Atlas).

    - Remaniement en 1896 de la batterie de 24 cm. Aucun remaniement après cette époque.

    Les batteries ont été bombardées et sinistrées en partie entre 1940 et 1945.

    L'armement et les équipements ont disparu.

    ETUDE DES DIFFERENTS COMPOSANTS

    Batterie de mortiers des Capucins

    Historique - mission particulière

    Ouvrage construit vers 1884-1885, ex-nihilo, pour 4 mortiers-bouche Marine de 30 cm Modèle 1883 sur plate-formes à ciel ouvert avec banquette de service en avant des plateformes. Compte tenu de l'armement (matériel à tir exclusivement plongeant ou vertical destiné à la perforation de haut en bas des ponts des navires) la batterie a été établie en arrière de la crête de la falaise et à contre pente : elle effectuait du tir indirect, réglé par des postes d'observation et de télémétrie, la capitale du tir étant dirigée ouest sud ouest sur le vestibule du Goulet (partie sud). Champ de tir : environ 200 degrés.

    La batterie est installée le long et légèrement en retrait de la route stratégique de la presqu'île de Roscanvel. De par son implantation, elle échappe aux vues du large. A ce stade, la batterie était entourée d'une petite banquette d'infanterie avec fossé palisadé.

    A la suite de la crise de l'obus torpille vers 1891-1892, construction à l'extrémité droite, d'un magasin à poudre en béton spécial (Magasins de batteries).

    Après 1900 (probablement vers 1906) (par analogie avec d'autres travaux similaires.), on procède :

    - A un remaniement général de la Batterie (sur le même emplacement),

    - Au remplacement des mortiers-bouches modèle 1883 par des mortiers 1883 T 1893 à chargement par la culasse, sur affût modèle 1883 à pivot avant.

    A la suite de ces remaniements, il ne subsiste des constructions d'origine que le magasin de batterie en béton et les bâtiments de temps de paix. Aucune modification majeure n'a été apporté par la suite.

    Description

    La batterie est constituée :

    - De 4 positions de pièces (avec plate-forme) en béton, limitées à l'avant par un mur de genouillère courbe en béton armé soutenant les terres d'un glacis à contre pente et latéralement par les parois extérieures des traverses. Dans le sol, restes des boulons des sellettes

    et des circulaires des affûts ;

    - De 5 traverses-abris, en béton et béton armé : trois traverses courantes et deux traverses d'extrémité, droite et gauche, séparant les positions des pièces et les protégeant contre les coups d'enfilade.

    Les traverses courantes comportent un couloir central et deux locaux à usage de magasins aux projectiles chargés avec paillasses en béton armé, et dans la façade arrière guichet bas d'amenée des obus et guichet haut de distribution vers les pièces. Dans chacun de ces locaux on remarque la trace d'un petit monte-charge à cuiller, (disparu) permettant de monter les obus des paillasses basses vers les paillasses hautes. Les traverses d'extrémité sont identiques sauf qu'elles ne comportent qu'un seul magasin à obus au lieu de deux. Protection des traverses : dalle 1,75 mètre de béton armé. Mur de fond : 2,00 mètres. Murs latéraux : 1,20 mètre. Mur arrière.

    - De bâtiments non à l'épreuve : magasin aux projectiles vides.

    Les plate-formes de pièces se prolongent à l'arrière et de plain-pied par un petit quai, courant tout le long de la batterie. Ce quai s'interrompt au droit des entrées arrière des traverses, mais la continuité de la circulation pouvait être rétablie par des travées métalliques basculantes, pouvant se rabattre sur le passage. Ce quai est destiné à la circulation des petits chariots transportant les obus entre les guichets de distribution et la culasse des pièces. Le quai est en maçonnerie ; il comporte des rampes d'accès en pente douce pour le matériel (un par pièce) et des escaliers d'accès pour le personnel.

    Derrière ce quai, et en contrebas, court la rue du rempart. bordée de l'autre côté d'un talus de revers précédé d'une cuvette draînante en maçonnerie ramenant les eaux à un bassin situé à mi-longueur de la batterie. La rue du rempart comportait une petite voie ferrée étroite pour le transport des munitions.

    Magasin de batterie

    Construction monolithique en béton spécial (2,50 mètres de protection) à une seule entrée. Forme cylindrique terminée à chaque extrémité par un quart de sphère (Disposition semblable à tous les ouvrages de ce modèle).

    Bâtiments divers :

    Hangar aux agrès (repère A).

    Magasin aux projectiles (B).

    Niche aux détonateurs (c).

    Atelier d'amorçage (d).

    Atelier (e) : constructions en élévation, type de temps de paix appuyées au mur de soutènement des massifs de terre à droite et gauche de la Batterie et ainsi défilés au tir. Les bâtiments sont recouverts d'une dalle en béton armé variant de 0,20 mètre à 0,65 mètre destinée à les protéger des gros éclats et des coups fusants.

    Nota : il ne subsiste rien du matériel et des équipements métalliques de la batterie, à l'exception de quelques portes en tôle d'acier galvanisé des abris sous traverse.

    Batteries des Capucins

    Batteries hautes groupées au sommet des falaises, de part et d'autre de la pointe.

    L'ensemble comprend, du sud au nord :

    - Un magasin à poudre sous roc (jouant le rôle de magasin de secteur).

    - Une batterie de 4 canons de 100 mm à tir rapide tirant dans le vestibule du goulet.

    - Une batterie de 4 canons de 24 cm à tir rapide tirant dans le vestibule du goulet.

    - Un magasin a poudre terrassé.

    - Une batterie de 4 canons de 32 cm tirant au nord-ouest perpendiculairement au goulet.

    - Les routes de jonction, annexes, postes d'observation et télémètre etc....

    Les batteries sont essentiellement des batteries de bombardement. L'ensemble est entouré d'une levée de terre servant de parapet d'infanterie, mais peut néanmoins être considéré comme ouvert à la gorge.

    Magasin à poudre sous roc

    Ce magasin construit vers 1890-92 est un renforcement consécutif à la crise de l'obus torpille. Il jouait le rôle de magasin de secteur pour l'ensemble du groupe des Capucins, et ravitaillait les différents magasins de batteries.

    Cet ouvrage est construit en abri-caverne selon le schéma commun à tous les organes de ce type.

    Protection 6 à 8 mètres de roc franc.

    Chambre des poudres de 18,85 mètres par 4,82 mètres à double paroi, avec vestibule à chaque extrémité.

    - Le vestibule sud est le palier inférieur de l'escalier d'accès et dessert également l'atelier de chargement (également à double paroi).

    - Du vestibule nord part un tronçon de galerie menant à un puits vertical, autrefois équipé d'un monte-charge (disparu) et débouchant - comme l'escalier - sur la route en tranchée desservant les ouvrages (route jadis équipée d'une voie ferrée étroite).

    L'escalier et le puits débouchent à l'air libre à l'abri d'émergences en béton spécial non armé encastrées dans la paroi de la tranchée de la route (1,50 mètre de béton). L'entrée de l'escalier est en outre précédée d'un mur de clôture en maçonnerie avec porte en tôle. Dans la galerie de l'escalier, restes d'un monorail de transport des munitions.

    Une galerie d'égoût évacue les eaux des locaux souterrains vers la falaise.

    Logements de lanterne habituels dans les vestibules et atelier de chargement.

    Porte d'entrée de l'escalier en plein cintre avec encadrement harpé.

    Batterie de 100 mm

    Mission : batterie de crête, à ciel ouvert, pour 4 pièces de 100 mm. à tir rapide (vraisemblablement canon Marine modèle 1897 sur affût 1897 PC). Capitale de tir orientée ouest sud ouest, vers le vestibule, champ de tir environ 120 degrés.

    Cette batterie avait pour rôle de fournir des feux rapides contre des objectifs mobiles et peu protégés, et également contre les superstructures (hunes, cheminées, mâtures) des navires de ligne mouillant dans le vestibule du goulet.

    Date de construction : entre 1893 et 1900.

    Batterie à ciel ouvert, traversée de deux en deux pièces (une traverse pleine en terre) avec massif pare-éclats entre chaque pièce.

    Mur de genouillère bas en maçonnerie de moellons avec tablette. Parapet en terre. Plateformes en béton avec cuves demi circulaires sous sellettes et goujons de fixation des affûts des pièces (affût à pivot central, modèle 1897 PC).

    Batterie surélevée par rapport à la rue du rempart : la face arrière est verticale et comporte les niches à projectiles (magasins de pièces) et des niches pour mettre le personnel à l'abri des éclats et coups fusants : dans ces dernières subsistent les restes de bancs à rabattement.

    A l'extrémité droite, magasin de batterie avec dalle en béton armé (donc postérieure à 1897) de niveau avec la rue du rempart ; au dessus, plate-forme d'observation. A l'extrémité gauche, poste d'observation, en cuve, à ciel ouvert.

    Batterie haute de 24 cm

    Batterie de crête, à ciel ouvert, pour 4 pièces de Marine de 24 cm. C'est une batterie de bombardement, destinée à lutter contre les navires de ligne croisant dans le vestibule du Goulet. Capitale orientée ouest sud ouest. Champ de tir : 130 degrés.

    Armement : 4 canons Marine modèle 1870 à l'origine (d'après carte renseignée des Archives du Génie).

    Une photo aérienne, prise en 19... montre, en position, 3 pièces Marine modèle 1870-1887 sur affût modèle 1888 P.C. (renseignement confirmé par les goujons de sellette encore en place).

    On notera que les capitales des deux pièces de droite divergent légèrement de celles des deux pièces de gauche.

    La batterie haute exécutée sous Vauban (1694-1695 peut-être même 1685) occupait la partie nord de l'actuelle batterie de 24 cm.

    Batterie actuelle construite vraisemblablement en 1883-1884 avec les quatre positions de pièces séparées par trois traverses-abris en maçonnerie recouverte de terre, du modèle réglementaire et encadrées aux deux extrémités par deux traverses pleines, en terre.

    En 1890-1891, construction d'un magasin à poudre de batterie (cylindre terminé par deux quarts de sphère) dans la traverse d'extrémité droite.

    En 1898, construction d'un magasin à munitions, en béton armé sous le massif de la traverse d'extrémité de gauche.

    La traverse centrale (abri n° 7) est rasée et remplacée par un autre magasin à munitions en béton armé, de moindre profondeur, ouvrage rectangulaire voûté en voûte très surbaissée couvert par une dalle de 1,50 mètre de béton armé.

    Par contre les deux traverses (abris 6 et 8) sont restées telles quelles.

    Accès aux plateformes de pièce par rampe en pente douce.

    Bassin-abreuvoir (en maçonnerie de granite) en bordure de la rue du rempart derrière la traverse centrale en béton armé.

    La première plateforme de pièce diffère légèrement des autres : rentrant concave du mur de genouillère coupé par un mur de maçonnerie et comblé.

    Postes de direction de tir et d'observation aux deux extrémités, en superstructure.

    Bâtiment du temps de paix (magasin) en maçonnerie et toiture terrasse à l'extrémité droite, défilé par le massif de terre prolongeant le parapet de batterie.

    Nombreux impacts de bombe visibles sur l'ensemble de l'ouvrage, ayant occasionné des dégâts aux traverses en maçonnerie et à l'entrée du magasin de batterie de droite.

    Magasin à poudre terrassé

    Situé en bordure et à l'ouest de la route militaire, en tranchée, à mi-chemin entre la batterie de 24 cm et la batterie de 32 cm.

    Construit entre 1882 et 1884, en maçonnerie recouverte de terre, jouait, avant la crise de l'obus torpille le rôle de magasin de secteur pour les batteries de 24 cm et 32 cm (la batterie de 100 mm n'existant pas encore). Après la crise de l'obus torpille, ce magasin n'étant plus considéré comme à l'épreuve, a été remplacé par le magasin caverne et laissé tel quel pour le service du temps de paix.

    Ouvrage conforme à l'organisation des magasins à poudre entre 1875 et 1885 ; très délabré et noyé sous une végétation très dense.

    Batterie de 32 cm

    Le plus septentrional des ouvrages du groupe : c'est une batterie à ciel ouvert pour 4 pièces Marine de 32 cm modèle 1870-1881, en alignement droit et à capitale orientée au nord est vers la pointe du Minou, donc avec une mission principale de barrage de l'entrée du Goulet. Batterie construite entre 1880 et 1884, traversée de pièce en pièce (trois traverses courantes, creuses, avec abri personnel et munitions - deux traverses pleines d'extrémité) . Mur de genouillère, en maçonnerie, droit avec retours biais à droite et à gauche.

    Parapet en terre avec plongée inclinée au 1/8.

    Postérieurement à la construction, on a ajouté

    - Dans le massif d'extrémité gauche un magasin de batterie en béton spécial non armé (1891 environ).

    - A l'entrée sud de la batterie un magasin à munitions en béton protégé par dalle de béton armé.

    Toute cette zone est complètement noyée sous des ronces impénétrables rendant impossible un examen plus détaillé.

    Ilot des Capucins

    Massif rocheux en forme de prisme allongé d'environ 120 mètres de long par 60 mètres de large. Grand axe orienté sensiblement sud ouest - nord est. Progressivement organisé à l'usage d'ouvrage fortifié : il a fallu l'entailler de main d'homme à mi hauteur des deux versants pour dégager l'emprise nécessaire aux bâtiments et aux batteries, tandis que l'arête centrale était laissée telle quelle pour servir de parados et de masque.

    Historique sommaire

    1695-1696 : projet d'aménagement d'une batterie basse sur l'ilôt (Traverse visé par Vauban - Archives du génie). Projet non exécuté, faute d'argent.

    1847-1849 : aménagement de la batterie de l'îlot avec construction d'une caserne, d'une enceinte défensive.

    Prix de revient : caserne 36 200 Fr + batterie 79 685 Fr = 115 885 Fr.

    1859-1860 : construction du pont d'accès.

    Après 1870, la batterie basse est abandonnée comme batterie de gros calibre et remplacée par les batteries hautes de 24 cm et 32 cm.

    1888 : construction de la batterie-caverne de rupture - aménagement de la batterie basse en batterie pour 4 canons de 47 mm à tir rapide.

    Vers 1890-1892 : installation de projecteur photoélectrique et de l'usine électrogène correspondante.

    Poste de Commandement au sommet de l'arête centrale.

    C'est probablement à cette époque que remonte la maison d'habitation ruinée sise près de l'usine électrogène.

    Plus d'autres aménagements par la suite.

    Lors de la guerre 1939-1945, les bâtiments en élévation ont été sinistrés et tout le matériel enlevé.

    Enceinte défensive

    Essentiellement sur la partie arrière (non exposée aux feux des navires de ligne), elle est constituée par un parapet en maçonnerie surmontant une escarpe à tracé irrégulier et brisé. Du côté de l'entrée, l'escarpe est construite en retrait du bord de l'îlot, de façon à dégager la plate-forme extérieure d'entrée, séparée du mur d'enceinte par un petit fossé qui franchit le pont-levis d'entrée.

    L'escarpe est construite en maçonnerie de moellons avec chaînes d'angles en pierres de taille (granite gris clair) dressées et harpées, à chaque brisure saillante du tracé. Le parapet est surmonté d'une tablette en pierre de taille. Sur la partie avant, l'enceinte est constituée par le parapet de la batterie, et le roc franc raidi.

    Entrée constituée de deux piliers en pierre de taille, couronnés chacun d'une simple tablette légèrement saillante portant un boulet.

    A l'avant, les deux piliers sont entaillés verticalement d'une feuillure servant de logement au pont-levis, une fois celui-ci relevé. L'ébrasement arrière de la porte est à joues légèrement biaises. Le pont-levis était actionné par l'intermédiaire de chaînes passant sur des poulies engagées dans des fentes percées au milieu et en haut de chaque pilier.

    Ouvrage très simple mais non dépourvu d'élégance (surtout dans le contexte où il est placé).

    Le petit fossé protégeant l'entrée, s'ouvrant à chaque extrémité sur les rochers, pouvait constituer un élément favorisant l'escalade : de ce fait on l'a fermé, à chaque bout, par un batardeau avec chaperon à deux pentes, lui-même coupé par une tourelle dite "dame".

    Caserne

    Bâtiment construit en 1848 à usage de :

    - Logement du gardien de batterie,

    - Casernement pour 62 hommes + chef de poste avec magasin aux vivres, cuisine, et citerne en cave.

    - Magasin à poudre,

    - Petit magasin d'artillerie.

    Il est constitué d'un rez-de-chaussée, avec comble véritable à l'extrémité sud ouest, à l'extrémité nord est, le magasin à poudre est voûté.

    Bâtiment rectangulaire, de construction très soignée : corps en maçonnerie de schiste brun foncé, avec soubassement, bandeau plat à mi-hauteur, chaînes d'angle (harpées), corniche moulurée, entourages de portes et de fenêtres en pierre de taille apparaillées et dressées de granite clair donnant un contraste heureux avec le fond sombre de la maçonnerie des murs.

    Cloisonnement par cinq refends transversaux (dont un constitué par la paroi intérieure du magasin à poudre) et un tronçon de refend longitudinal limité à la partie logement du gardien et des cadres (sud-ouest).

    Les refends portaient une toiture en ardoise à quatre pentes aujourd'hui disparue.

    Détails :

    - Citerne voûtée, en cave, alimentée par cunette drainant la pente de l'arête centrale,

    - Fenêtres hautes à linteau cintré,

    - Sur le mur du pignon lord-Est : date "1848" gravée dans une pierre de granité dressée - encastrée dans la maçonnerie.

    Le bâtiment a été implanté judicieusement côté sud est de l'ilot et complètement défilé aux vues et aux coups de large par le massif rocheux de l'arête centrale.

    Batterie de rupture

    Ouvrage creusé en 1888 selon un plan-type et destiné à abriter deux pièces de 32 cm sous casemate, tirant au ras de l'eau perpendiculairement à l'axe du goulet, pour perforer de plein fouet les ceintures cuirassées des navires qui tenteraient le forcement du passage. Pour ce faire, on n'utilisait qu'une très faible partie (un quart seulement) de la portée utile des pièces, correspondant à la partie la plus tendue de la trajectoire, à la vitesse initiale la plus élevée.

    La batterie est constituée de deux chambres de tir (parallèles), un couloir de fond prolongeant la galerie et l'escalier d'accès, un petit magasin à munition (30 coups par pièce) à double paroi, et un bassin-citerne en bout du couloir d'accès, le tout creusé en plein roc et enduit au mortier. Ciel des locaux en voûte surbaissée, avec anneaux scellés pour les manoeuvres de force.

    Chaque chambre de tir comporte une cheminée d'aération verticale percée dans la voûte à l'aplomb de la culasse de la pièce.

    Les embrasures, à très faible champ de tir (quelques degrés) sont ménagées dans un mur de façade, en maçonnerie : fermant la chambre de tir vers l'avant. La tête de la voûte est renforcée à l'extérieur d'un arceau de décharge : en voûte surbaissée à claveaux harpés et à bossage formant visière du dessus de l'embrasure.

    L'embrasure proprement dite, en forme de T est entourée de pierres de taille dressées, en granite de l'Aber-Ildut. Il a été nécessaire de procéder, à des entailles profondes dans le roc en avant des embrasures pour délarder les champs de tir car, pour obtenir une couverture verticale suffisante, les casemates devaient être établies en retrait mais le plus bas possible sur l'eau. L'accès à la batterie se fait par galerie ascendante et escalier à proximité de la porte d'entrée de l'îlot.

    Batterie basse

    Plate-forme avec parapet en maçonnerie ménagée sur la face avant de l'ilot désarmée vers 1870 comme batterie de gros calibre elle a été ensuite aménagée en batterie pour canons de 47 mm à tir rapide dont les sellettes sont encore visibles. A l'extrémité gauche, descente vers un poste de projecteur encastré dans l'escarpement.

    Usine électrique

    Sorte de hall en maçonnerie, voûté en berceau s'appuyant sur des piédroits verticaux formant culée.

    Tête de la voûte à claveaux appareillés en granite et harpés, avec clef de voûte en pointe de diamant.

    Parois intérieures enduites au mortier. Au sol, restes des socles des machines.

    L'ensemble (à faible protection) a été construit vers 1890 lors de la mise en place du système d'éclairage électrique pour la surveillance des passes. Son emprise a été obtenue en entaillant le massif rocheux de l'arête centrale, et jouxte le bâtiment de la caserne.

    Abris de projecteur

    Pour mémoire : abris en béton armé très mince, plan hémicylindrique à large créneau à l'avant. Le tout couvert par dalle mince en béton armé.

    Poste de commandement

    Cuve creusée dans le rocher, au sommet de l'extrémité sud de l'arête centrale de l'ilot reliée à la caserne par escalie à ciel ouvert taillé dans le roc.

    Logement

    Bâtiment à usage de logement du temps de paix, construit semble-t-il après 1870 entre l'usine électrique et l'entrée de la batterie de rupture. Sans caractère, est actuellement en ruines.

    Pont d'accès

    Très bel ouvrage à arche unique, en arc surbaissé bandé entre deux massifs de culée. Il relie l'extrémité de la pointe des Capucins à la plate-forme extérieure d'entrée de l'ilot.

    Embases de culées

    Mur vertical droit en maçonnerie de schiste se terminant à chaque extrémité par un retour hémicylindrique, prolongé (sur la rive continentale seulement) par des bajoyers en maçonnerie. Un peu au dessous du sommet de l'embase, l'ensemble est ceinturé par un boudin hémicylindrique en granite appareillé. Après un ressaut à plan incliné, l'embase porte, en retrait, un massif, également en maçonnerie, servant d'assise à la culée proprement dite.

    Culées

    Massifs maçonnées rectangulaires, faisant saillie, latéralement, en avant des murs de soutènement de la chaussée et des parois latérales du pont. Maçonnerie de schiste, chaînes d'angle appareillées à angle arrondi, du même matériau. Les culées étant plus larges que la voie du tablier du pont, constituent des refuges, pour piétons, aux deux extrémités de l'ouvrage.

    Arche

    Voûte surbaissée en schiste. Têtes saillantes appareillées à deux rangs de claveaux à joints contrariés. La clé est constituée par un monolithe de granite clair portant gravée, sur la face d'extrémité nord "GM" (génie militaire) et sur la face sud "1861" surmontée de deux moulures.

    Faces latérales.

    Parement en maçonnerie de schiste en lits horizontaux.

    Corniche

    Les culées et tablier du pont se prolongent latéralement en surplomb d'une corniche à ressauts moulurés en granite clair.

    Garde-corps

    Le tablier du pont est encadré de gardes corps en ferronnerie dont seuls subsistent les supports scellés dans la corniche, ces supports sont des fers carrés contreventes extérieurement par des volutes également en fer carré.

    Chaussée d'accès protégée par murs de soutènement et arceaux de décharge dans le dernier tronçon avant le pont ; elle est bordée de parapets en maçonnerie. Tracé tortueux avec de fortes rampes, à cause du caractère tourmenté du site.

    Matériau constitutif du site : falaise en schiste et quarzite de Plougastel. L'ilot est un monolithe en schiste ardoisier presque noir.

    CONCLUSION

    Site absolument remarquable, où l'architecture militaire constitue un élément valorisant certain dans un cadre naturel grandiose.

    Gamme assez variée d'ouvrages à caractère évolutif, malgré la relative briéveté de la période englobant les différentes étapes de construction. Ces bâtiments sont à l'abandon et partie d'entre eux dégradée. Les matériels organiques des batteries ont disparu, une partie de l'emprise du plateau est envahie par des ronces très denses.

  • 19692900322Z : , Bande n° 217.

    19692900323Z : , Bande n° 217.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume