Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Ardoisière de Guernanic ; Carrière Conan (Gourin)

Dossier IA56008299 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations Ardoisière de Gourin, Ardoisière de Guernanez
Destinations ensemble d'industrie extractive
Dénominations ardoisière
Aire d'étude et canton Bretagne - Gourin
Adresse Commune : Gourin
Lieu-dit : Guernanic
Cadastre : A 90 ; A 91 ; A 92 ; A 93

En 1906, l’ardoisière est exploitée par Corentin Conan. En 1909, il déclare une galerie souterraine (section A, n°287).

En 1911, l’ardoisière de Guernanic se compose d’une ardoisière à ciel ouvert complétée par deux chambres souterraines foncées de part et d’autres de l’excavation. Cette année voit le déroulement d’un important accident : la catastrophe de Guernanic. L’éboulement immobilise l’ardoisière pour quelques mois avant la reprise des travaux en 1912 et ce malgré la dangerosité du site et le manque de mise en sécurité pourtant demandée par le service des Mines. L’excavation mesure alors 15 mètres sur 15 mètres et 35 mètres de profondeur.

En novembre ou décembre 1912, un nouvel éboulement se produit, laissant le fond à moitié couvert de débris. Une chambre reste en exploitation à l’ouest, elle mesure 12 mètres de long sur 9 de large et 12 mètres de haut. La chambre de l’est est ennoyée. Il semble exploiter aussi à ciel ouvert un nouveau puits situé à 25 mètres du puits actuellement en exploitation.

En 1915, Corentin Conan abandonne l’ardoisière, alors qu’elle atteint 40 mètres de profondeur. Il avait d’ores et déjà quitté le Syndicat des ardoisiers de Bretagne, qui lui recommandait lui-aussi de faire de nombreux travaux de mise en sécurité.

Le 18 décembre 1920, François Henry (propriétaire à Rostrenen) et Charles Champion (architecte à Paris) reprennent l’ardoisière à ciel ouvert. Lors du dénoyage, de nombreux éboulements se produisent dans la partie nord-ouest. La direction des travaux est confiée à M. Mondon, déjà directeur de l’ardoisière « La Renaissance » à Angers.

L’ardoisière appartient à Mme Le Cloarec, prenant la suite de son mari. Cette famille devient ensuite propriétaire-exploitante dans la société Le Cloarec et Cie en 1924.

En 1934, sous la direction de Pierre Le Garrec (société Le Cloarec et Cie), un nouveau puits est exploité : un puits circulaire de 5 mètres de section et de 106 mètres de profondeur. Une chambre est exploitée à 56 mètres de profondeur. Le treuil utilise des câbles provenant des Corderies de la Seine, ayant été posés en décembre 1932. La benne, qui transporte les ouvriers est un simple wagonnet basculant, de 155 kg à vide pour une contenance de quatre hommes. Le chevalement est posé sur deux madriers de 40 cm de section placés en travers du puits sur son revêtement de béton. Il est formé de deux poutres de 20 cm de section, armé par des jambes de force. Le treuil est entrainé par une machine à vapeur, ne possédant qu’un seul frein (levier à main).

En 1934, il leur est interdit de circuler par le bassicot par décision du service des Mines.

En juillet 1945, un dénoyage est fait pour faire baisser le niveau de 21 mètres environ.

En juin 1960, l’ardoisière est fermée par la société Le Cloarec et Cie.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , (?)
Principale : 20e siècle

La zone de Guernanic est située au centre de la vallée, entre la route de Spézet et la route de Saint-Hernin. Il s’agit d’un ensemble schisteux complexe attribué au Briovérien (vers 540 millions d’années). Le gisement de Guernanic est géologiquement le plus ancien.

Il y avait deux puits, le premier étant le puits "Conan" dans lequel a eu lieu la catastrophe de 1911. L'excavation mesurait 20 mètres sur 30 mètres et 45-50 mètres de profondeur. Deux chambres étaient ouvertes à sa base. Une excavation remblayée semble correspondre à ce puits.

Le second puits cité dans les archives, est circulaire : 5,5 mètres de diamètre et 105 mètres de profondeur. Il correspond à la dernière phase d'exploitation par la société Le Cloarec et Cie. Il comporte deux chambres à l'est et deux à l'ouest. Il est toujours présent sur le site : il est bétonné dans sa partie supérieure et noyé à environ 15 mètres de la surface.

De nombreux bâtiments sont toujours présents sur le site :

- des cabanes de fendeurs alignées près du puits, aujourd'hui en ruine. Elles sont réalisées en schiste, provenant des déchets d'exploitation très présents sur le site.

- un transformateur électrique, réalisé en béton et relativement bon état.

- divers bâtiments, sans fonction connue et en ruine. Ils sont réalisés en schiste.

- une grange, qui semble avoir été utilisée bien après la fin de l'exploitation.

Le chevalement et la salle de treuil n'ont pas été trouvés sur le site.

Murs schiste moellon
béton enduit
Typologies Exploitation de type souterraine, Exploitation à ciel ouvert
États conservations vestiges, envahi par la végétation

Annexes

  • Aspects sociaux : accidents

    Accidents :

    • 10 septembre 1906 : Un ouvrier est grièvement blessé en tombant d’une échelle.
    • 20 décembre 1910 : éboulement de la paroi nord après un tir de mine. Tue le carrier Thépaut et blesse Jean Dinasquet et Guillaume Le Naour.
    • 11 avril 1913 : un ouvrier blessé par un coup de mine.
    • 24 mars 1924 : mort de M. Véquer dans la chute d’un bloc de schiste.
    • 18 novembre 1924 : mort de l’ouvrier Henri Racin.

    Le 9 février 1911 : la "catastrophe de Guernanic":

    Ce jour-là, huit ouvriers descendent dans la même carrière. Vers 2h, un ensemble de blocs d’un volume de 200 m3 se détache en chutes successives de la paroi nord de la carrière à ciel ouvert. L'ensemble s’abat sur les ouvriers occupés dans une foncée de 1.60m de large et 2.50m de profondeur. Il y avait : le contremaître Le Goff, Guillaume Le Naour, Joseph Corvellec, Jean-François Rica, François Cumunel, Yves-Marie Cochennec, Yves-Louis Le Guen et Jean-Yves Scottet + chef mécanicien : François Jaffrez.

    Les ouvriers Le Goff et Le Naour se sont réfugiés dans des galeries. En entendant du bruit, le mécanicien Jaffrez appela de la surface. Il descendit et aida MM. Le Goff et Le Naour. Le Goff descendit avec son fils Joseph et entendit les plaintes de M. Corvellec, en partie enseveli. Ils le dégagèrent après une heure d’efforts.

    A 9h30, on remonte le corps du mineur Rica, broyé et méconnaissable. Il restait encore quatre cadavres sous les décombres.

    Le 12 février, M. Kuss Inspecteur général des Mines et M. Bolo ingénieur à Nantes demandent la fermeture du chantier au vu de l’état.

    M. Corvellec décède le 13 au matin des suites de ses blessures. Le 14 février, un nouvel éboulement se produit.

    Le 11 mars 1911 : après maintes recherches pour retrouver les victimes, interdiction de continuer les recherches et d’exploiter car le site est très dangereux. On sait que les corps furent finalement retrouvés et inhumés le 23 mai 1912.

    M. Conan, l'exploitant sera condamné à un mois de prison pour homicide et blessures par imprudence, à cause de son exploitation dangereuse de la paroi nord. Cet accident marqua profondément, en dépassant largement les limites de la commune et le secteur ardoisier.

  • Aspects sociaux : revendications sociales

    Revendications sociales :

    En 1927, Pierre Le Garrec, directeur des ardoisières de Guernanic et François Forlay, ouvrier ardoisier sont nommés membres de la Commission locale des retraites des ouvriers ardoisiers.

    Les ouvriers de l’ardoisière sont syndiqués au Syndicat des ouvriers mineurs ardoisiers de Gourin et environ, crée le 17 juillet 1936. Il se compose de 13 membres et adhère à la Confédération générale du travail. Le secrétaire est Joseph Breut de Spézet et le trésorier :

    François Carpole de Spézet. Le syndicat est inscrit au répertoire départemental sous le n°650. Il existe déjà un premier syndicat, affilié à la fédération nationale des travailleurs du Sous-Sol, elle-même affiliée à la CGT. Ce premier syndicat compte 135 membres et aurait été créé en 1927 sous le n°757. Le siège social évolue en fonction du domicile du secrétaire. En 1937, il est chez Nicolas Pouliquen, domicilié rue de Langonnet à Gourin.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Morbihan ; 10 M 108 : Travail et main d’œuvre. Syndicats.

    Archives départementales du Morbihan : 10 M 108
  • AD Morbihan ; S 1477 : Mines et ardoisières (1892-1922)

    Archives départementales du Morbihan : S 1477
  • AD Morbihan ; S 740 : Exploitation des ardoisières (1857-1927)

    Archives départementales du Morbihan : S 740
(c) Maison du patrimoine de Locarn ; (c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Gourmelen Lena