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Ancienne maison de tisserand drapier, le Bourg (Pluherlin)

Dossier IA00008731 réalisé en 1979

Fiche

Hormis le château du Talhouët, cet édifice est l'habitat le plus exceptionnel de la commune de Pluherlin. Il est remarquable tant par la qualité de sa mise en œuvre (alternance de granite et de schiste) que par la quantité d'éléments anciens conservés (latrines, éviers, étagères murales, dallages, cachette). Ceux-ci sont particulièrement soignés, comme en témoigne le pavement du rez-de-chaussée du logis, les latrines à accoudoirs, ou encore le dallage du comble et de la dépendance. Ils indiquent clairement l'aisance financière de son commanditaire, probablement un tisserand de draps de laine, comme semble l'indiquer les marques professionnelles : un peigne à carder et une rebrousse. Cette hypothèse est confortée par la présence de deux anciens moulins à foulons, aujourd'hui disparus, mais jadis situés aux niveaux des actuels moulins de Bragou et de Quénelet. Il faut aussi signaler en Pays de Redon, des productions de draps de laine sur chanvre et sur lin, appelés berlinges ou berlingues, et à Josselin, des corporations de drapiers. Ce secteur semble donc avoir été le siège d'une importante production de drap de laine. Enfin, il est important de souligner l'engagement de l'actuel propriétaire dans cette restauration, parfaitement respectueuse des matériaux et des formes d'origines.

Parties constituantes non étudiéesfour à pain, puits
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonBretagne - Rochefort-en-Terre
AdresseCommune : Pluherlin
Lieu-dit : Bourg (Le)
Cadastre : 1946 K1 424

Édifice construit en 1637, dont témoigne la daté portée sur la fenêtre de la façade principale. Il semble qu'au 18e siècle, des modifications sont apportées à l'appentis (rupture dans la maçonnerie) et au logis (niveau du sol abaissé et création du dallage?). La matrice cadastrale de 1911 indique que Mathurin Lanoé, cultivateur, époux Bléher, est propriétaire de la demeure ; puis en 1945, c'est Jean-Baptiste Bléher, recteur à Monterrein. A partir de cette période jusqu'aux environs des années soixante, plusieurs locataires se partagent le logis ; l'un occupe le rez-de-chaussée et l'appentis, l'autre l'étage carré et le comble. C'est ce partage des espaces qui a sans doute permis la préservation des lieux. L'inventaire du patrimoine bâti de la commune de Pluherlin de 1979 indique que la toiture de la tour d'escalier est alors en partie remplacée par une lucarne. A l'extérieur le niveau était également plus haut. Depuis une quinzaine d'année l'ensemble est en cours de restauration.

Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Dates1637, porte la date

Édifice orienté au nord, constitué d'un logis et d'une dépendance en appentis. La façade antérieure est composée d'une alternance de granite et de schiste, créant une polychromie, tandis que la façade postérieure, en moellon de granite, est moins soignée. Le logis est à trois niveaux d'élévation. La salle du rez-de-chaussée, entièrement dallée, est chauffée par une cheminée. Le mur sud est percé d'une fenêtre et d'une étagère murale, à l'origine associée à un évier. Celui-ci n'existe plus aujourd'hui, mais une pierre d'écoulement à l'extérieur témoigne de son emplacement. Une fenêtre au nord éclaire aussi la pièce.

Une tourelle demi hors-oeuvre au sud, abrite un escalier en vis. Les premières marches, en pierres, ne sont pas d'origine ; les suivantes sont en bois. Un palier, situé entre le rez-de-chaussée et l'étage, abrite des latrines. L'ensemble se compose d'une assise en schiste percée d'un trou et de deux accoudoirs. Une fosse, à l'origine couverte de plaques de schiste et profonde d'environ deux mètres, est créée devant les latrines, mais les conduits ne communiquent pas entre eux. il s'agit très vraisemblablement d'une cache pouvant abriter en cas de nécessité des provisions, des objets précieux, voire des habitants.

La chambre de l'étage carré est chauffée par une cheminée. Plusieurs niches et étagères sont aménagées dans les murs, dont une associée à un évier. Les poutres du plafond sont enduites d'une fine pellicule de terre couverte de chaux. La pièce est éclairée par une fenêtre au nord, et un jour sur le mur pignon, emplacement justifié par le point de vue qu'il offre sur la place de l'église. Le comble est pavé sur un axe allant du palier de l'escalier à la lucarne. Celle-ci est à appui et fronton courbe. Le décor est issu du répertoire de la Renaissance : coquille et amortissement à boules. Des marques professionnelles (peigne à carder et rebrousse ?) sont portées sur le linteau de la fenêtre du premier étage. La clé de la porte d'entrée est ornée de deux palmettes.

L'appentis communique avec le rez-de-chaussée du logis et est accessible depuis l'extérieur par une porte chanfreinée. Un couloir pavé distribue deux petites pièces dont l'une était destinée à abriter des animaux, comme en témoigne les deux attaches en schistes aménagées dans le mur et servant à attacher les bêtes. Les murs sont enduits d'un torchis.

Un fournil se trouve également sur la propriété.

Mursgranite moellon sans chaîne en pierre de taille
schiste

Toitardoise
Étages1 étage carré, comble à surcroît
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée sans travées
Couverturestoit à longs pans
appentis
pignon découvert
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis avec jour en charpente, en maçonnerie
Typologiestour d’escalier postérieure, logis à une pièce par niveau, attache-animaux, armoire murale, emblème professionnel, clôture en palis, évier
Techniquessculpture
Précision représentations

Lucarnes à fronton courbe et décor issu du répertoire de la renaissance : coquille et amortissement à boules.

Hormis le château du Talhouët, cet édifice est l'habitat le plus exceptionnel de la commune de Pluherlin. Il est remarquable tant par la qualité de sa mise en œuvre (alternance de granite et de schiste) que par la quantité des éléments anciens conservés (latrine, eviers, étagères murales, dallages). Ceux-ci sont particulièrement soignés, comme en témoigne le pavement du rez-de-chaussée du logis installé en diagonale, la latrine et ses accoudoirs, ou encore le dallage du comble et de la dépendance. Ils indiquent clairement l'aisance financière de son commanditaire, dont la fonction n'a pour l'instant pas encore été identifiée. L'ensemble fait l'objet d'une longue restauration, dont Il faut noter les efforts de son actuel propriétaire dans la recherche du respect des matériaux et des formes d'origines.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Morbihan. 1840. Pluherlin. 3 P 217. Plan cadastral. Plan d'assemblage et plan par sections.

    Archives départementales du Morbihan : 3 P 217
  • Archives départementales du Morbihan. 3 P 2438. Pluherlin. Matrices cadastrales des propriétés bâties 1911-1945.

    Archives départementales du Morbihan : 3 P 2438
Bibliographie
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du Département du Morbihan. Paris : Imprimerie impériale, 1863.

    p.213 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)