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Architecture du génie civil sur la commune de Hédé

Dossier IA35039304 réalisé en 2005

Fiche

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Le canal d'Ille-et-Rance :

Dès la fin du 17e siècle, le blocus maritime des ports bretons par les Anglais incite Louis XIV à favoriser la canalisation intérieure de la Bretagne. En 1782, le comte Pierre Marie Rosnyvinen de Piré présente l'idée d'un réseau intérieur de voies navigables aux États de Bretagne qui l'acceptent. Deux ingénieurs sont chargés d'étudier les liaisons possibles entre Vilaine et Rance : Monsieur de Brémontier et Monsieur Liard. La longueur prévue du canal entre Rennes et Dinan était de 76, 5 kilomètres ; il devait compter 46 écluses, 110 ponts... Le montant des travaux était estimé par l'ingénieur Liard à 2 697 907 livres. Toutefois, l'époque révolutionnaire vint troubler ces projets.

En 1803, Bonaparte prit la décision de construire les canaux bretons pour des raisons stratégiques liées à un nouveau blocus maritime anglais. Les travaux commencèrent en 1804 et le canal fut ouvert à la navigation le 10 juin 1832. La construction du canal se déroula en deux périodes, la période napoléonienne et la période de la Restauration, séparées par six années d'interruption (1816-1822).

Durant les premières années, c'est un ingénieur des Ponts et Chaussées, Monsieur Luczot-Thébaudais, qui avait en charge le chantier. Les premiers ouvrages d'art datent de 1808. La pierre de taille utilisée pour les constructions provenait des carrières de Saint-Marc le Blanc, Saint-Pierre de Plesguen. En 1811, le canal était achevé entre Melesse et Saint-Domineuc ; il était creusé sur 40 kilomètres et 30 maisons éclusières étaient achevées. Les travaux furent interrompus en 1816 et ne reprirent que vers 1821-1822.

Les travaux du canal durèrent 28 ans pour un coût total de 14 226 799 francs, soit 7 milliards de francs de la fin du 20e siècle.

L'Ille est canalisée jusqu'à son embouchure dans la Vilaine à Rennes alors que la Rance ne l'est que jusqu'à l'écluse du Châtelier, en aval de Dinan.

Les sas des écluses ont 4, 7 mètres de largeur entre les bajoyers (parois latérales d'une chambre d'écluse) et 26, 3 mètres de longueur entre le sommet de l'arc du mur de chute et l'enclave des chambres des portes d'aval. La hauteur des ponts sous clef ou sous poutres est de 4 mètres sauf quelques uns construits sous le Premier Empire (1804-1814) qui ne font que trois mètres de hauteur.

En 1860, il passait de 1100 à 1800 bateaux aux différentes écluses. C'est dans ces années que le trafic sur le canal connait son apogée, toutefois, l'arrivée du chemin de fer, puis le transport par route impliquent une diminution de ce trafic. Ces bateaux transportaient de 39 à 49 000 tonnes de marchandises. Ces marchandises étaient composées de houille, de coke, fonte, plâtre, chaux, ardoises, pierres de taille, briques, verres à vitres, bois, céréales, vins, cidres, pommes, épiceries, engrais, savons... Tous les ans le canal était fermé pour cause de travaux d'entretien pendant un mois environ ; il s'agissait d'une période de "chômage".

A partir de 1960, le trafic commercial est remplacé par un trafic de plaisance sur le canal. En 1979, l'État remet le canal d'Ille-et-Rance aux départements d'Ille-et-Vilaine et des Côtes d'Armor.

En ce qui concerne le territoire de la commune de Hédé, il compte onze écluses distantes l'une de l'autre de 183 à 319 mètres, le tout sur une longueur de 2, 161 kilomètres pour rattraper une dénivellation de 27, 06 mètres.

Les ponts :

La majorité des ponts de la commune sont ceux qui enjambent le canal d'Ille-et-Rance ; ils datent du début du 19e siècle.

Les fontaines :

La position de la ville, sur un promontoire rocheux, pose le problème de l'approvisionnement en eau, par conséquent, il existe ou a existé de nombreuses fontaines à Hédé. L'une des plus anciennes fontaines de Hédé est la fontaine de Grignon ou Grande Fontaine qui est antérieure au 15e siècle. Elle est située à l'ancien carrefour des Quatre Croix et a été réparée au 18e siècle puis en 1901.

La fontaine du Prieuré ou du Pertuis Chaud a été refaite vers 1770 par l'entrepreneur P. Lavallée. Selon la tradition orale, cette fontaine aurait été particulièrement appréciée des lavandières parce que son eau était plus chaude que celle des autres fontaines.

Les fontaines de la Motte et du Celesier avaient également été refaites par P. Lavallée en 1770 environ ; elles ont aujourd'hui disparu.

Deux autres fontaines furent construites en 1766, celles de la Côte du Chat et une autre située face au cimetière de Hédé.

La fontaine de Drouet se trouve au sud de l'ancienne route de Rennes à Saint-Malo. Sur le cadastre de 1835, elle est mentionnée comme "fontaine à eau minérale". En 1835, une fontaine est construite sous le mur nord du château.

La fontaine de l'Ecuellée se trouve sur le territoire de Saint-Symphorien ; plusieurs statues de la Vierge ont successivement été installées au dessus de la fontaine. Suite à la guérison de plusieurs malades, cette fontaine est devenue un lieu de "pèlerinage".

La gare de Hédé :

En 1893, la municipalité décide que la gare sera construite au bout de la ruelle des Courtillets. Elle a disparu aujourd'hui, toutefois, des cartes postales du début du 20e siècle nous permettent d'en connaître l'aspect. Elle était située rue du Chemin Horain, à l'emplacement de l'école publique actuelle et du château d'eau. Le TIV, train à voie métrique, dont la ligne allait jusqu'à Saint-Malo, a fonctionné jusque dans les années 1950.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations pont, voie ferrée, gare, entrepôt commercial, fontaine, site d'écluse, écluse, canal
Adresse Commune : Hédé
Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 33
étudiées 0

Références documentaires

Documents figurés
  • Collection particulière de cartes postales anciennes, Monsieur BOUSSELET.

  • BAZOUGES-sous-HEDE (I.-et-V.).Les onze écluses du Canal. Carte postale [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • Hédé (I.-et-V.).Les onze Écluses de la Madeleine. Carte postale éditée par E. Mary-Rousselière, édit., Rennes, [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • Réservoir du Canal d'Ille-et-Rance. Bazouges-sous-Hédé (I. et V.). Carte postale [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • Hédé (I.-et-V.). La Fontaine de l'Ecuelle. Carte postale, [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • De la Madeleine à la Dialais (Bazouges sous Hédé). Carte postale [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

Bibliographie
  • Association d'Etudes Historiques du Canton de Hédé (A. E. H. C. H.). A la découverte du canton de Hédé. Combourg : Imprimerie Atimco, 1995.

  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • DONET, Marcel. Le Canal d'Ille-et-Rance. Saint-Cyr-sur-Loire : Editions Alan Sutton, 2004.

  • DONET, Marcel. Le Canal d'Ille-et-Rance. Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Saint-Malo, Annales 1993, Saint-Malo, 1993.

    p. 179-188
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).

  • LEPORD. Itinéraire du Canal d'Ille-et-Rance. Rennes : impr. De E. DOUCHIN, rue Bertrand, 1860.

  • LONGWELL, Ann. Les fontaines de Hédé et de Bazouges-sous-Hédé. 2005.

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Éditions du patrimoine, 2000.

  • RICHARD, Nathalie. PALLIER, Yveline. L'aventure intérieure... Des canaux en Bretagne. Rennes : éditions Apogée, 1995.

  • ROGER, Claude. HEDE, son histoire, ses environs, ses promenades. Hédé : imprimé par la municipalité, 1994.

  • Un canal... des canaux... . Exposition présentée à Paris du 7 mars au 8 juin 1986 dans le cadre de la Conciergerie, Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites. Ministère de la Culture, Picard, éditeur, 1986.