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Bateaux de travail : bateaux de pêche

Dossier IM22005876 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Plérin-sur-Mer
Localisation Commune : Plérin-sur-Mer

Le port du Légué a bénéficié jusqu'au milieu du 20ème siècle d'une flottille importante de bateaux de pêche côtière, très polyvalents, de 20 pieds de longueur, en moyenne, qui pouvaient remonter le Légué à l'aide du chemin de halage (parfois tirés par des bardot) ou livrer leur production sur la grève de galets Sous-la-Tour ou du côté de Cesson. Les bateaux étaient souvent la propriété de plusieurs riches quirataires du côté de Plérin et la propriété des marins-pêcheurs eux-mêmes du côté de Cesson-Saint-Brieuc. La flottille des bateaux de pêche a quitté progressivement le port du Légué à la fin des années 1980-90 pour le port en eau profonde de Saint-Quay-Portrieux. Il ne reste plus aujourd'hui aucun de bateau de pêche professionnel au Légué. Le dernier ancien bateau de pêche repéré est le 'Diabolo', construit au chantier Huon de Paimpol.

Annexes

  • La pêche côtière au Légué

    En 1685, on décompte au Légué sept 'bateaux pêcheurs' : le 'Jullien', le 'Sauveur', le 'Nicollas', le 'Louis', le 'Lorans', le 'François', le 'Pierre'. Au début du 18è siècle, 216 pêcheurs sont répertoriés à l'Amirauté de Saint-Brieuc, qui s'adonnent aux pêches fraîches, à l'aide de filets dérivants. Malgré l'abondance de poissons et de crustacés, (soles, bars, plies, homards, araignées, huîtres, moules et autres coquillages) la pêche côtière reste modeste. Le Masson du parc, inspecteur des pêches relève 33 marins pêcheurs dans la paroisse de Plérin en 1726.

    Pour Plérin, partie des dénommés cy dessus sont des petits pescheurs avec bateaux classés, et partie sont non classés pescheurs de pied et tendeurs de basse-eau sont ausy pour la plupart occupés à la culture des terres. Pour Pordic "la plupart des pescheurs de cette paroisse ainsy que des précédentes et des suivantes s'adonnent au moins et plus au labourage et à la culture des terres qu'à la pesche qu'ils quittent pour la moisson et faire les semences, il y a aussy peu de pescheurs de pied parce que la côte se trouve escarpée et impraticable (AN C5 20).

    Selon le témoignage de André Guégo, né en 1932, petit-fils de Terreneuvas (Guillaume Guégo) et fils de marin pêcheur côtier (patron du chalutier 'La république'), sous l'Ancien régime, le roi des poissonniers à St-Brieuc, fixait le prix du poisson et payait des droits à l'évâque. Au 16ème siècle, la 'Quintaine' représentait une forme de vengeance contre les poissonniers.

    A la fin du 19è siècle, une quarantaine de bateaux se livrent à la pêche côtière depuis le port du Légué.

    Après la première guerre mondiale, les bateaux commencent à être motorisés. Le port de 'Sous-la-Tour' est alors un centre actif de petite pêche : on dénombre à cette époque 76 bateaux, chalutiers de 11 à 12 mètres et ligneurs de 6 à 8 mètres.

    Dans les années 1960-70, on pêche des civelles dans le déversoir du Légué, comme Régis Cabaret (témoignage oral Jean Clément). Le pouillen remonte la ria et est récolté à l'aide d'un havenet pour pêcher le maquereau à l'affare.

    La pêche hauturière au Légué :

    Dès 1554, un navire du Légué, 'la Grande Fantaise' est repéré à Terre-Neuve.

    Dans cette histoire locale de la grande pêche, un nom mérite d'être retenu : celui des Rouxel, grande famille d'armateurs, qui se livrent les premiers à cette nouvelle activité.

    Le rapide développement de la pêche industrielle à la morue se fera malheureusement au détriment de l'activité côtière et conduira, en 1664, à la présence de deux seules barques se consacrant à la pêche au fraîche. Cette activité hauturière connaîtra son apogée au milieu du 19è siècle. Ainsi, pour la seule année de 1845, le Légué envoya à Terre-Neuve, 29 navires mobilisant 1430 marins.

    Entre 1848 et 1899, On dénombre 18 Terreneuviers et seulement 2 navires armés pour l'Islande. Goalez de Mézobran est le principal armateur du légué à la grande pêche.

    Mais à la fin du siècle, cette pêche connut le déclin, permettant le renouveau d'une activité maritime de proximité : petite pêche côtière, petit cabotage, dragage de sable ... dans laquelle les lougres trouveront leur place.

  • Histoire des lougres de la baie de Saint-Brieuc

    Philippe Saudreau avec le concours de Brigitte et Pierre.

    L'histoire maritime du port du Légué, peu connue malgré sa grande richesse, ne peut se résumer à un seul article, tout bien documenté qu'il soit. Sans présumer d'une décision de notre comité de rédaction, il est évident qu'un numéro spécial de l'Echo du Bosco pourrait faire l'objet d'une étude approfondie sur ce sujet. Mon propos se bornera donc à rappeler l'origine du projet accompagnée d'une rapide description de ce type de bateau.

    A une époque où la mode du 'vieux gréement' ne faisait pas recette, quelques passionnés prennent conscience de la nécessité de préserver le patrimoine maritime sous toutes ses formes. Ils réussissent par leur travail, à sauver de l'oubli une part importante de cette mémoire collective. Certains s'emploient à rassembler les documents d'archives et l'iconographie relative à un port, recueillent les témoignages des derniers marins ayant pratiqué la pêche à la voile. D'autres s'investissent dans la rénovation de quelques 'vieilles coques', ultimes vestiges de l'intense activité qui régnait le long de nos côtes.

    Un de ces précurseurs, Jean Le Bot, permettra au grand public de découvrir l'immense diversité de cette culture maritime. La parution en 1976 de son ouvrage intitulé 'Les bateaux des côtes de la Bretagne nord, aux derniers jours de la voile' sera pour beaucoup le point de départ d'une réelle passion.

    Ce livre, en consacrant un chapitre sur le port du Légué, ne pouvait que susciter la curiosité et le rêve. On y fait référence à un type de bateaux spécifiques appelés lougres dont voici un bref rappel historique.

    Dès 1876, une quarantaine de bateaux attachés au port du Légué utilisent le banc de sable de 'Sous-la-Tour' comme lieu d'échouage et se retrouvent ainsi plus près de la haute mer. Cette petite flottille se compose essentiellement de forts bateaux d'échouage gréés de deux mâts. L'administration les classera sous l'appellation 'lougre' sans que l'on puisse y retrouver véritablement le gréement typique, à savoir l'existence d'un grand étai et l'amurage de la grand voile en abord.

    Dans cette flottille, deux types de constructions se distinguent : les plus petites, dont l'usage se limite à la pêche fraîche au chalut, sont à tableaux droits, bien souvent surmontés d'un banc de quart. Les bateaux de plus forts tonnages ont un arrière à petite voûte terminé par un tableau ; leur franc-bord important peut s'expliquer par l'activité sablière développée dans la région.

    Ces 'lougres', qu'aucune dénomination locale ne permet de différencier, adopteront un gréement simplifié proche de celui des Bisquines. Afin de faciliter les manoeuvres, les vergues s'établiront de part et d'autre des mâts supprimant ainsi l'obligation de gambeyer au virement de bord.

    Le plan de voilure se compose donc d'un foc envoyé au moyen d'un rocambeau, sur un très long bout-dehors (non haubané) maintenu à l'étrave par une ferrure à rouleau facilitant son déplacement. La drisse du foc est composée d'un petit palan frappé en tête de mât de misaine, le retour se faisant sur un filoir du pavois. Le mât de misaine, très court, ne peut recevoir de hunier : c'est une particularité locale. La misaine s'établit à tribord du mât et la grand voile à bâbord, permettant ainsi de présenter toujours une voile en position favorable. Parfois, pour les régates, un mât de tapecul était ajouté, ce qui donnait à l'ensemble de la voilure une inclinaison en éventail, la quête importante du grand mât facilitant le passage de la misaine d'un bord sur l'autre sans accrocher.

    Malheureusement, très tôt, les lougres du Légué vont disparaître du paysage de 'Sous'la'Tour'. Au lendemain de la première guerre mondiale, plus aucun bateau n'adoptera ce gréement, seule la voile aurique aura la faveur des patrons pêcheurs.

    On comprend donc mieux tout l'intérêt de l'article de Jean Le Bot qui eut la chance 'd'hériter' des plans du chantier Le Marchand, à La Landriais, où fut construite en 1896 la 'Jeanne d'Arc', pour un Mr Prud'homme de Sous la Tour. C'est à partir de ce document unique, d'une valeur inestimable, que put se bâtir le projet de refaire naviguer ce bateau.

    Glossaire

    Vergues : espars sur lequel est enverguée une voile.

    Gambayer : opération qui consiste à faire passer sous le vent du mât une vergue au tiers qui par suite d'un virement de bord se trouvait au vent.

    Rocambeau : Cercle en fer muni d'un croc et d'une manille qui peut courir le long d'un mât ou d'un bout-dehors.

    Filoir : pièce de bois fixée horizontalement à l'intérieur du pavois.

    Hunier : voile gréée au dessus des basses voiles par petit temps.

    Tapecul : voile et mât qu'on établit tout à fait à l'arrière de certains bateaux.

  • Les fêtes nautiques au Légué entre 1880 et 1930

    D'après les recherches des élèves de la classe de seconde du lycée Freyssinet pendant l'année 2000, sous la direction d'Alain Gendre.

    Les régates estivalesdau Légué ont débuté le 27 août 1882 et ont perduré jusqu'au troisième quart du 20ème siècle. Elles ont été renouvellées au début des années 1980 pour les fêtes du Légué.

    Elles réunissaient bateaux de plaisance et bateaux de pêche, selon plusieurs catégories ou séries. Les épreuves concernant les bateaux de pêche ne comportaient que quatre catégories :

    15 pieds de quille

    18 pieds de quille

    24 pieds de quille

    au-dessus de 24 pieds de quille.

    D'après le témoignage de Léon Henry, le comité des régates en 1960 était composé de Louis Le Faucheur, Jean Pulce, Victor Sangan, Louis Le Saunier (patron pêcheur), Edouard Bourel de Cesson, Jean Gautier (pilote), Francis Méheut (dit 'Tontaine), Léon Henry, Raymond Eousan de la coopérative maritime, Bourel, Auguste Henry et Pierre Berthou (Ponts-et-Chaussées). Le parcours de quelques milles se déroulait avec un départ au coup de canon devnt le phare de Plérin, avec deux bouées à virer. La compétition se déroulait à marée haute entre la pointe d'Hillion, la Pointe du Roselier et la Pointe de l'Aigle.

    En 1907, une course croisière fut organisée vers Bréhat.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3 E8/ 21. Huet, 9 mai 1829. Description du brick 'La Marianne', construit au port du Légué et appartenant à Dermitte, négociant armateur au Légué. 3 E8/25. Huet, 23 juillet 1830. Vente de l'épave d'un bateau suédois, ayant fait naufrage près d'Erquy et se trouvant au port du Légué. 3 E 8/26. 17 mai 1831. Engagement des marins au Légué par les Rouxel-Villeféron pour l'équipage du brick 'La Louise', du Légué'. Ils sont 7 marins . Leurs salaire commence lorsque le navire mettra la voile à Sous-la-Tour. 3 E 14/341. Hérault, 15 juin 1835. Projet de construction d'un bateau de pêche qui s'appellera 'Le Pierre du légué'. Noms des marins et dimensions.

Bibliographie
  • GUEGO, André. Plérin et son passé : la vie maritime. Saint-Brieuc : Gauvein, 1999.

Documents audio
  • BUFFARD, François. Témoignage oral sur l'histoire du port du Légué et les activités de pêche et de cabotage. Plérin : 20 mai 2009.

    témoignage oral