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Ancien faubourg du Champ-Dolent, actuellement rue du Champ-Dolent (Rennes)

Dossier IA35024454 inclus dans Secteur urbain, dit ville basse (Rennes) réalisé en 2000

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Le faubourg du Champ-Dolent, dont seul subsiste aujourd´hui un tracé viaire fragmentaire et le niveau de sol du 19e siècle, est le quartier le plus infect de la ville, comme l´indiquent les rapports de police de 1810. Il sera l´une des cibles privilégiées de la politique d´assainissement et de rénovation de la ville basse. La construction d´un abattoir permettra de faire disparaître les activités artisanales qui avaient fondé son identité ; il deviendra alors un des quartiers les plus pauvres de la ville (doc. 5) qui disparaîtra lentement, dans la deuxième moitié du 19e siècle.

Sa morphologie linéaire n´est pas modifiée par la construction de l´enceinte, au milieu du 15e siècle ; sa mutation vers le statut urbain exige la rénovation du bâti, ici détruit, et ne permet de conserver qu´un tracé.

Destinations faubourg, rue
Parties constituantes non étudiées escalier indépendant
Dénominations faubourg
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Hydrographies Vilaine (la)
Adresse Commune : Rennes
Adresse : rue du Champ-Dolent

Cité dès 1265 (Paul Banéat), le faubourg du Champ-Dolent, dont la vue d´Argentré (1616) donne une première représentation (doc. 1), s´étend depuis le carrefour situé au sud de la rue de la Poissonnerie (actuelle rue d´Argentré), le long d´une route menant à Redon. Il tire son nom de l'activité artisanale des métiers de la boucherie, dont la confrérie est attestée en 1340, dans l´acte de fondation de l´hôpital Sainte-Anne. Les amidonniers s´y établiront également. Protégé par la troisième enceinte, dans la 2e moitié du 15e siècle, le faubourg est partiellement détruit pour permettre la construction des douves. Une porte secondaire est aménagée dans l´enceinte à son extrémité ouest mais les représentations de la fin du 16e siècle et du début du 17e siècle montrent que le pont enjambant les douves est parfois inutilisable. Le plan conçu par l´ingénieur Robelin en 1726, pour la reconstruction de la ville dévastée par un incendie en 1720, figure sa disparition partielle et la rectification de la partie occidentale mais le projet ne sera pas mis a exécution dans la ville basse. La construction d´un nouvel abattoir, au milieu du 19e siècle, marque la fin d´une des activités artisanales les plus anciennes de la ville. Les archives communales de la série O indiquent que des réparations sont faites, en 1810 et en 1834, à la conduite de la ville. Les acquisitions de terrain destinées à l'établissement d'une place, voté en 1846, à l'extrémité est de la rue, commencent en 1849, suivies de plusieurs expropriations à partir de 1855. De nouvelles expropriations ont lieu entre 1861 et 1863, pour l'ouverture des rues Poullain-Duparc et Jean-Denis-Lanjuinais. Un plan de 1888 figure le projet de déplacement de l'escalier rachetant le dénivelé entre la rue du Champ-Dolent et la rue Jean-Denis-Lanjuinais. En 1903, la municipalité vote le déclassement de la partie ouest de la rue et sa suppression ; la voie, désormais en impasse, prend sa disposition actuelle en 1907.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1849, daté par source
1903, daté par source

Rue au tracé courbe et irrégulier d´une largeur de 7 m et de 4,50 m dans sa partie la plus étroite. La voie est coupée en deux parties par une rue en surplomb (rue Jean-Denis-Lanjuinais) à laquelle elle est reliée par deux escaliers rachetant la différence de niveau. A l´est de la rue Jean-Denis-Lanjuinais, on peut observer une rupture d´alignement qui traduit un élargissement ; à l´ouest, la voie en impasse est reliée à une rue parallèle au sud (rue Poullain-Duparc) par un passage traversant les immeubles élevés sur cette seconde rue. Vestiges du parcellaire médiéval à l´est, au niveau de la partie la plus étroite de la rue.

Typologies type linéaire
États conservations vestiges

Données complémentaire architecture Rennes

HYPO mutation
PHYPO faubourg de type linéaire devenu rue
SCLE1 13e siècle
IAUT typicum
ICHR typicum
IESP typicum aire d'étude
ICONTX structurant
ITOPO site d'industrie
POS sans objet
SEL étudié
NATURE industriel
RESEAU réseau principal
MORPHO sans objet
IMPBA en rangée rectiligne continue
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Rapport du bureau de police. 23 mai 1810 (A. C. Rennes ; 1 O 337).

    « La rue du Champ-Dolent est le quartier le plus infect de la ville ; tous les bouchers y ont leurs tueries ; les amidonniers, dont les fabriques toutes reconnues pour être des foyers de putréfaction sont pour la plupart logées dans cette rue, ils contribuent puissamment à augmenter l´insalubrité de ce quartier en élevant avec les débris de leurs fabriques une grande quantité de cochons. Il existe dans cette rue un autre foyer d´infection, peut-être le plus dangereux parce qu´il peut répandre sur la ville entière des maladies épidémiques, c´est le canal d´écoulement situé derrière les maisons de la partie nord de la rue. Ce canal infect sert de décharge aux bouchers, aux tripiers et aux amidonniers, qui en sont riverains.

    L´entrée de l´aqueduc qui en conduit les eaux dans la rivière de Vilaine, en traversant la propriété de Monsieur Loisel, se trouvant infiniment trop élevé, il en résulte que toutes les fois que les eaux sont basses, le canal devient un cloaque infect sans aucun écoulement. [...]. ».

  • Lettre de l´architecte de la ville, Binet, en réponse au rapport du bureau de police. 25 mai 1810 (A. C . Rennes ; 1 O 337).

    « [le commissaire de police dénonce] que le quartier de la boucherie est le plus infect à cause des tueries des bouchers et les fabriques des amidonniers, il est toute nature que la putréfaction se communique dans les résidus de ces fabriques, lorsque les mêmes résidus restent en stagnation et ce n´est pas par la faute de la ville mais bien celle de ces particuliers qui n´ont rien fait pour entretenir la propreté.

    Avant la Révolution, la ville, pour faire cesser cette odeur infecte, avait fait faire à ses frais, un très grand conduit du nord, depuis la rivière de Vilaine, au sud. M. Morin, votre prédécesseur l´a fait continuer jusqu´aux propriétés des bouchers et des amidonniers, parce qu´il avait été arrêté que les bouchers, les amidonniers et tout autre habitant de ce quartier, auraient fait faire de petits conduits couverts en ce qui les concerne, comme autrefois, qui se fussent embranché et de fussent évacués dans le grand conduit que la ville a fait faire pour la propreté de ce quartier ; tous ces particuliers n´ont rien fait. Mon avis est que c´est aux propriétaires à faire ces constructions à leurs frais.

    A l´égard des cochons que les amidonniers engraissent auprès de leurs fabriques, je me rappelle qu´il y eut, il y a plusieurs années, une descente de médecins, et moi je fus nommé aussi par l´intendant pour visiter toutes ces fabriques et refuges à porcs, il fut arrêté que la chair de cochon engraissée dans ces refuges, n´était pas malfaisante, mais il fut arrêté qu´il fallait entretenir la propreté et surtout que les particuliers fassent des conduits bien couverts qui s´embranchent avec celui de la ville, pour empêcher les miasmes dangereux pour les habitants du quartier. ».

  • Pétition adressée au maire de Rennes, s. d. (A. C. Rennes ; 1 O 333).

    "Les habitants et maîtres bouchers de la rue de Champ-Dolent ont l'honneur de vous exposer qu'ils éprouvent pendant la mauvaise saison, une difficulté extrême à faire arriver chez eux les approvisionnements et à faire transporter à la halle leurs marchandises par le mauvais état des rues qui leur sert (sic) de communication avec la ville.

    La rue de Lille offre des rampes qui ne permettent pas aux voitures de passer, et la nouvelle rue ouverte du quai au Champ-Dolent, n'étant point macadamisée, est un précipice dangereux aussitôt qu'il est tombé de l'eau. Par suite de cet état déplorable, ils éprouvent un surcroit de dépenses pour approvisionner les halles et sont exposés à de graves accidents par l'obscurité de la nuit car c'est avant le jour, pendant l'hiver, qu'ils transportent leurs viandes au marché.".

  • Rapport de l´inspecteur de la voirie. 3 septembre 1903 (A. C. Rennes ; 1 O 337).

    «[...] divers commerçants et industriels habitant la rue du Champ-Dolent, section comprise entre l´escalier donnant accès à la rue Lanjuinais et la partie où se trouvent leurs terrains dont l´aliénation est projetée, demandent à être autorisés à occuper une partie de la voie publique, chacun au droit de soi, pour les besoins de leurs industries ou de leurs commerces.

    Nous avons les jours derniers, fait faire [...], une tournée générale de révision des étalages. Lors de la visite [...], il fut constaté que divers riverains se servaient de cette rue comme d´un chantier et cela sans acquitter aucune redevance. Pareille observation avait déjà été faite à diverses reprises.

    Nous avons invité les intéressés à cesser leur envahissement et c´est ce qui a motivé l´envoi de la pétition qui nous est transmise.

    La rue du Champ-Dolent est, en effet, une rue peu en vue, mais aussi très difficile à tenir propre. IL résulte de l´exécution des travaux sur la voirie publique, que le nettoyage en est encore rendu plus difficile. D´un autre côté, la largeur de cette voie est très faible et, s´il n´y passe pas de voitures, il y passe de nombreux piétons qui l´empruntent pour se rendre plus rapidement de la rue Lanjuinais à la rue Poullain-Duparc et vice versa.

    Nous estimons que l´occupation par des établis, des tréteaux, etc. d´une partie de la voie publique, constitue non seulement une gêne pour la circulation, mais encore un danger pour les passants.

    Nous citerons par exemple, M. Rouxel, au n°5, qui fait exécuter des travaux de menuiserie quelques fois importants.

    M. Coibeau, ferblantier, qui a même fixé un établi à sa devanture de boutique, etc.

    En principe, le travail sur la voie publique est interdit à moins d´une autorisation formelle quand il s´agit de travaux ayant un caractère provisoire ou d´une nécessité constatée mais ce n´est pas le cas puisqu´il s´agit d´un état de chose permanent et que rien ne nécessite, si ce n´est la convenance personnelle des intéressés.

    Dans ces conditions, en ayant remarqué que l´envahissement des riverains de la rue du Champ-Dolent augmentait de plus en plus, nous avons prié M. Quintin, d´inviter les riverains de la rue du Champ-Dolent à se conformer à la règle commune. ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 333. Voirie urbaine. Canton sud-ouest. Rue d'Argentré (1810-1866) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 337. Voirie urbaine. Canton sud-ouest. Rue du Champ-Dolent (1810-1938) .

Documents figurés
  • [1616]. Rennes, ville capitale de Bretagne et siège du Parlement 1616, fac-similé du plan de l'Histoire de Bretagne de Bertrand d'Argentré, 3 éd., 1618 (A. C. Rennes ; 1 FI 42).

  • [1849]. Projet pour l'ouverture de trois rues nouvelles dans la partie sud de la ville, dessin, 1849 (A. C. Rennes).

  • [1861]. Plan de la partie sud de la ville de Rennes pour servir à l´instruction du classement du chemin en projet entre la gare et le faubourg de Redon, dessin, par Valentin Danays architecte voyer, 15 septembre 1861 (A. C. Rennes : 1 O 214).

  • [1888]. Projet de déplacement de l'escalier, dessin, 2 août 1888 (A. C. Rennes 1 O 337).

  • [1726]. Plan de Rennes, levé par Forestier, gravé par Robinet, 1726 (B. M. Rennes).

Bibliographie
  • LEGUAY, Jean-Pierre. La ville de Rennes au 15e siècle à travers les comptes des Miseurs. Paris : Klincksieck, 1968.

    p. 233-234
  • BANEAT, Paul. Le Vieux Rennes. Rennes : Plihon et Hommay, [1911].

    p. 91