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Ancienne maison de retenue dite des Champs-Rotis, 265 route de Saint-Malo (Rennes)

Dossier IA35027817 inclus dans Secteur rural Nord-Ouest (Rennes) réalisé en 2002

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • ferme
    • jardin
    • étable

Selon les termes mêmes d´un acte de vente de 1698, la maison principale des Champs Rôtis consiste en « un corps de logis de maçonnail et murs de terre bois et terrasse couvert d´ardoise, divisé en deux aistres, l´un est une salle basse avec cheminée, l´autre sert de cellier, retranché de l´enclos en vis, contenant de long par dehors vers le nord, 27 pieds et demi et de 22 et demi, une chambre haute sur ladite salle tuilée vitrée avec cheminée, un antichambre sur ledit cellier retranché de la dite montée et un enclos de dalle de plomb et siège de latrines». Cette description précise, révèle d´emblée le statut particulier de la maison des Champs Rôtis, celui d´une maison de notable, dont les pièces de l´étage, réservées au propriétaire sont « tuilées et vitrées », luxe relatif qui les distingue de la salle du rez-de-chaussée, simplement chauffée, éclairée par une carrée de bois sans doute uniquement fermée par des volets pleins, et qui sert d´habitation au fermier. La distribution de l´édifice parvenue jusqu´à nos jours sans modification, confirme ce principe de logis partagé. Au fond de l´imposant cellier appliqué au 18e siècle contre la façade nord de la maison, deux portes jumelées accessibles par un degré de quatre marches, donnant au 17e siècle sur la cour principale, distribuent respectivement, celle de droite la salle du fermier, celle de gauche un escalier en bois en vis qui conduit directement à l´étage vers le logement de retenue.

La salle haute décrite en 1698 est éclairée par deux fenêtres en vis à vis, au sud et au nord, cette dernière ayant conservé son huisserie d´origine, en partie condamnée par le versant de toiture du cellier rapporté au 18e. Le sol de carreaux de terre cuite posés en diagonale, le plafond à poutres et solives soigneusement équarries, les portes à quatre panneaux, sur lesquelles se devine un décor peint de fleurs et de fruits, tels grenades et tulipes, le lambris de cheminée que couronne une corniche à denticules, tous ces éléments témoignent d´un réel raffinement qui distingue le logement de retenue de l´habitation du métayer au rez-de-chaussée, beaucoup plus rudimentaire et situent la construction vers le milieu du XVIIe siècle. Deux jours de pignon, à l´ouest de part et d´autre de la cheminée, bien visibles de l´extérieur, apportaient à la salle de l´étage un éclairage supplémentaire.

L´antichambre dépourvue de cheminée, conserve sa fenêtre à l´est, flanquée d´une armoire murale dont le vantail a disparu ainsi qu´un jour donnant sur la façade sud. L´examen de la cloison de pan de bois qui sépare les deux pièces fait apparaître près du mur sud, un ancien linteau de porte assez bas, immédiatement suivi d´une petite fenêtre ouvrant sur la façade sud . Cette disposition curieuse est à rapprocher de l´inventaire de 1698 «un enclos de dalle de plomb siège de latrines », décrivant probablement un système à évacuation verticale dans un conduit de plomb de type urbain, (1) traversant l´intérieur de la maison en longeant la cloison médiane en pan de bois et torchis. Ce système différent du modèle habituel de latrines hors-oeuvre, enfermées dans un corps de maçonnerie ou suspendues à l´air libre au dessus d´un fossé est un emprunt supplémentaire à des aménagements de conforts citadins. Dans le comble, également carrelé de terre cuite, des cloisons de pans de bois et torchis justifient l´appellation de galletail et non de grenier utilisée par le texte de 1698 : il s´agit bien d´un étage habitable supplémentaire, non chauffé où peuvent occasionnellement loger les enfants du propriétaires ou ses domestiques.

La maison des Champs-Rôtis que les détails stylistiques situent aux alentours de 1650est un exemple remarquablement conservé

(1) un tel système est signalé dans des hôtels rennais du 17e et 18e siècle, ainsi à l´hôtel de Ruberso, devenu siège de l´intendance.

Parties constituantes non étudiéesferme, jardin, étable
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonRennes ville - Rennes ville
AdresseCommune : Rennes
Lieu-dit : les Champs Rotis
Adresse : 265 route de
Saint-Malo
Cadastre : 1812 J 444 à 453 ; 1842 G 388 à 397 ; 1980 HS 15 à 17

Les premières mentions du lieu remontent à 1637. Il semble toutefois que dès cette époque il y eut l´une à côté de l´autre deux maisons portant le nom des Champs Rôtis et possédant des espaces sinon des bâtiments mitoyens. Un acte de vente de 1698 qui décrit sans aucune ambiguïté la seule maison ancienne du lieu actuellement conservée, au sud de l´écart sur le côté ouest de la route fait état de cette situation et mentionne au nord de la maison « la cour au devant du dit logis dans laquelle compris moitié du portail commun aux deux propriétaires du dit lieu. Cette situation est certainement inchangée au XIXe siècle comme le montre le cadastre de 1842 sur lequel la maison qui occupe la parcelle no 395 présente un accès mitoyen de sa cour au nord avec une maison voisine, disparue depuis, cadastrée sous le no 394. La maison actuellement conservée est décrite dans l´acte de vente de 1698, à l´exception du cellier en retour d´équerre au nord ajouté postérieurement. Les baux du XVIIIe siècle font état du partage de la maison entre le rez-de-chaussée servant d´habitation au fermier et l´étage réservé au propriétaire. Dès cette époque une deuxième maison est construite au nord de la première et la cour est partagée entre elles deux. La représentation de l´écart des Champs Rôtis sur le cadastre de 1842 est intrigante. On y remarque au nord de l´actuelle maison, deux autres bâtiments plus importants, implantés perpendiculairement à la route de Saint-Malo. Le bâtiment du milieu, selon un bail de 1739, est un autre logis, distinct du premier, appartenant au sieur et à la demoiselle Canon, l´autre enfin au début du chemin menant à la Cloustière paraissant constituer un troisième logis. Le plan de 1842 montre également une disposition particulière des lieux directement liée à leur évolution dans le temps. La cour du logis principal, au nord est recoupée en deux parties affectées respectivement à ce premier logis et à celui du milieu et l´accès à cette cour mitoyenne et jumelé sur le grand chemin. Cette disposition est décrite dans un acte de vente de la maison des Champs Rôtis de 1698 lequel précise que « dans laquelle (cour) est compris moitié du portail commun aux deux propriétaires du dit lieu et joint vers occident au jardin de la demoiselle de Hautchamp Tascher ». Cette mention révèle que dès la fin du XVIIe siècle, la configuration des lieux avait évolué. Cette mitoyenneté et ce partage de l´ancienne cour avec une maison voisine -plus récente ? -, de même que l´appellation de métairie qui lui est désormais donnée, expliquent sans doute la construction contre le mur nord de la maison principale d´un énorme cellier surmonté d´un grenier, couvert d´un toit à deux versants, plus important en surface que la maison elle-même. Sur le cadastre de 1842, ce cellier occupe la quasi totalité de l´ancienne cour au nord et une nouvelle cour est figurée en lavis rose pâle, au sud du logis, apparemment établie au détriment d´un ancien jardin.

Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle

Logis en terre de plan massé à deux niveaux, exposé nord-sud. Un corps en retour d´équerre plus bas, couvert d´un toit à deux versants a été plaqué contre la façade nord. Un autre corps de bâtiment en terre formant corps de passage ferme la cour au nord du côté de la route de Saint-Malo : son mur ouest est resté en grande partie d´origine tandis que son mur est, côté route a été remonté en parpaings pleins dans les années 1930. Un troisième corps de bâtiment également en terre fait suite à ce dernier vers le nord et vient jusqu´à l´angle de l´ancienne route de la Cloustière.

Mursterre
enduit
Toitardoise
Étagesrez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Typologiesmaison à deux unités d'habitation
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Sur les dispositions de la maison cf description dans un bail de 1753 de la maison de la Thébaudais à Rennes (cité par Jacques Charpy in «Deux maisons de campagne rennaises : la Petite et la Grande Thébaudais» Bull et mem soc archéologique d´Ille et Vilaine Tome CI 1998).

    «un corps de logis pour le principal construit de massonail et terre, couvert d´ardoise, ledit corps de logis consistant en une salle basse avec cheminée, une grille de fer à la fenêtre, un cellier à l´occident de la dite salle ou salon divisé de l´enclos de l´escalier de bois en vice, une chambre haute sur la dite salle, tuilée et vitrée avec cheminée, un antichambre sur ledit cellier ou salon retranché dudit enclos, un siège de latrines, un grenier sur ladite chambre et antichambre, un autre logis de deux aistres à l´orient du précédent».

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série E ; 4E 50 minute André, 5 juillet 1698, vente des Champs Rôtis.

    Vente par Julienne Gallon, général et d´armes demeurant près la place du Champ Jacquet paroisse de Saint Aubin à damoiselle Jeanne Gallon compagne de noble homme Louis Bourdais greffier en chef titulaire du greffe d´office et des [...] du domaine du roi du siège présidial et sénéchaussée de Rennes pour elle et successeurs et causéans demeurant à leur maison place du Champ Jacquet susdite paroisse, présentes et acceptantes, scavoir est la maison principale du lieu des Champs Rôtis située en la paroisse Saint Martin de Rennes consistant en un corps de logis de maçonnail et murs de terre bois et terrasse couvert d´ardoise, divisé en deux aistres, l´un est une salle basse avec cheminée, l´autre sert de cellier retranché de l´enclos en vis, le tout contenant de long par de haut (?) vers le nord 27 pieds et demi et en laize de 22en demi, une chambre haute sur la dite salle tuilée, vitrée, avec cheminée, un antichambre sur le dit cellier retranché de la dite montée et un enclos et dalle de plomb siège de latrines, galletail sur le tout, cabinet sur icelle, couvert en pavillon, un petit logis de plus basse élévation au côté oriental de la cour proche le chemin et portail de ladite cour contenant d´orient à occident 9 pieds et demi et de midi vers nord [...] dans laquelle est compris moitié du portail commun aux deux propriétaires du dit lieu et joint vers occident au jardin de la demoiselle de Hautchamp Tascher, un jardin à l´occident dudit lieu».

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série E ; 4 E84 min Baudoin, 31 Janvier 1739, bail des Champs Rötis

    « par devant les notaires royaux à Rennes soussignés ce jour trente et un janvier mil sept cent trente neuf avant midy, furent présents noble maistre Jean François Jousselin sieur du Bois Réaux avocat en la cour et demoiselle Louise Catherine d´Outremer son épouse de luy elle le requérant duement autorisée, ensemble demeurant près la rue et paroisse Saint Georges de cette ville, lesquels pour le temps et terme de six ans entiers et consécutifs qui commenceront au jour Saint Michel prochain et finirant à pareil jour de l´an que l´on comptera mil sept cent quarnte cinq, ont loué et affermé à Pierre Guihart et françoise Robert son épouse, elle le requérant de luy duement autorisée, ensemble demeurant au lieu du Ceriseret paroisse de Saint Grégoire, présents et acceptants scavoir est le lieu et métayerie de Champs Rôtis scitué sur le chemin des Trois Croix paroisse de Saint Martin de cette ville en ce qu´il en appartient au sieur bailleur avec le jardin et terres qui en dépendent, ce que les dits preneurs ont dit bien connoitre et promettent en jouir en bons ménagers et pères de famille sans y rien deterriorer démolir ny mal mettre à peine de rétablir et de tous dépens, dommages et intérêts. Entretiendront et rendront lesdits preneurs les terres en bons état closes et hayées par ce qu´ils les recevront de même à l´entrée de leur ferme. Jouiront les preneurs des revenus des terres et d´une seule couppe des bois émondables pendant le cours du présent bail, sans en pouvoir abattre aucun ny par pied, tête ny coupelle, laisseront les paille foins et marnix qui auront crus la dernière année sur la dite métayerie parce qu´ils leurs seront remis de même à l´entrée de leur ferme, payeront lesdits preneurs les rentes à seigneur dues sur la dite métayrie consistant en dix neuf deniers monnoie par chacun an et les fouages et taille ordinaires et extraordinaires leur seront passés en diminution du prix ci après sur la représentation des quittances. Et les dits sieur et demoiselle bailleurs se sont expressément réservés leur retenue ordinaire consistant dans les chambres au premier étage, le quartier de jardin auprès de la tonnelle, et leurs planches d´asperges et outre un cerisier et un abricotier à leur choix, l´allée du haut du jardin avec les fruits des poiriers qui y sont plantés, également que de tous les arbres nains et des peschers en espalliers avec la vigne qui joint la maison des sieurs et demoiselle Canon, même les fruits du néflier et la liberté de prendre des figues à leur discrétion ; auront les preneurs le droit de faire au pressoir le cidre des fruits qui croisseront sur la ditte terre seulement. Et les dits bailleurs se feront payer par les autres personnes qui y feront du cidre parce qu´aussi les dits bailleurs entretiendront le dit pressoir en bon état ; s´obligent lesdits preneurs de porter et rapporter de rennes au dit lieu de Champs Rôtis ce que les dits sieurs et demoiselle bailleurs voudront y faire porter et en rapporter à Rennes et pour cet effet venir à leur maison à Rennes tous les dimanches scavoir ce qu´ils souhaiteront à ce sujet. ».

Références documentaires

Documents figurés
  • [1812]. Plan cadastral parcellaire de la commune de Rennes. Section J, dite de Coëtlogon, dessin, 1812 (A. D. Ille-et-Vilaine).

  • [1842]. Plan cadastral parcellaire de la commune de Rennes. Section G, dite de Quincé, 2e feuille, dessin, Jouchel du Ranquin, Roger, Viel, Ferré et Simon géomètres, 1842 (A. D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929.

    p. 215