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Abbaye Notre-Dame de Boquen (Plénée-Jugon)

Dossier IA22000157 réalisé en 1998

Fiche

La Bretagne médiévale comptait quinze abbayes cisterciennes, fondées aux 12 et 13e siècles. L´abbaye de Bégard, fondée probablement au cours de l´année 1130 essaima ensuite à travers la région, fondant l´abbaye du Relec en 1132 puis celles de Boquen et Saint-Aubin des Bois en 1137, seuls établissements cisterciens de l´ancien diocèse de Saint-Brieuc. Enfin, en 1138 fut fondée Lanvaux puis Coetmalouen en 1142, portant le nombre d´abbayes filles de Bégard à cinq.

Or, les abbayes médiévales de Bégard, Saint-Aubin-des-Bois, Lanvaux et Coemalouen sont aujourd´hui détruites.

On conserve donc les églises des abbayes du Relec et de Boquen qui possèdent également des vestiges des bâtiments monastiques situés à l´Est du cloître. Les deux églises ont un même plan formé d´une nef bordée de collatéraux, d´un transept dont chaque bras ouvre à l´Est sur deux chapelles de plan carré et d´un choeur terminé par un chevet plat. De plus, ces deux édifices ont une autre particularité en commun : la première travée de nef ne communique pas comme les suivantes avec les bas-côtés, elle est murée. Cet élément correspond à l´aménagement d´un espace à l´Ouest, réservé aux frères convers dont les stalles s‘appuyaient probablement sur ces murs.

L´ancienne église abbatiale de Boquen, bien que remaniée aux 15 et 16e siècles puis au 20e siècle, conserve son plan et la grande majorité des dispositions d´origine. Il s´agit d´un édifice très dépouillé correspondant à l´idéal cistercien. La sculpture s´inscrit également dans ces choix, avec un répertoire végétal épuré.

L'abbaye conserve aussi l´ancienne sacristie et la façade de la salle capitulaire.

Les caractères architecturaux de ces constructions mais aussi la sculpture conservée, font pencher pour une datation de la fin du 12e siècle.

Ce monastère est un témoin privilégié de l'architecture cistercienne bretonne. Des fouilles archéologiques dans l'ancien cloître et dans la salle du chapitre permettraient de compléter nos connaissances.

Genre de cisterciens, de petites soeurs de l'Assomption
Vocables Notre-Dame puis Notre-Dame de la Croix vivifiante
Parties constituantes non étudiées église, bibliothèque, salle capitulaire, sacristie
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Bretagne - Jugon-les-Lacs
Hydrographies Arguenon
Adresse Commune : Plénée-Jugon

Abbaye de cisterciens du 12e siècle à 1791 puis de 1936 à 1973. Boquen est devenu couvent des petites soeurs de Bethléem à partir de 1976. L´abbaye Notre-Dame de Boquen (Boquen signifiant bois blanc) abritait une communauté de moines cisterciens. L´abbaye est implantée dans les landes du Mené, au Sud de la commune de Plénée-Jugon, dans une région boisée et marécageuse. Le monastère, situé dans l´enceinte d´un ancien camp romain, est établi dans un vallon où court l´Arguenon. L´abbaye est bordée de massifs forestiers au Sud et limitée au Nord par deux séries de hauteurs de 150 à 180 mètres. Elle est située à mi-chemin entre les villes de Rennes et Saint-Brieuc et la voie romaine dite chemin de l´Etrat passe tout près, dans la forêt. Boquen a été fondée par Olivier II, comte de Dinan et sa femme, Agnovie ou Agnorée, comtesse de Penthièvre, le 15 octobre 1137. Elle est peuplée à ses débuts par douze moines venus de l´abbaye cistercienne de Bégard. Comme pour de nombreuses abbayes, les 12 et 13e siècles marquent une période de prospérité pour le monastère de Boquen. Les seigneurs locaux multiplient les dons nécessaires au bon fonctionnement de la vie au sein de l´abbaye, ainsi en 1148 le seigneur de Dinan fournit le moulin, le seigneur de Lamballe fait quant à lui donation de la pêcherie du Gouessan. Les dons se sont multipliés et ont perduré jusqu´à la fin du 13e siècle, qui semble être celui de l´apogée de la prospérité du monastère de Boquen. Les possessions territoriales de Notre-Dame de Boquen n´ont cessé d´augmenter jusqu´à cette date. Après cette période, Boquen entame sa décadence. Attirant la jalousie, les moines sont victimes d´attaques et pillages, notamment de la part d´un seigneur voisin, le seigneur de la Moussaye. De plus, les moines délaissent encore davantage tout travail manuel qu´ils abandonnent aux convers. En 1450, Gilles de Bretagne, assassiné par son frère le duc François Ier au château de la Hardouinaye, est inhumé au pied du maître autel de l´abbatiale. A cette période les moines choisissent de modifier l´aspect du choeur roman et adoptent un chevet gothique, beaucoup plus long. Au 16e siècle, Boquen passe sous le régime de la Commende. Les abbés commendataires tentent alors de réduire les dépenses liées à l´entretien, tant des bâtiments que des moines. Ils font couper les arbres de la forêt, freinent le recrutement des moines et laissent les bâtiments se détériorer, allant même jusqu´à faire démolir les bas-côtés de la nef de l´église pour éviter des frais de réparation. A la fin du 16e siècle, les troubles de la Ligue entraînent la dispersion des moines et causent le pillage, une nouvelle fois, de l´abbaye. En 1663, l´abbé commendataire du nom de Urbain d´Epinay, tente d´introduire l´Etroite Observance au sein du monastère, mais la réforme n´a pas le succès escompté. En 1665, le roi s´approprie la forêt de Boquen et en 1682 seuls trois moines et un frère convers demeurent encore au monastère. En 1791, les bâtiments et le domaine, qui s´étendait sur près de 33 hectares, sont vendus comme biens nationaux à Louis Touzé de Broons, mais pour le compte de l´ancien prieur, Louis Josse. Celui-ci décède quelques temps après laissant son héritage à sa mère, qui le vend à un habitant de Jugon. L´abbaye connaît ensuite de multiples propriétaires. Durant ces longues années, le monastère sert de carrière de pierres de tailles. En 1935, Dom Alexis Presse, né en 1883 à Plouguenast, devenu abbé de Tamié en Savoie, demande à sa famille d´acquérir les ruines de Boquen. Il souhaite pouvoir y établir une communauté cistercienne capable de revenir aux origines de l´ordre et au véritable respect de la règle. Cependant, le rachat de ruines le fait exclure de l´ordre. Contraint de quitter son rôle d´abbé, il quitte l´abbaye de Tamié et parvient à Boquen le 16 octobre 1936. Les ruines de l´église et les vestiges de la salle capitulaire sont classés Monuments Historiques par arrêté du 28 octobre 1938. Les bâtiments conventuels, situés à l´Ouest et au Nord du cloître, sont édifiés de 1937 à 1947. Installé sur l´emplacement de l´ancien, le nouveau réfectoire sert d´abord de chapelle. La bibliothèque, le scriptorium, la cuisine et le réfectoire sont aménagés. Une source ancienne est canalisée pour approvisionner de nouveau le monastère en eau potable. En 1952 les ateliers étaient construits. La restauration de l´église débute en 1953 et sa consécration a lieu le 22 août 1965. Le père Alexis décède le 31 octobre de la même année. Peu avant sa mort, un moine de Boquen, Bernard Besret, est nommé prieur. En 1973 la communauté est dissoute. C´est en 1976, à la demande des anciens moines, de l´évêque de Saint-Brieuc et d´habitants, que l´on fait appel aux Petites Soeurs de Bethléem pour s´installer en ce lieu et lui permettre de revivre. Le monastère est désormais placé sous le vocable de Notre-Dame de la Croix Vivifiante.

Période(s) Principale : limite 12e siècle 13e siècle
Secondaire : 15e siècle
Secondaire : 20e siècle
Auteur(s) Personnalité : Olivier II, dit(e) Comte de Dinan, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Agnorée, dit(e) Comtesse de Penthièvre,
Agnorée , dit(e) Comtesse de Penthièvre
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commanditaire, attribution par source

L´église, située au point haut du site selon la règle cistercienne, bordait le cloître sur sa face Sud. Les bâtiments conventuels s´organisaient donc au Nord de l'église, autour du cloître. Dans son état actuel, l´abbaye présente d´assez nombreux vestiges d´époque médiévale. L´église, bien que fortement restaurée dès 1953, conserve de nombreuses parties datées de la fin du 12e siècle, ainsi que son chevet du 15e siècle. L´aile Est de l´ancien cloître est bordée de l´armarium, de la sacristie et de la salle capitulaire datée de la fin 12e siècle.

Murs granite
moellon
moyen appareil
Toit ardoise
Couvertures toit à longs pans
pignon couvert
noue
États conservations remanié
Techniques sculpture
Représentations ornement végétal
Statut de la propriété propriété privée
Protections classé MH partiellement, 1938/10/28
Précisions sur la protection

Eglise ; salle capitulaire : classement par arrêté du 28 octobre 1938. Inscription par arrêté du 27/12/1926 annulée.

Annexes

Références documentaires

Documents d'archives
  • RONSERAY, Rapport de l´architecte en chef du 15 mars 1981, programme des travaux projetés, Archives Médiathèque du patrimoine, 0081/022/037.

Bibliographie
  • L´abbaye de Boquen, huit fois centenaire, Rennes, Imp. De l´Ouest éclair, 1937, 40 p.

  • BESRET B., Boquen, hier, aujourd´hui, demain, Paris, l´Epi, 1969.

  • DECENEUX M., La Bretagne romane, Rennes, Ouest-France, 1998, (coll. Références).

    p. 108.
  • FOUCHER S., Inventaire et analyse de l´architecture médiévale des abbayes cisterciennes de Bretagne, Maîtrise d´histoire de l´art sous la dir. de Barral X., Université de Rennes II, 1997, 3 vol., T. I.

    p. 51.
  • GRAND R., L´art roman en Bretagne, Paris, Picard, 1958.

    p. 371-373.
  • LE MARTRET Jean, L´abbaye de Boquen (depuis sa fondation jusqu´à 1280) , DES d´histoire, sous la dir. de Mr Devailly, Rennes 2, 1966, 53 p.

  • SUREL F., Plénée-Jugon Abbaye cistercienne de Boquen, in : Dictionnaire des églises de France, T. IV, Tours, Laffont, 1968.

Périodiques
  • AUBERT M., L´abbaye de Boquen, in : Congrès archéologique de France, Saint-Brieuc, 1949, Paris, société française d´archéologie, 1950.

    p. 56-62.
  • BEUCHET L., Plénée-Jugon, abbaye de Boquen, in : Archéologie médiévale, n° 23, 1993, Paris, CNRS, 1993.

    p. 389-390.
  • LE BOURHIS-KERBIZIET F., Les grandes pages de l´histoire de Boquen, in : BMAB, 1951.

    p. 51-75.